
En couverture : le sceau du seigneur de Brabant (+ 1302)
[ajouts, compléments et images de C.Mettavant 2005-2010]
Remerciements chaleureux à ma collaboratrice Madame Gérard TARDIVO qui m'a aidé tout au long de l'élaboration de cette monographie.
Ce mémoire de Rochecorbon est sans prétention. Il est le fruit de nombreuses années de recherches qui aboutissent à cet opuscule qui pourrait être encore largement complété. Avant d'entamer ce travail, je ne pensais pas qu'il me mènerait si loin et si longtemps, tant l'histoire de ce village est riche.
J'adresse tous mes remerciements aux Secrétaires de Mairies qui facilitèrent les recherches aux archives communales. Je remercie Mmes AUBERT, BERRURIER-BOILEAU-ENDANGE Michèle, CLEMENCEAU, ainsi que Mrs CLOUPEAU Roger, BOUSSIQUET, JOLIVET Georges, JUDE Jean, MAUGARD Raymond, RICHARD Philippe, TARDIVO Gérard, THELOT, SAUVAGE Robert, qui aidèrent à des titres divers pour l'élaboration de cette monographie, et, tout particulièrement, Mlle Dolorès HERAULT, Mr Jean-Claude NAUDIN qui participa aux recherches et fut d'une grande aide pour le tableau généalogique, et Mr TARDIVO Richard qui illustra cet opuscule.
SOMMAIRE1
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Chapitre I |
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PRESENTATION DU VILLAGE DE ROCHECORBON |
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A- |
Quelques données physiques |
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B - |
Naissance et évolution morphologique de ROCHECORBON |
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. Civilisations anciennes |
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.. Les Gaulois |
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.. Les Romains |
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. Évolution et habitat à ROCHECORBON |
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. Quelques maisons à ROCHECORBON |
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Chapitre II |
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LES SEIGNEURIES |
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I - |
Les Seigneuries |
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A - Le Château de ROCHECORBON |
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B - La Châtellenie du Crochet |
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II - |
Organisation des Seigneuries |
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Chapitre III |
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FORTE EMPRISE DE L'ÉGLISE |
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A - |
L'église et les chapelles de ROCHECORBON |
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B - |
Propriétés dépendant de l'église |
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Chapitre IV |
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St-GEORGES-sur-LOIRE |
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1 - |
Le Château |
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2 - |
Propriétés dépendant de la Salle Saint-Georges |
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3 - |
L'église de Saint-Georges |
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4 - |
La vie à Saint-Georges |
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Chapitre V |
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ROCHECORBON SURTOUT UN PAYS DE PAYSANS ET DE VITICULTEURS ATTACHES A LEUR TERRE |
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I - |
Les paysans |
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II - |
La misère des paysans |
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III - |
Les Artisans |
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Chapitre VI |
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VIE DU BOURG |
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I - |
Organisation municipale |
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II - |
La vie à ROCHECORBON |
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III - |
Les guerres |
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IV - |
Les personnalités de ROCHECORBON |
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V - |
Village partagé en deux ? Pourquoi (hypothèse) |
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Glossaire |
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Bibliographie |
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A six kilomètres de Tours, le village de Rochecorbon limité par les communes de Sainte-Radegonde à l'ouest, Parçay-Meslay au nord, Vouvray à l'est, et par la Loire au sud, se présente sous une forme ressemblant grossièrement à un T dont la barre se trouve au sud, longeant la Loire.
L
e
village est situé à la confluence des vallées de
la Loire et du Ruisseau de Rochecorbon surnommé la Bédoire.
Cette vallée de Rochecorbon est la première vallée
large et plate de la rive droite de la Loire à l'est de Tours.
C'est ce fleuve qui, en devenant très tôt une voie de
passage joua le plus grand rôle pour la localisation du
village. Le ruisseau est perpendiculaire à la Loire, ce qui
permet une meilleure pénétration sur les plateaux
calcaires. La surface du plateau plus ou moins plate, à une
altitude d'environ 100 mètres, est disséquée par
de nombreuses vallées sèches qui abritent de nombreuses
propriétés.
- Le climat : on peut noter à Rochecorbon un climat particulièrement doux pour la latitude. C'est un climat fortement influencé par la proximité de l'Océan Atlantique. En hiver, la vallée de la Loire jouit de par sa direction est-ouest, d'un microclimat subméditerranéen. Par contre, le plateau et la vallée de Rochecorbon sont moins favorisés : des vents froids et secs venus du nord engendrent des froids plus violents et des gelées plus fréquentes que dans le Val de Loire. En été, toute la région du Val de Loire est envahie par une chaleur humide, ce qui entraîne des orages violents et relativement fréquents. Ce climat assez favorable à la vie humaine, permet d'expliquer de nombreux phénomènes et cultures en Touraine, en particulier la culture de la vigne, plante délicate et méditerranéenne par excellence.
- Le ruisseau de Rochecorbon : prend sa source à la Sainsonnière à Monnaie, et après avoir traversé Rochecorbon du nord au sud dans sa partie la plus longue, se jette dans la Loire près de Montguerre. Il est alimenté tout au long de son cours par cinq sources.
- la Petite Moussardière
- Les Poitevins
- les Cartes
- Touvoie
- la Tour
Il était attribué à ces fontaines des propriétés thérapeutiques contre les rhumatismes. Pendant plusieurs années, sous la Restauration, les eaux de Touvoie furent vendues à 1,50 F le litre par un pharmacien du faubourg Saint-Germain à Paris. Les rédacteurs d'un journal en rendent compte des vertus de l'eau de Touvoie ont même écrit :

« Quelques renseignements portent à croire que cette source est l'ancienne et célèbre Fontaine de Jouvence ».
(En fait, la Fontaine de Jouvence se trouverait sur la commune de Semblançay).
En 1827, Monsieur Margueron analysa les eaux de Touvoie et les trouva d'une pureté remarquable, légère et ne renfermant aucune substance métallique.
Chaque litre contient : 0°053 de Carbonate de Chaux
0°053 Alumine, Silice, Magnésie
Matières organiques : quelques atomes
Air atmosphérique : très grande quantité.
- la Loire : marqua toute l'histoire de la Touraine. N'est-elle pas, en effet, le centre de ce « Jardin de la France » loué par de nombreux poètes ?
Elle servait, comme la plupart des fleuves, de voie de communication. César l'emprunta à maintes reprises.
Elle joua par la suite un grand rôle dans le transport du vin et dans le développement économique de la Touraine.
Sous César, la Loire était déjà le grand fleuve que nous connaissons : irrégulier et impétueux. Souvent, lors des crues, elle changeait de lit, mettant en danger habitations et cultures et posant de graves problèmes pour la circulation fluviale.
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Gravure de 1794, La Roche Corbon près Tours. Extraite des « Voyages dans les départements de la France" |
C'est en 821 que Hugues premier et Robert premier, suivant la résolution de Charlemagne et de son fils Louis le Débonnaire, portèrent leurs soins dans la construction de levées ou turcies, afin de contrôler les eaux du fleuve. Les premières levées furent destinées à l'agriculture permanente : les seigneurs installèrent des paysans nommés « Hôtes", qui devaient en plus des travaux des champs entretenir les digues.
Sous le règne de Saint-Louis (1226-1270), apparurent les premières corporations ligériennes pour défendre les droits des mariniers et des marchands, ceux-ci devenant de plus en plus nombreux.
De plus grandes levées furent construites en Anjou au XIIème siècle et l'uniformisation d'Orléans à l'Anjou se fit sous le règne de Louis XIV, par Colbert. De grandes restaurations se firent également sous Napoléon III et la IIIème République.
Ces digues favorisaient la navigation, l'expansion du commerce. Mais, en contre coup, les digues rendirent les crues de plus en plus nombreuses et surtout de plus en plus dangereuses, car le lit du fleuve ainsi resserré ne pouvait plus contenir une très grande quantité d'eau. De plus, la Loire rehausse son lit entre les digues. Elle transporte en effet de grandes quantités de sable et de limons qui se déposent au fond du lit au lieu de se disperser dans toute la vallée comme auparavant. Colbert fut obligé de porter la hauteur des digues à 5,50 mètres au-dessus de l'étiage et, au XVIIIème siècle, on les porta à 7 mètres.
Ces travaux n'empêchèrent pas les cinq grandes inondations dues aux crues, au XIXème siècle (la crue centenaire !...) On retrouve les inscriptions des dates de ces inondations sur les piles du Pont Wilson, à Tours, sur les murs de l'Église de Vernou…
Lors des inondations de 1856, Napoléon III vint à Château-Renault et visita les quartiers inondés de Tours. Il fit refaire les ports qui avaient été détruits.
D'autres travaux furent exécutés pour régulariser le cours de ce fleuve. Au XVIIIème siècle, Monsieur de Choiseul fit construire des digues au milieu du fleuve. Ces digues avaient pour effet de concentrer en été toute l'eau dans un seul chenal pour permettre la navigation à n'importe quelle époque de l'année. Ceci explique les grands bras morts que l'on voit l'été tout au long de la Loire. Nous pouvons voir le pavage de ces digues sur les bords de certaines îles, face à Rochecorbon.
À partir de 1830, création d'épis en tuffeau pour maintenir la régularité du cours du fleuve sur la rive gauche. - (Beaux exemples aux Patys, et présence certaine à Vauvert).
C
es
travaux se révélant inefficaces, et surtout
mécontentant les riverains de droite, furent abandonnés
dès 1850.
En 1974, le problème reste entier. Le VIème Plan a prévu de régulariser sur toute l'année le débit de l'eau de la Loire.
Seule réalisation en Loire moyenne, le barrage de Blois forme un petit réservoir qui, en cas de crue, se révélerait également inefficace.
La traversée d'un fleuve aussi large posait de nombreux problèmes. Jusqu'en 1031, il n'existait à Tours qu'un seul pont de bois, qui était emporté chaque année par les crues.
A cette date, il fut remplacé par un pont en pierre. Il se trouvait à l'emplacement de l'actuel pont de fil de Saint-Symphorien (on en voit encore les soubassements lorsque la Loire est basse).
Ce pont partait du château de Tours, dont il ne reste que la Tour de Guise et quelques remparts, centre au Moyen-Âge de la ville de Tours, et aboutissait à Saint-Symphorien.
Il était composé de 27 arches d'inégales longueurs, et était coupé en deux irrégulièrement par l'Île Aucar, située au milieu de la Loire.
C'est sur ce pont que passa Jeanne d'Arc avant d'aller rejoindre le roi Charles VII.
Du fait du manque de ponts, la corporation des passeurs était très florissante.
Le Pont de Pierre actuel, ou Pont Wilson, fut construit en 1765, en même temps que furent percées la rue Nationale, qui s'appelait alors la rue Traversière, et la Tranchée, qui permit de relier Chartres à Tours.
Ce pont fut le premier pont horizontal construit en France.
Les travaux furent exécutés par des soldats venus tout exprès : c'est le début de Tours, ville de garnisons. On croirait ce pont indestructible, et pourtant une partie des arches fut emportée par la débâcle de 1789, lors des grandes crues d'hiver.
Rochecorbon, de par sa position privilégiée, à la confluence d'un petit ruisseau et de la Loire, était un lieu de prédilection pour les hommes. Cette terre fut de longue date colonisée par les hommes. Dans son étude sur Rochecorbon, l'Abbé Savoie, ancien curé de Rochecorbon, parle d' « hommes préhistoriques » s'installant dans les grottes et les caves le long de la vallée des Gaves ? Rien n'est moins sûr, car il n'apporte aucune preuve. Cependant, nous pouvons affirmer que des peuples se sont installés sur ces terres2 ; on retrouve par place des silex taillés de diverses époques. Ateliers de taille ? c'est certain par le nombre d'éclats trouvés. Habitat ? rien n'est sûr tant que les preuves ne seront pas découvertes.3
Les Gaulois s'installèrent en Touraine environ deux mille ans avant Jésus-Christ. Les Gaulois étaient cultivateurs, pêcheurs, buvaient de la bière et de l'hydromel, et cultivaient la vigne.
Ce furent eux qui inventèrent les tonneaux cerclés de fer, mais ceux-ci ne remplacèrent pas les tonneaux cerclés de branches de châtaigniers, qui furent utilisés pendant de nombreux siècles.
Ils vivaient dans des villages près des forêts, élevés sur des hauteurs et entourés de remparts. Ces camps, les Romains les appelèrent « oppidum ». Il en existait un à Amboise. Celui de Rochecorbon fut découvert en 1871, au lieu-dit Château Chevrier. En 1969, lors de la construction d'une maison aux Buttes des Folies, il a été retrouvé des restes de fortifications dont la construction est typiquement gauloise, et qui confirment la découverte de 1871. Les pierres empilées le sont sans ciment alors que les constructions romaines étaient cimentées. Ces pierres formaient deux murs parallèles, protégés par un monticule de terre rapportée côté nord. On sait que ces remparts étaient constitués par une butte faite de pierres et de troncs d'arbres derrière laquelle se trouvait un large fossé. Nous retrouvons ceci par la topographie du terrain, des traces noirâtres prouvent la présence de branches d'arbres en décomposition (ce qui pourrait faire croire à des traces de foyers alors que la décomposition du bois « tannin » en présence d'argile prend cette teinte noirâtre). Il a été trouvé également des poteries, des restes de lames, la date approximative de ces objets n'a pas encore été déterminée. L'emplacement de cet oppidum était un endroit idéal pour une parfaite défense. (Toutes ces découvertes ont été signalées à Monsieur Chapuis, conservateur du Musée de Tours. Cet oppidum a été bien étudié par Monsieur Maugard).

Nous ne savons ni à quelle époque ce camp fut construit, ni à quelle époque il fut abandonné.

Extrait de Revue archéologique du Centre de la France, XII 1973. Par Raymond Maugard
Les gaulois creusèrent souvent le roc sous leurs camps pour y abriter leurs provisions. D'après la légende, César profita de ces cavités pour les agrandir et constituer ainsi de grandes réserves : « Les greniers à blé de César à Amboise". Les romains s'emparèrent souvent des oppidums afin d'y installer leur propre défense et, quelquefois, simplement pour anéantir la force gauloise. Même si les romains n'utilisèrent pas le camp de Rochecorbon, nous avons tout lieu de penser qu'il fut déserté à cette époque. Les Turons (gaulois de Touraine) se rebellèrent contre les colonisateurs. Ces gaulois, nommés Bagaudes, détruisirent Caesarodunum (Tours) et Amboise à la fin du IIIème siècle.
Les romains réorganisèrent les réseaux de communication, ils modifièrent les chemins gaulois pour en faire des voies romaines. Une de ces voies partait d'Angers, (siège de la bourse des vins de Loire), arrivait à Tours par La Riche, suivait la rue actuelle de Georges Courteline, la Grande Rue (actuellement rue du Commerce et rue Colbert), traversait la Loire sur radeaux ou sur pont de bateaux au niveau du château de Tours, (les radeaux étaient légèrement déportés par le courant et devaient aborder la rive droite à la hauteur de la rue Groison), puis suivait la rue Losserand, longeait l'église de Saint-Symphorien, l'église de Sainte-Radegonde, coupait en deux l'abbaye de Marmoutier (qui n'existait pas à cette époque), puis passait le long du rocher à Beauregard, à Saint-Georges (devant la chapelle Saint-Germain), derrière l'actuel Musée d'Espelosin, rue des Basses Rivières, rue du Moulin, rue Saint-Roch, les Pentes, Vouvray, Vernou, Nazelles... où César avait installé des ateliers pour la construction de ses navires.
Il y avait au niveau de l'actuelle rue des Clouets à Rochecorbon un embranchement pour rejoindre Villeseptier, Monnaie, Château-Renault, Vendôme et Chartres.
Pour le sud, une autre voie empruntait la rive gauche de la Loire et descendait par Bourges. Ces voies ont presque toutes été réutilisées et sont à la base du réseau routier actuel.
Nous ne retrouvons aucune trace de Rochecorbon jusqu'au IXème siècle. Saint-Martin s'installa au IVème siècle dans la région et fonda une abbaye qui sera une des plus prospères du royaume de France : l'Abbaye de Marmoutier. Dès le Vème siècle l'Église de Tours et l'Abbaye de Marmoutier doivent déjà occuper certaines terres de Rochecorbon. Au IXème siècle, des chartes indiquant l'emplacement ou le nom de certaines propriétés prouvent l'occupation de Rochecorbon par les ecclésiastiques.
- Mosny (ou Mauny, ou Maulny) : dénommé au IXème siècle Multinus seu Canariae dans la charte de Saint-Martin, Manerium de Malonido dans la Charte de Marmoutier de 1321, faisait partie de l'ancienne paroisse de Saint-Georges. En 1250 ce fief appartenait à Pierre Lhuissier, qui le vendit en 1260 à Pierre Massequin. Ce dernier le vendit en 1309 à Èmery Sanglier, chanoine de Bayeux, qui par son testament daté de 1316 voulait qu'il soit vendu et que son prix serve à la conquête de la Terre Sainte. Ce testament ne fut pas exécuté. Mauny échut par héritage à Jean Patrix qui le donna à l'Abbaye de Marmoutier au mois d'avril 1319. Antérieurement au XIVème siècle, les religieux de ce monastère devaient au seigneur de Mauny, aux termes de l'Assomption, de la Saint-Martin d'hiver, de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, deux pains de deux livres chacun, l'un échaudé et l'autre non, et trois chopines de vin, le tout payable devant la croix de Saint-Germain, près de la chapelle de Saint-Germain sur la paroisse de Saint-Georges, entre les heures de tierce et de sexte. Le jour de la Chandeleur ils devaient au même seigneur quatre livres de cire nouvelle.
- Monteau, au IXème siècle Villa de Monticellis, ancienne propriété du Chapitre de Tours, qui fut confirmé dans cette possession par Charles le Gros en 886.
- Vaudanière, citée au IXème siècle.
Malgré cette emprise par l'Église, ce n'est qu'au IXème siècle que l'on trouva le premier nom de Rochecorbon.
VODANUM : vadum se traduit par un gué ou une vallée (celle du ruisseau de Rochecorbon ?).
Le nom du village évolue au cours des siècles et il s'appelle successivement :
RUPA, TERRA DE RUPIBES, au IXème siècle, qu'on peut traduire par : les terres aux parois rocheuses ;
PAGUS VODANIS, au XIIème siècle ;
aux XIIème et XIIIème siècles
ROCHE HARDOUIN
CASTRUM DE RUPIBUS : château des Roches
PAROCHIA DE RUPIBUS : paroisse des Roches.
RUPES CARBONIS : la paroi du Charbonnier. Sans doute y avait-il des charbonniers qui faisaient du charbon de bois. La région des plateaux était alors en partie recouverte de forêts
VODANUM, MAJORIA PARROCHIA DE VODANO en 1225 ;
PARROCHIA DE RUPIBUS CARBONIS : paroisse de la Roche des Charbonniers. En 1290.
Aux XVème et XVIème siècles
NOTRE DAME DE VOSNES, VOSNES LE CROCHET
ROCHECORBON, au XVIème siècle : on retrouve également « la Roche » et « Corbon » (charbon ou charbonnier).
Tous ces noms sont donnés par les chartes de Marmoutier et par les cartulaires de l'Évêché de Tours.
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Carte générale de Touraine - 1665 |
Carte de Touraine – Tassin - 1634 |
Le nom de Roche-Corbon apparaît pour la première fois dans une charte de l'année 1209 dans laquelle Robert de Brenne se qualifie « Seigneur de Roche-Corbon ». Il semble donc que ce nom n'ait été utilisé qu'à partir du XIIème siècle.
Au IXème siècle, le seigneur de Rochecorbon vivait à la Vaudanière, puis il s'installa au Xème siècle7 au château construit sur le bord du coteau en bonne position pour surveiller la vallée de la Loire, et la vallée du ruisseau de Rochecorbon. Ce fut alors le début de la juxtaposition des deux seigneuries : celle de l'Église et celle du château de Rochecorbon.
La population s'installa autour du château et autour de l'église où elle se sentait en sécurité.
Les paysans habitent soit des maisons « en dur », soit des maisons troglodytes.8
Nous trouvons les constructions du XIème et XIIème siècles :
le long de la vallée du ruisseau de Rochecorbon, mais à mi-pente du coteau, sans doute afin d'éviter les risques d'inondations qui étaient très fréquentes, - plus que de nos jours, car la Loire n'était pas endiguée.
dans les vallées sèches de Vaufouinard, Vauvert, Saint-Georges.
dans les lieux protégés et habités depuis longtemps. (la Vaudanière).

Seuls les moulins
(Touvoie et Gravotte) et l'Église furent construits a
ux
XIème et XIIème siècles
dans le lit du ruisseau. (fig.2)
Au Haut Moyen-Âge, l'extension se fait sur tout le territoire de Rochecorbon, et surtout en hameaux : ce sont sans doute des « essarts », c'est-à-dire des constructions dues aux défrichements (les Souchots, la Mullardière, Bel-Air, les Patys, Vauvert…). On a également quelques rares maisons isolées sur le plateau (la Vinetterie, la Bouchardière).
Les populations de la Renaissance et des siècles suivants gardèrent les mêmes sites. Les bâtiments sont toujours perchés à mi-pente, le long du coteau (les Pitoisières, le château de Fontenailles,...).
Dès le XVIIIème siècle s'amorce un nouveau développement qui s'effectue alors le long de la vallée de la Loire. Ce sont les maisons bourgeoises, ou de petits châteaux - les Basses Rivières, Montguerre- qui servent de maisons de campagne ou de maison principale pour les bourgeois de la ville de Tours. Ces maisons de campagne sont presque toutes sur l'emplacement d'anciennes fermes - l'Olivier, les Basses Rivières -.
Le développement dans les vallées de la Loire et du ruisseau de Rochecorbon (la Teisserie, la Tour…) est moderne ou quasi contemporain (fin du XVIIIème siècle, courant du XIXème, et début du XXème siècle).
Actuellement, les constructions, dont l'architecture est souvent assez discutable, se font anarchiquement, détruisant tout l'environnement : bois, vignes.
Malgré l'éparpillement de la construction dans le temps, malgré la dispersion de l'habitat dans l'espace, il est une constante, du moins jusqu'au XIXème siècle : les matériaux utilisés. La majeure partie des maisons est construite en tuffeau de Touraine, c'est-à-dire avec le calcaire que l'on trouve dans la région. C'est ce calcaire friable9, blanc ou jaunâtre, qui forme la plus grande partie du sous-sol de Rochecorbon, que l'on dit « tout creux ». Les caves sont, pour la plupart, d'anciennes carrières d'où l'on extrayait les blocs pour la construction.
Rochecorbon formait une
paroisse avant la Révolution. Ces paroisses existent depuis le
IVème siècle. Elles étaient des
cellules religieuses autour desquelles s'organisait la vie des
paysans. Elles étaient une juxtaposition de hameaux, de
villages (dans le sens du Moyen-Âge), et de fermes isolées.
Le bourg, à pr
oprement
parlé, c'est-à-dire le lieu où étaient
situées les maisons bourgeoises, n'apparut que plus
tardivement.
Ils étaient la « réunion de quelques maisons écartées du lieu où se situait la paroisse ». Quatre de ces hameaux furent dénombrés à ROCHECORBON, dont :
- Les Souchots : la plupart des maisons sont détruites. Il n'en reste que deux corps de bâtiments occupés par une ferme. Ce hameau comprenait 12 habitants en 1883.
- Montguerre : (Grand et Petit), Le Petit Montguerre a été détruit en 1944 lors des bombardements. La grille du Petit Montguerre (2, rue des Clouets) est une ancienne grille du parc du château de Chanteloup, - 26 habitants en 1883.
- Les Cartes : le lieu se trouve désigné dans les titres de 1728 et 1740 sous le nom des Grands et Petits Quarts ou les Cartes ou le Clos de Bois-Soleil. Il relevait du fief du Crochet. Le Chapitre de l'Église de Tours y possédait une métairie qui lui avait été donnée en 1225. Une autre métairie, située également aux Cartes, appartenait en 1527 à Nicole Papillon, Chanoine. Près de là est une fontaine10 à laquelle on attribuait des propriétés thérapeutiques11.
- La Vinetterie : 16 habitants en 1883.
Ils étaient « un ensemble de quelques maisons habitées principalement par des paysans ». Rochecorbon en comptait plusieurs12 dont :
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Village |
Habitants en 1883 |
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Belair |
30 |
ou Bel-Air |
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La Butte |
41 |
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Les Patis |
174 |
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Les Bourdaisières 13 |
69 |
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Le Peu Boulin |
72 |
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La Basse Rivière |
132 |
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Les Pélus |
42 |
ou La Grande Cour. L'abbaye de Marmoutier y possédait une métairie qui lui avait été léguée le 22 juin 1725 et qui fut vendue nationalement le 21 septembre 1791 pour 4700 livres. |
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Les Clouets |
35 |
ou Les Hauts-Clouets ; relevait du fief du Crochet. |
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Les Pitoisières |
32 |
Le Chapitre de l'Église de Tours y possédait une métairie qu'il avait achetée en 1769 et qui fut vendue nationalement le 21 septembre 1791 pour 33 700 livres. |
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Vaufouinard |
113 |
Le Chapitre de l'Église de Tours y possédait une closerie qui lui avait été léguée en 1697 par N. Hemon, chanoine. Une autre closerie, située dans le même village, appartenait en 1538 à Victor Barguin, receveur général des aides et des tailles du Loudunois, maire de Tours ; en 1570 à François Joret, maire de Tours. |
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Vauvert |
41 |
Ancien fief, relevant de l'archevêché de Tours. Appartenait en 1336 à Guillaume de Chargé (2 pièces de vigne). Le 11 juin 1374 Guyon de Curzay rendit hommage pour le même fief. Le 8 ventôse an VI le domaine de Vauvert fut vendu nationalement sur N. de Champnoir émigré. |
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Saint-Georges |
133 |
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Les Souchots |
12 |
Sur le coteau, à 2 kilomètres au nord, près de la ferme des Souchots, une cave fut aménagée en chapelle, probablement au XVème siècle, et sa muraille est creusée de niches ayant abrité des statues. |
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La Roche |
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Au XVème siècle Roche-Bourdoygne et au XVIIIème siècle Roche-Mainbeuf. Ancien fief. En 1438 il appartenait à Huette Estoubelle, veuve de Hardouin Viau ; en 1639 à N. Patrix, avocat au siège présidial de Tours ; en 1741 à Pierre Lope. |
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Touvois |
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En 1225 Molendinus de Tevoie. Il relevait du fief du Crochet. Il fut vendu le 28 février 1791 pour 11 000 livres. |
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Sens |
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ou Cens. Ancien fief relevant du château de Tours. Il appartenait à l'abbaye de Marmoutier sur laquelle il fut vendu natinalement le 28 janvier 1791 pour 134 600 livres. |
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Roquenauve |
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Rocnauve. Ancienne propriété de l'église de Tours. C'était la demeure du chanoine qui desservait la chapelle de Saint-Jean- l'Évangéliste, alias des Quarts. Elle fut vendue nationalement le 21 septembre 1791 pour 24 900 livres. |
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Montguerre |
26 |
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Les Cartes |
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La Vallée-des-Caves |
21 |
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Saint Roch |
98 |
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La Vinetterie |
16 |
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Mauny |
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Monteaux |
14 |
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La Moussardière |
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Ancienne propriété du Chapitre de l'Église de Tours, auquel elle avait été léguée le 14 février 1716 par Claude Trevant. Elle fut vendue nationalement le 11 juillet 1791 pour 15 000 livres. Son étendue était de 16 arpents. Nommé le Petit-Clos en 1740. |
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La Bouchardière |
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Ancien fief, relevant du Crochet. Il faisait partie de la paroisse de Saint-Georges-sur-Loire et s'étendait sur le territoire de Rochecorbon et de Monnaie. En 1573 il appartenait à Nicolas Guichard, qui le légua au Chapitre de l'Église de Tours. Celui-ci le posséda jusqu'à la Révolution. Le domaine fut vendu le 6 mai 1791, au prix de 19 600 livres. Son étendue était alors de 56 arpents. |
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La Dubinière |
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Le 13 juin 1542 François Menant la vendit à Jean Barentin ; plus tard elle fut possédée par le Chapitre de l'Église de Tours |
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La Blanchelière |
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La Baltière |
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Villeseptier |
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Ancien fief. En 1520 il appartenait à Gatien Barquin, en 1563 à Jacques Goyet, en 1622 à Pierre, Élie et René Goyet, en 1634 à Jacques Goyet, en 1665 à Jean Goyet, en 1690 à Jacques Goyet, en 1742 à un autre Jacques Goyet, en 1765 au comte de Bar, du chef de sa femme Françoise-Scholastique-Marthe-Henriette Goyet. Ceux-ci, le 10 octobre 1765, vendirent ce fief à Josué-Aimé Loiseau de Montaugé, officier au régiment de Lorraine. Par acte du 15 février 1777 Jacques Barnier, commissaire des guerres, et sa femme Laure-Aimée-Antoinette Loiseau, le cédèrent à Sophie-Anne Loiseau, mariée à Julien-François Le Sénéchal. |
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La Rabaterie |
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Relevait du Crochet, suivant une déclaration féodale de 1740. |
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La Millardière |
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Relevait du fief du Crochet et appartenait en 1520 à Gatien Barguin, en 1740 à Jean Soulas, trésorier de France à Tours. |
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La Vallée-Poêlon |
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Le Four-à-Chaux |
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Voligny |
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ou Volligny. |
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Les Armuseries |
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Château des XVII et XIXème siècles. |
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Vaudannière |
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Les Grand et Petit-Vaudanière. En 1718 Dupinière. Ils relevaient du fief du Crochet et appartenaient en 1791 aux religieuses du Calvaire de Tours. En 1660 Jacques Gatien y possédait une closerie. |
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La Dorerie |
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sur l'ancienne paroisse de Saint-Georges-sur-Loire |
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Le Calvaire |
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La Saboterie |
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La Planche |
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Planche d'Anière (189). Elle a fait partie de l'ancienne paroisse de Saint-Georges-sur-Loire. |
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La Bourdonnerie |
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ou La Bourdonnière |
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Bellevue |
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Château moderne de Bellevue avec communs XVème aux Pitoisières. Au nord de Rochecorbon, les communs du château moderne de Bellevue sont aménagés dans les logis d'habitation, entièrement souterrains, de l'ancienne métairie des Pitoisières, qui appartenait au XVème siècle au chapitre de l'Église de Tours. Ces locaux furent aménagés au XVème siècle. Un long couloir creusé dans le rocher les relie à la chapelle sise plus au sud, souterraine également et close par un mur perce d'une porte et de fenêtres dont l'une conserve les amorces de son remplage. L'autel en était logé dans un enfeu en arc surbaissé, timbré d'armoiries. |
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Montgouverne |
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Château du XVIIIème siècle. |
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Rosnay |
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En 1741 Petit-Rosnay, en 1771 Rhonay, sur Cassini Ronay. Ce domaine relevait du fief de la Salle-Saint-Georges. Athanasc-Hilaire Graslin, chanoine et sénéchal de l'église Saint-Martin de Tours, y mourut le 15 octobre 1771. |
Hors ces villages et ces hameaux, se trouvent sur le territoire de Rochecorbon de nombreuses fermes isolées.
- la Blanchetière, la Baltière, les Poêlons, la Vallée des Gaves, qui sont situées au Nord de Rochecorbon et dont nous n'avons rien de précis.
- La Bourdonnerie ou Bourdonnière, date du XVIème siècle. On pénètre dans la cour par une porte en arc, surbaissée et accostée de pilastres et d'ailerons, surmontée d'un fronton courbe échancré.
- Le Petit Versailles fut vendu nationalement. Cette ferme appartenait alors à Nicolas Touchard, déporté.
Il en existe bien d'autres qui seront citées par la suite.
Sont classées dans cette catégorie les maisons appartenant à des bourgeois, des fonctionnaires, situées dans le bourg et les maisons ne dépendant d'aucune seigneurie.
- la Falotière, le Grand Mauléon, Villa Bassompière, Verbois, Basse-Gâtinière, dont nous n'avons rien de précis.
- les Pentes, sur la route de Tours à Amboise, est une ancienne ferme d'après Carré de Busserolle. Au premier étage se trouve une succession de quatre pièces, dont trois salles sont identiques, la quatrième ressemble à une chapelle. Est-ce une magnanerie, un relais de poste ou une maladrerie ? (Louis XIV prit à sa charge ces établissements pour les réunir à l'Hôpital de Tours).
- Montgouverne : est situé sur le plateau, au nord de la lanterne. La maison actuelle est récente et a remplacé une ancienne ferme. Elle fut habitée à la fin du XIXème siècle par un perruquier qui la transforma en ajoutant deux tours d'angle dans lesquelles il fit installer des cabinets de toilette.

- la Tesserie : (sur la route de Tours à Amboise) Le château fut construit dans la seconde moitié du XIXème siècle.
Il abrite actuellement une maison de repos .
Une île du même nom est située dans le lit de la Loire sur la commune de Rochecorbon : elle était du domaine du roi...
- la Chasse Royale (située sur la route de Tours à Amboise). On y voit encore un cadran solaire, au-dessus d'une véranda, et au-dessus duquel on peut lire ces mots « Jésus Maria » et la date de 1676. Au-dessous du cadran se trouve cette mention « Pecit Amboise pour les Scieur des Monnis » dont nous ne connaissons pas l'origine.
Cette propriété serait, d’après les « on-dit », un ancien relais de poste.
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le Château des Basses Rivières : il est
construit dans le village du même nom. Il se trouve sur la
route de Tours à Amboise. Au XVIIIème
siècle, c’est un logis de campagne, appartenant à
la famille Papin, fabricant de soie et producteur de vin. Une large
avenue dans l'axe du château se terminait par un embarcadère
sur la Loire, Une ancienne maison troglodyte devenue servitude du
château, a conservé son four à pain et une
cheminée quasi médiévale.
C'est à l'emplacement du château que devait passer la voie romaine pour rejoindre la rue des Basses Rivières actuelle.
Le dernier propriétaire du château, Monsieur d'Espelosin, en fit don à la ville de Tours pour y installer un musée ; considérée comme non rentable, la demeure fut vendue par la ville de Tours en 1973.
- la Roche : située sur la route de Monnaie, fut appelée Roche Bourdogne au XVème siècle et Roche Mainboeuf au XVIIIème siècle. Cette propriété appartenait à Monsieur Patrix, avocat au siège présidial de Tours en 1639.
- la Tour : le château actuel, situé sur la route de Tours à Amboise, fut construit dans la deuxième moitié du XIXème siècle sur une ancienne ferme qui existait en 1566. En 1639 elle appartenait à Pierre Gitton, receveur des consignations, et, en 1784, à Louise Renée de Fescan, veuve de Charles Bernard Briçonnet, marquis d'Oysonville.
Le château fut transformé, au début du XXème siècle, en Maison de Santé. Le propriétaire était très fier d'être le premier à Rochecorbon à posséder l'électricité, dont il faisait usage, ainsi que des eaux de source, pour soigner les malades atteints de diverses maladies.
Très peu de temps après la guerre 14-18, le château fut en partie démoli pour reconstruire quelques maisons de l'ancien parc, le long de la R.N. 152.
- le château de L'Olivier : cette demeure fut bâtie en 1780, le long de la route d'Amboise à Tours, et fut surélevée d'un étage en 1820. Son nom vient d'un vieil olivier qui s'y plut grâce au climat. La grille qui donnait accès au parc est l'ancienne grille du potager de Chanteloup, qui fut vendue au moment de la Révolution.
Le Cardinal de Rohan
résida à l'Olivier en septembre 1786. En disgrâce
depuis l'affaire du Collier, il avait été précédemment
envoyé en exil à la Chaise Dieu. Les démarches
de ses parents et de ses amis étaient arrivées à
leurs fins en obtenant pour lui un exil plus doux dans l'abbaye de
Marmoutier.
- Fontenailles (château) : sur la route de Parçay-Meslay. C'est sans doute à Fontenailles, près de Louestault, (vers Neuvy le Roi et Beaumont la Ronce), que Gabrielle d'Estrée, favorite de Henri IV, aurait logé. Mais la légende veut que ce soit à Rochecorbon, et que la belle Gabrielle se soit baignée dans les eaux pures de la fontaine de Touvoie.14
Le château fut construit au XVIIème siècle. En 1741 il appartenait à Jeanne Régnault, veuve de Gilles Morel, payeur des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris, qui le donna à l'Hôpital Général de Tours. Il fut vendu avec ses terres, comme bien d'église, le 27 nivôse de l'an II, à 18 acheteurs différents.
- Vaufoinard :
le château primitif, datant
du XVème siècle, se compose d'un haut
pavillon carré, accompagné, à l'est, d'une
tourelle d'escalier et d'un avant-corps du XVIème
siècle.
Une autre aile, qui ne comprenait d'abord qu'un étage, fut prolongée et surélevée au début du XIXème siècle. Elle constitue la partie principale du château actuel.
D'après un inventaire de 1663, ce château contenait une chapelle1516 domestique dans le roc, et une boulangerie.
En 1538, il appartenait à Victor Bargien, maire de Tours et trésorier de la reine-mère Louise de Savoie. Victor Bargien était seigneur de Vaufoinard, de Montefray, Bois-Grenier et La Forest.
De 1570 à 1605, le château passa à François Joret17, également maire de Tours, qui fît édifier le haut pavillon carré. En 1732, Monsieur Duveau François, écuyer trésorier de France, agrandit la propriété par l'achat de nombreuses terres appartenant au Crochet.
En 1791, Monsieur Jeuffrain achète le château : il est alors affranchi de droit de rachat sur le fief de la Guignardière, qui relevait de la Baronnerie de Rochecorbon, bien que réuni au duché de Luynes.
Parmi les hôtes les plus intéressants qui résidèrent à Vaufoinard, on note la mère18 de Jean-Nicolas Bouilly, écrivain Tourangeau, qui y mourut le 15 juin 1816. Elle fut enterrée dans le cimetière de Rochecorbon. Son fils consacra à sa mémoire un modeste monument portant cette épitaphe :
Habitants de ce beau séjour !
Je laisse parmi vous la dépouille mortelle
De la femme de bien qui m'a donné le jour.
Plaignez son fils... Priez pour elle !
Dans le village de Vaufoinard, l'Église possédait une closerie qui lui avait été léguée en 1697, par N. Hénon, chanoine.
- les Hautes Gâtinières : devaient avoir une certaine importance, étant donné son exposition. La maison d'habitation est du XVème siècle. Au-dessus d'une porte murée, est sculpté un blason. Dans l'écu accompagné de « lambrequins » se trouvent représentés deux arbrisseaux en voûtoir, surmontés d'un oiseau accompagné de deux roses. Ces arbrisseaux sont soutenus par un croissant. Au-dessus de celui-ci, une date en chiffres arabes, que l'on n'arrive pas à déchiffrer. Plus bas, une inscription qui a donné lieu à plusieurs interprétations, dont celle-ci : « Serviem de Boisanfin ».
- la Lanterne : auberge, bien située sur la route de Tours à Amboise, serait un ancien relais de poste.
Cette liste n'est pas complète. En fait, de nombreuses maisons seront citées par la suite de cette monographie, pour avoir fait partie, ou pour avoir appartenu à la Châtellenie de Rochecorbon, au Crochet, à l'Église ou à Saint-Georges. De plus, il existe aussi de nombreuses maisons dont les archives ne nous ont rien donné et qui pourraient figurer dans cette étude.
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La lanterne de Rochecorbon
"Ce vieux phare aux yeux morts dominant sur la Loire Guidait les grands bateaux chargés de lourds colis Et les deux tonneaux ventrus taillés à la doloire, Qui fleuraient bon le vin dont ils étaient remplis.
Sa lumière avec peine éclairait l’ombre noire, Ainsi qu’un ver luisant sans le brouillard des nuits, Mais les fiers mariniers, qui savaient rire et boire, Chantaient la torche en main pour chasser leurs ennuis.
Ils chantaient plus encore en accostant la berge, Où dansaient avec eux les filles de l’auberge, Au pied d’un vert coteau planté de ceps tortus ;
Et d’après un luron, conteur de balivernes, Les dames de jadis ont risqué leur vertu... Plus d’une fois, le soir, autour de la lanterne."
Eugène
Bizeau (1883 – 1989), |
La Seigneurie est un territoire dépendant du Seigneur. Elle comprend en général des bois, des landes, des terres arables, des vignes et des vergers. Au Moyen-Âge et jusqu'aux XIIème et XIIIème siècles (époque de l'apparition des foires et marchés), la Seigneurie doit pouvoir vivre en autarcie. Le territoire de cette Seigneurie est divisée en deux : d'une part, ce que les historiens appellent le domaine utile, c'est-à-dire les terres gardées en propre par le Seigneur et cultivées par un Régisseur, et d'autre part, les tenures qui sont des terres louées aux paysans (tenanciers).
Les exploitations rurales sont plus ou moins groupées en village, ou en hameau, et parfois en portions de village ou de paroisse ; un seul village relevait souvent de deux ou de plusieurs Seigneuries.
N'échappant pas à la règle, les terres de Rochecorbon appartenaient ou relevaient de plusieurs Seigneuries :
- la Châtellenie du château de Rochecorbon
- la Châtellenie du Crochet
- La Seigneurie de Saint-Georges
- Marmoutier
- Saint-Martin
- Saint-Julien
- le Chapitre de Tours...
Toutes les terres appartenant aux communautés religieuses sont dites immunes, c'est-à-dire qu'aucune Seigneurie quelle qu'elle soit n'a le droit de justice ou n'importe quel autre droit sur les personnes et les terres que l'Église administre.
La Seigneurie forme au Moyen-Âge un royaume dans le royaume et le seigneur jouit de la souveraineté sur ses terres. Peu à peu, avec la monarchie absolue son rôle s'affaiblira pour disparaître totalement à la Révolution.
Nous étudierons tout particulièrement les Châtellenies de Rochecorbon et du Crochet qui ont particulièrement marqué cette paroisse. La Seigneurie de Saint-Georges fera l'objet d'un chapitre spécial, car elle n'a eu presque aucun rapport avec Rochecorbon jusqu'à la date de son rattachement avec cette commune (1808).

Pour posséder le titre de seigneur châtelain, il fallait un château. Le premier château fort de Rochecorbon date du Xème siècle. Il comptait parmi les six existant en Touraine à cette époque. Ce faible effectif tenait, d'après certains juristes, à ce qu'il fallait obtenir une autorisation royale pour bâtir.
Ce château appartenait alors à Hardouin, Archevêque de Tours (960-980), château qu'il donna à son neveu Corbon, premier seigneur connu de Rochecorbon19. Ces châteaux étaient souvent construits en bois et sur des buttes. Il avait alors la même position qu'actuellement. Il fut fortifié en 1093 par Thibault des Roches, petit-fils de Corbon, sans le consentement de Foulques le Réchin, comte héréditaire de Touraine et d'Anjou. Celui-ci n'admit pas les initiatives de son vassal et détruisit les fortifications. C'est après un siège que Foulques IV le Réchin emporta d'assaut le château « à la faveur d'une épaisse fumée faite à dessein par les assiégeants », d'autres disent : en faisant combler les fossés du château avec du fumier, ce qui est moins facile et moins vraisemblable.

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Gravure de 1857, extraite du Bulletin monumental, 3ème série tome 3, 23ème volume, publié par M. De Caumont |
Le fils de Thibault, Robert des Roches20, fit bâtir en 1095 la tour quadrangulaire, haute de dix mètres, se trouvant maintenant au bord du coteau, surnommée « la Lanterne ».21
Elle fut consolidée et remaniée au XVème siècle.
De nombreuses hypothèses22 surgissent sur l'existence de cette tour :
- il s'agit d'une guette,
- cette tour servait de fanal dont les feux pouvaient prévenir la garnison d'Amboise des dangers qui menaçaient Rochecorbon,
- cette tour permettait de guider les navigateurs sur la Loire.
Toutes ces hypothèses doivent être énoncées car toutes sont vraisemblables, La première solution, la guette, a été retenue la tour ayant été construite après la destruction des fortifications et avant la reconstruction des nouvelles, sans doute pour prévenir de tous dangers émanant de Foulques IV le Réchin.
Elle a peut-être servi de fanal lorsque les deux familles d'Amboise et de Rochecorbon furent liées,
Quant à la troisième solution, la tour fut un point de repère tout comme le château de Tours, la tour de Cinq Mars la Pile, le château d'Amboise, etc... sans que ces monuments n'aient été construits tout spécialement pour la navigation.
En 1113, le même seigneur Robert des Roches entreprit la reconstruction des fortifications au nord, les autres directions bénéficiant de défenses naturelles. Le château se trouvait en retrait par rapport au rebord du coteau. Ce coteau est en tuffeau de Touraine, très friable, et recule assez rapidement sous l'effet de l'érosion, et met en danger, à plus ou moins longue échéance, la lanterne et la petite construction du XVème à gauche de celle-ci (qui servait soit pour un élevage de vers à soie, soit de pigeonnier). A droite de la tour, on remarque l'amorce d'un escalier, qui permettait peut-être la descente directe du château dans le bourg, à moins que cela ne soit le départ d'un souterrain. Les affaissements fréquents de la falaise ont détruit toute la partie basse de cet escalier.
En 1189, le château fut pris d'assaut en trois jours par Richard Cœur de Lion qui voulait enlever la Touraine à son père Henri II Plantagenet. La province de Touraine, avec celles du Maine et de l'Anjou, furent longtemps disputées entre les Anglais et les Français.
En 1350, Ingelger d'Amboise fit restaurer le château, qui lui avait été donné en dot par Isabeau de Thouars, sa femme. En 1368, le château était habité par un capitaine gouverneur, Jean de Maillé, seigneur de Chançay.
En 1424, les Anglais s'en emparèrent à nouveau et la forteresse fut rachetée plus tard par les Français.23 24
Depuis cette époque, le château tomba en ruine et ne fut jamais relevé.25
Du château partaient de nombreux souterrains. On voit encore l'une des entrées au milieu des vignes. Rejoignaient-ils la cathédrale de Tours, l'abbaye de Marmoutier ? On ne peut que donner des hypothèses, car tous ces souterrains sont comblés et il faudrait pour les déblayer entreprendre de grands travaux qui se révéleraient fort dangereux, ceux-ci étant creusés dans le tuffeau très friable.
Les seigneurs de Rochecorbon sont connus depuis 908, La terre de Rochecorbon passa aux Maisons de Dreux, de Thouars, d'Amboise et de Maillé par mariage (vers 1130, 1350, 1370, et 1412). Elle fut unie au Duché de Luynes en 1619.
Hardouin, archevêque de Tours de 960 à 980, possédait la propriété de la Vaudanière à Rochecorbon, qui fut sans doute la première résidence des seigneurs de Rochecorbon. Avant d'être Archevêque, Hardouin était trésorier de Saint-Martin (Abbaye). Il légua à sa mort sa propriété de Vaudanière à l'Abbaye de Saint-Julien. Il avait deux neveux : Corbon et Hardouin.
CORBON DES ROCHES, de par sa parenté avec l'archevêque de Tours et par son poste de Vasi Dominici, reçut le titre de seigneur châtelain et eut droit de faire construire un château. D'après Chalmel26, Corbon était un des plus riches seigneurs de Touraine. La légende dit que le Chevalier Corbon se fit appeler Corbon des Roches lorsqu'il prit possession du château (Castrum de Rupibus) pour imiter le Chevalier Renault qui, en 978, bâtit le donjon de Château-Renault, qui lui donna droit à son nom.
« À la fin du Xème siècle, il était vassal d'Archambault Sully, archevêque de Tours. Ce vassal était un officier que le roi donnait à l'Archevêque pour prendre soin de ses revenus. Corbon fut ensuite vassal royal et assista en cette qualité à plusieurs jugements rendus à Tours », ainsi que le mentionnent plusieurs titres dans le cartulaire de l'Abbaye de Marmoutier. Son rôle était de se tenir auprès des Comtes pour aider dans l'administration de la justice. Cette dignité de vassal royal devait être possédée par son père, Corvon, ainsi que nous le prouve « un jugement que rendit Thibault Vicomte de Tours en Juillet 908. Corbon et Corvon étaient un même nom par le changement fréquent du V en B ». On peut comprendre l'importance de la richesse du Chevalier Corbon, richesse que prouvent les donations fréquentes faites à l'Église :
- Corbon donna en 999 la métairie de Sully à l'Abbaye de Bourgueil,
- en 1025, il donna à l'Abbaye de Saint-Julien l'Église de Nouzilly,
- il confirma également une donation faite à l'Abbaye de Marmoutier par son petit fils, Sulion (certainement pendant que lui-même guerroyait).
TEDASIUS DES ROCHES ou THISE DES ROCHES, fils de Corbon. II approuva une vente faite aux religieux de Marmoutiers. Entre 1032 et 1044, il effectua un pèlerinage en Terre Sainte. Il eut quatre fils : Sulion, Wanillion, Hugues et Raoul. Il tenait des biens lui venant de Hardouin (autre neveu de l'évêque Hardouin). Il mourut, ainsi que son fils Raoul, en Terre Sainte.
THIBAUD DES ROCHES (+ 1088), fils de Thedasius. Il fit fortifier le château ; défendit Cahumony contre Thibaud V de Blois. Il épousa Sybille, fille de Lisois d'Amboise et d'Hersande de Buzançais. Il eut plusieurs enfants, dont Robert et Guillaume.27
Guillaume des Roches (né en 1060), prit l'habit de religieux dans l'Abbaye de Cormery et partit peu de temps après pour l'Orient. Il visita Constantinople, voyagea en Asie Mineure, à Jérusalem. A son retour en Europe, il alla résider dans la Pouille, et devint évêque de Salpia. Il revint à Cormery vers 1103, rapportant de précieuses reliques dont il fit don à l'Abbaye.
ROBERT I DES ROCHES (+ 1123), fils aîné de Thibaud des Roches, devint seigneur de Rochecorbon. En 1096, le pape Urbain II parcourait la France en prêchant la première croisade en Terre Sainte contre les Infidèles, il s'arrêta à Marmoutier et consacra l'église et l'autel principal de la Basilique en l'honneur de la Croix. A la prière du pape, certains seigneurs de Touraine, dont Robert des Roches, dotèrent l'abbaye et lui promirent conseil et protection. Parmi les chevaliers qui revêtirent les insignes de la Croisade se trouvait Hugues I de Chaumont (cousin de Robert des Roches), qui lui confia son fief d'Amboise28, et laissa le donjon d'Amboise sous sa garde. En 1096, suite sans doute à la demande du pape Urbain II, Robert des Roches donna à l'Abbaye de Marmoutier une île située face à cette abbaye.
Robert des Roches participa à de nombreuses petites guerres entre seigneurs :
- il participa à l'enlèvement de Corbe, femme d'Achard de Saintes29
- il prit part au siège de Montrésor tenu par Raoul de Beaugency30
- il fut l'allié de Lysois d'Amboise contre Hugues (ou Geoffroy de Preuilly). Lysois d'Amboise avait retiré son aide à Hugues de Preuilly lors d'une lutte contre Foulques le Réchin. Hugues III de Preuilly ravagea alors les terres de Lysois d'Amboise, et, lors de la deuxième offensive du seigneur de Preuilly Lysois d'Amboise demanda l’aide de son parent Robert des Roches.
Ces deux derniers remportèrent une écrasante victoire à Château-Renault (dont le seigneur était vassal de Hugues de Preuilly).
En 1113, il reconstruisit le château de Rochecorbon. Dans les mêmes années il fut le premier à employer dans ses titres « par la grâce de Dieu », habituellement réservé aux rois et aux princes souverains.31
Il épousa Mayence de Chatillon, dont il eut Robert et Thibaud.
Thibaud des Roches, fils de Robert I de Brenne. Il donna à l'abbaye de Fontaines les Blanches des terrains situés à Rogerol dans la commune de Pocé. II est noté sur de nombreuses chartes passées ou avec son frère Robert II des Roches, ou avec son neveu Geoffroy.
ROBERT II DES ROCHES, fils de Robert I des Roches et de Mayence de Chatillon. Il était seigneur de Rochecorbon. Il devint, du chef de sa femme, Lucie de Mézières, seigneur de Brenne. Les deux seigneuries de Rochecorbon et de Brenne furent rattachées jusqu'en 1302. Robert de Brenne vécut jusqu'à un âge très avancé et commit de nombreux dégâts vers la fin de sa vie, dégâts qu'il se fit pardonner en 1179, en donnant aux religieux de Saint-Pierre de Méobec (Indre) 3 septiers de seigle de rente, il fut le père W. de Brenne (mort vers 1125), de Geoffroy de Brenne et de Robert de Brenne.

GEOFFROY DE BRENNE, fils de Robert II des Roches ; il confirma en 1122 la fondation de l'abbaye de Fontaines les Blanches. Il passa en 1122 un accord avec les religieux de Marmoutier au sujet des accroissements d'une île située dans la Loire près de cette abbaye.
Vers la même époque, Gislebert, archevêque de Tours, bénit une chapelle Saint-Nicolas, construite dans cette île. Il comparut en 1186, dans une charte en faveur des religieux de Fontaines les Blanches. Il épousa Asceline. Il mourut avant 1201, sans postérité et eut pour héritier son frère Robert. En 1195, sur le territoire de Rochecorbon eut lieu un sérieux accrochage entre les Anglais venus du nord et les Français venus du sud, au lieu appelé Voligny. Les Anglais enfouirent un trésor enfermé dans une caisse. Un an plus tard, ceux-ci venant le récupérer, se firent massacrer. Le trésor y serait donc encore. Ceci se passait entre la bataille de Fréteval, prés de Vendôme (1194), qui vit le triomphe de Richard Cœur de Lion, et la bataille de Bouvines (1214), qui connut la victoire des Français.
ROBERT III DE BRENNE, fils cadet de Robert II, eut la terre des Roches. En 1200, ii y eut des différents entre les religieux de Saint-Julien et le seigneur de Rochecorbon, concernant la paroisse de Chanceaux sur Choisille, différents qui se terminèrent par une transaction passée au château d'Amboise, devant Sulpice d'Amboise. En 1201, Robert III de Brenne se servit du sceau de son frère Geoffroy, alors décédé, pour sceller une charte par laquelle il ratifia les donations faites à l'abbaye de Varennes par son aïeul Robert des Roches et son oncle Thibaud des Roches. En 1203, la Touraine passa définitivement à la couronne de France32. En 1204, il reçut le titre de Chevalier banneret. Cette même année, il fit un accord avec le chapitre de Tours.

En 1209, puis en 1219, eurent lieu des transactions avec le chapitre de Saint-Martin de Tours. En 1219, il y eut un accord entre le chapitre de Saint-Martin de Tours et Robert de Brenne au sujet de l'exercice des droits de viguerie et de haute justice du prévôté d'Oé, sur le territoire de Vouvray. Il y eut une autre transaction entre les Chanoines de prévôté d'Oé et Robert de Brenne, concernant la haute et basse justice, les cens, les sujets de Balliva Baginaldi (?), du Plessis du Maine, les corvées, les moulins construits sur la Loire ...33
En 1214, il participa à la bataille de Bouvines.
En 1218, Jean de Faye, archevêque de Tours, restitua le fort de la Vaudanière34, qui avait appartenu à ses ancêtres du vivant de Hardouin, oncle du Chevalier Corbon.
Il eut plusieurs enfants d'Isabelle de Pocé, dont Geoffroy, Hugues et Guillaume.
Hugues de Rochecorbon, fils présumé de Robert III des Roches , devint abbé de Marmoutier en 1210. C'est lui qui fit bâtir :
- au monastère, les portails de la Crosse et de la Mître (ce dernier fut détruit à la Révolution).
- à Meslay, le portail et la grange magnifique (1220) où se donnent actuellement tous les ans les fêtes musicales de Touraine.
- au Louroux (Indre et Loire, au sud de Tours), il fit réparer les édifices existants et fit construire le château fortifié, et une grange.
En 1214, il fut chargé par Philippe Auguste avec l'Abbé de Saint-Jean d'Angély, de conclure une trêve entre la France et l'Angleterre, qui fut signée à Chinon.35
Il mourut en 1227 et fut inhumé dans le chapitre de l'église de Tours.
GEOFFROY II DE BRENNE, fils aîné de Robert III de Brenne36, seigneur de Rochecorbon. En 1202, Philippe Auguste le nomma gouverneur de la ville de Tours, remplaçant Brandinelles, qui était à la solde de Jean sans Terre, roi d'Angleterre et comte d'Anjou.37
En 1214, il ratifia un accord entre Robert, son père, et le chapitre de Saint-Martin de Tours.
En 1221, il fit un accord avec Guillaume de Rocroy, les viguiers des Rochettes de Parçay, des Ponts de Tours et de Marmoutier. L'année suivante, il donna à l'abbaye de Marmoutier un chemin qui traversait le bois de Maillé.
En 1230, il emprunta aux religieux de Marmoutier 22 livres tournis et leur assigna en garantie 20 septiers de blé de rente sur la dîme des paroisses de Saint-Christophe et de Saint-Paterne.
En 1246, il donna à l'abbaye de Beaugerais une rente à percevoir à la Saint-Michel sur les dîmes de Reugny et de la Chapelle Saint-Hyppolite (près Châtillon sur Indre).
Il mourut vers 1248, sans postérité, malgré les deux mariages qu'il avait contractés avec Radegonde de Cors, puis avec Haldearde. Son frère Guillaume lui succéda dans ses possessions.38
GUILLAUME DE BRENNE, était le second fils de Robert III des Roches. En 1204, il a été condamné à indemniser Saint-Julien pour les dommages commis à Chanceau sur Choisille. Par la suite, il s'empara de biens et droits du Prieuré de Nouzilly (dépendant de Saint-Julien). Excommunié, Il promit de restituer les bien et d'indemniser Saint-Julien, afin de rentrer dans le droit chemin. L'acte fut rédigé le 17 octobre 1234, et il y est qualifié de noble homme Guillaume de Brenne, Chevalier. II était marié avec Mathilde ou Mahaud, fille de Thibaud de Mirebeau, qui se disait veuve en 1251 ou 1258.
Elle se remaria avec Jean Seigneur de Montigny et de Vieuvic.
Guillaume de Brenne ne devint seigneur de Rochecorbon et de Brenne qu'en 1248.
Il fut père de :
- 1) Jeanne, qui devint dame de Rochecorbon et de Mézières ,
- 2) Aalicie, qui se maria avec Thibaud de Mathefelon,
- 3) Aênor, qui se maria avec Hugues de Broce, auquel elle apporta la seigneurie de Pocé,
- 4) Isabelle.
JEANNE DE BRENNE, porte le titre de dame de Mazières et de Rochecorbon dès l'année 1250 ?
En 1260, elle était mariée avec le Chevalier Hervé de Vierzon qui devint Seigneur de Rochecorbon du chef de sa femme. Il fit un accord avec les Chanoines de Saint-Martin pour fixer les limites de leurs propriétés dans les paroisses de Cérelles, Nouzilly, Vouvray, Chenusson et Chanceau. Il fit un autre accord avec la prévôté d'Oé sur les limites et bornages des possessions du prévôt et d'Hervé de Vierzon, en la paroisse de Vouvray. La Prévôté d'Oé fit une intervention contre le Seigneur de Rochecorbon qui voulait assujettir les habitants de Vouvray à faire moudre à ses moulins. Hervé de Vierzon se croisa deux fois avec le roi Saint-Louis et mourut au siège de Tunis.
Jeanne, sa femme, reprit le titre de dame de Rochecorbon, de Mézières et de Vierzon. Grâce à ses libéralités, elle fit terminer le couvent et l'église des Cordeliers à Bourges, commencés par Hervé de Vierzon. Se trouve inscrite sur le pignon des cuisines du couvent l'épitaphe suivante :
« Jehane dame de Vierzon
de Mazières et de Rochecorbon
Cy fist et l'autre maison
Dieu ly face à l'âme pardon' »
En 1280, elle se désista des droits qu'elle prétendait avoir sur les sujets du chapitre de Saint Martin dans les paroisses de Rochecorbon et de Parçay. Elle acheta en 1282 à Jean Savary, sa maison de l'Isle Savary. Elle fonda en 1287, la chapelle et la vicairie de Saint Léonard au château de Mézières pour le salut de son âme et pour celles de ses prédécesseurs. Elle survécut à sa fille unique Jeanne, et, par testament, en 1296, elle institua pour héritier son petit fils Jean de Brabant. Outre les seigneuries de Rochecorbon, d'Onzain sur Loire, de Mézières, de l'Isle Savary, Jeanne de Brenne possédait celles du Trangé et de Cléré, de Tangiaco et de Clesiaco (près de Châtillon sur Indre).
Jeanne de Vierzon, sa fille unique, dame de Vierzon, Lury, Limais, La Ferté Imbaud, Nouan le Fuselier, Mézières en Brenne, l'Isle Savary, de Trangé, Cléré, Rochecorbon39, était mariée avec Geoffroy de Brabant (blason au début du chapitre) sire d'Arschot, de Lubois, de Walbeck, de Sichène, de Fauquemberghe. Ce dernier était fils puîné de Henri III de Brabant et d'Alix de Bourgogne, il était frère de Jean 1er, époux de Marguerite de France, fille de Saint-Louis, et frère de Marie de Brabant, épouse de Philippe III, dit le Hardi (fils de Saint-Louis).
Jeanne de Vierzon mourut avant sa mère, Jeanne de Brenne. Geoffroy de Brabant périt à la bataille de Courtrai en 1302. De leur mariage furent issus :
Jean de Brabant, tué à la bataille de Courtrai en même temps que son père, sans laisser d'enfants de Marie, dame de Mortagne.40
Marie, dame de Vierzon, d'Arschot, de Walbeck, épousa Guillaume de Juliers, puis Bertold et enfin Robert de Brenne. Elle mourut sans enfant.
Isabelle ou Élisabeth, dame de Schive, Achtervode et Livraye, épousa Gérard de Juliers, frère et successeur Guillaume.
Blanche, dame de Rochecorbon, qui suit.
Alix de Brabant, après la mort de sa sœur aînée, épousa Jean III, sire de Harcourt. Leur postérité eut les terres de Mézières et de l'Isle Savary et de la Ferté Imbaud.

Marguerite et Jeanne de Brabant se firent religieuses à Longchamps, près de Saint-Cloud.
C'est à cette époque que les terres de Rochecorbon et de Vierzon se séparèrent pour des questions d'héritage.
BLANCHE, dame de Rochecorbon épousa Jean le XXIème vicomte de Thouars, seigneur de Talmond, de Mauléon et de l'Ile de Ré. Il devint seigneur de Rochecorbon du chef de sa femme. Il mourut le 25 Mai 1332. Ils eurent plusieurs enfants dont Louis, le XXIIème vicomte de Thouars.
LOUIS, seigneur de Rochecorbon, épousa Jeanne, comtesse de Dreux, fille unique de Jean de Dreux et de Brenne et de Pérenelle de Sully. Ils eurent cinq enfants : Jean, Simon marié à Jeanne d'Artois, Marguerite de Thouars, femme de Guy Turpin, seigneur de Cuissé, et enfin Pérenelle et Isabelle, qui eurent successivement la terre de Rochecorbon.
PERENELLE, dame de Rochecorbon, elle épousa Amaury de Craon, qui devint alors seigneur de Rochecorbon de chef de sa femme. Il fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers en 1353 et emmené en Angleterre. Il confia l'administration de ses biens en son absence à Isabeau de Craon, sa sœur, à Pérenelle de Thouars, sa femme, à Jean de Saindre, Abbé de la Roue, et à Guillaume Tardif. Il revint en France en 1359. En 1374 il était lieutenant général du roi. Il mourut en 1379 sans laisser d'enfants. Sa veuve se remaria à Clément Rouault qui mourut également sans laisser d'enfants.
ISABELLE, devint baronne de Rochecorbon après sa sœur. Elle épousa successivement :
1°) Guy de Nesle, sire de Mello, maréchal de France,
2°) Ingelger d'Amboise, union dont naquirent Pierre, qui devint seigneur d'Amboise, et Ingelger qui suit...
3°) Guillaume d'Harcourt, sire de la Ferté Imbaud, son cousin issu de germain, petit-fils de Jean II, sire de Harcourt, et d'Alix de Brabant.
INGELGER D'AMBOISE, fils d'Isabelle de Thouars et d'Ingelger d'Amboise. Il eut en partage Rochecorbon, La Ferrière et la Vicomté de Tours.
Cette même année, il prit part à l'expédition faite en Afrique par le Duc de Bourbon. il mourut en 1410, laissant plusieurs enfants à Jeanne de Craon ( - 13 janvier 1422), dont Pérenelle, Louis et Jacqueline.
LOUIS (1392-1469), devint seigneur d'Amboise, à la mort de son oncle Pierre II d'Amboise. En 1431, il fut accusé de conspiration contre le roi et condamné à mort. La sentence ne fut pas exécutée mais on lui confisqua ses domaines. En 1434, Charles VII, roi de France, lui rendit la Vicomté de Thouars ainsi que quelques autres terres sans importance. La terre d'Amboise fut annexée définitivement à la couronne.41
PERENELLE D'AMBOISE42 eut la terre de Rochecorbon, celle des Montils et la Vicomté des Ponts-de-Tours. En 1412, elle épousa Hardouin VIII de Maillé.
HARDOUIN VIII DE MAILLE ( -1442) était grand Maître d'Hôtel de la Reine en 1433. Il mourut en 1442 et fut inhumé dans l'Église des Cordeliers à Tours. Il eut sept enfants.43
HARDOUIN IX DE MAILLE ( -20 février 1473), son fils, devint Chambellan de Louis XI à qui il vendit la seigneurie des Montils les Tours, à la condition de l'union des deux seigneuries de Maillé et de Rochecorbon et de la Vicomté de Tours sous une même foi et hommage (ou à la condition de reconnaître ces trois seigneuries sous le vocable de baronnerie de Maillé et de Rochecorbon). L'acte de vente fut conclu le 15 février 1463 pour le prix de 1500 écus d'or (le prix diffère suivant les sources).
Le roi y fit construire un nouveau château connu depuis sous le nom du Plessis-les-Tours, véritable capitale de Louis XI.44
Hardouin IX acheta en 1470 le domaine de Savonnières, la Châtellenie de Ferrières Larçon - qu'il revendit à Louis d'Anjou, bâtard du Maine, en 1476, pour 2 000 écus d'or.
En 1486, il fonda le chapitre de Maillé. De plus, il fit rebâtir une partie des tours de son château et construisit dans l'enceinte un logis seigneurial plus élégant (château de Luynes actuel).
A cette date, le château de Rochecorbon fut définitivement abandonné pour cette demeure plus somptueuse.
En premières noces, Hardouin IX épousa Antoinette de Chauvigny (1458)45, et, en secondes, Marguerite de la Rochefoucault. Il eut de nombreux enfants, dont Jacques qui fut seigneur de Rochecorbon et de Maillé, et mourut sans postérité, et François de Maillé.46
FRANCOIS DE MAILLE (1501) épousa Marguerite de Rohan. Il eut deux filles, qui se prénommèrent toutes les deux Françoise. L'aînée fut dame de Maillé et de Rochecorbon, alors que la seconde épousa le Duc de Montrésor.
GILLES DE LAVAL, premier du nom. Lors de son mariage avec Françoise de Maillé, il prit le nom de Baron de Maillé et de Rochecorbon du chef de sa femme. Cette terre de Maillé avait été possédée pendant près de cinq cents ans par la maison de Maillé, possession qui n'avait pas eu d'interruption, et finit en 1502, lors du mariage de Françoise de Maillé.
GILLE DE LAVAL II (1559), son fils, épousa Louise de Sainte Marie, fille de Jean de Sainte Marie de Nesle et de Joigny.
RENE DE LAVAL (1546-1562)- fils de Gilles de Laval II, comparu à la rédaction de la coutume de Touraine en 1559. Il était baron de Maillé et de Rochecorbon, seigneur de Benais et des Écluses.
Il avait épousé Renée de Rohan de Montbazon, dont il eut un fils, Louis, mort en bas âge.
JEAN DE LAVAL (1542-1578), son frère, eut alors la terre de Rochecorbon, et de Maillé. Il était capitaine de cent gentilshommes de la maison du roi. Maillé fut érigé en sa faveur en comté au mois de juin 1572.
Il épousa sa belle-sœur Renée de Rohan de Montbazon, puis Françoise de Birague.
GUY DE LAVAL, son fils, avait une charge de capitaine de cinquante hommes d'armes. Il mourut sans laisser d'enfant de son mariage avec Marguerite de Hurault de Cheverny, qui épousa Anne d'Anglure, puis Arnault le Dangereux. Marguerite de Hurault de Cheverny mourut en 1614, en laissant un fils, qui n'eut jamais les terres de ses aïeux.
CHARLES D'ALBERT DE LUYNES (1578-1621). En 1619, les terres de Rochecorbon et de Maillé furent vendues par décret et acquises par Charles d'Albert, seigneur de Luynes, grand fauconnier du futur Louis XIII, puis 1er conseiller du roi Louis XIII. Les terres de Maillé prirent le nom de « Luynes » et furent érigées en son honneur en duché-pairie (seul titre de noblesse sous les princes du sang avec celui de duc au-dessus de la masse nobiliaire, les titres duc-pair n'étaient acquis que par érection royale et étaient dotés de privilèges spéciaux).
« Le duché était composé des comtés de Maillé et de Tours, des baronnies de Rochecorbon et de Semblançay, et de six châtellenies ». (Chevalier : tableau de la province de Touraine).
Depuis 1619, et jusqu'à la Révolution, la terre de Rochecorbon est restée dans la famille de Luynes et a donc appartenu à une des plus grandes maisons françaises.
Albert de Luynes avait épousé en 1617 Marie de Rohan.
LOUIS CHARLES D'ALBERT DE LUYNES (1520-1690) eut le duché-pairie. Il fut également grand fauconnier en 1643, puis Chevalier des Ordres du Roi en 1661. En 1660, il acheta la terre de Saint-Michel sur Loire, châtellenie relevant du château de Chinon.
Il se maria trois fois. Sa seconde femme, Anne, mourut en 1690 et leurs deux corps furent transportés à Luynes où ils furent inhumés dans l'Église de l'Hôpital. De ses deux premiers mariages, il eut quatorze enfants.
CHARLES HONORE D'ALBERT (1646-1712) eut la terre de Luynes : il était duc de Luynes, de Chevreuse et de Chaulnes, comte de Montfort et de Tours, gouverneur de Guienne, baron de Rochecorbon, etc... Il mourut à Paris en 1712. Il avait épousé Jeanne Marie Colbert, fille de Jean-Baptiste Colbert, ministre et secrétaire d'état de Louis XIV, dont il eut dix enfants.
CHARLES PHILIPPE D'ALBERT (1695-1758), son petit-fils, eut le duché-pairie de Luynes. Il mourut à Dampierre (Jura) en 1758 et fut inhumé dans l'Église Saint-Sulpice à Paris. Il avait épousé :
1°) Louise de Bourbon Soisson, princesse de Neufchâtel,
2°) Marie Burbat.
Il eut trois enfants du premier mariage.
MARIE CHARLES LOUIS D'ALBERT, son fils, était prince de Neufchâtel, de Valengrin et d'Orange, et pair de France. Il devint colonel général des dragons en 1754, gouverneur de Paris en 1757.
Il se maria deux fois. De son second mariage, il eut dix enfants.
LOUIS JOSEPH CHARLES AIMABLE D'ALBERT (1748-1807) eut la terre de Luynes. Il présida l'assemblée électorale de la noblesse de Touraine en 1789. Il fut maire et seigneur de la municipalité de Rochecorbon en 1787, et président de l'assemblée présidiale de Tours, la même année. Il mourut en 1802.
Rochecorbon était une des 26 baronnies de Touraine en 1789.
A la Révolution, le duc de Luynes garda le duché-pairie de Luynes, mais perdit une partie de ses droits et de ses titres, dont celui de baron de Rochecorbon.
La baronnie de Rochecorbon47 avait une certaine importance. Mais parmi les nombreuses propriétés du château, nous n'en avons qu'une seule sur le territoire de Rochecorbon.
- Le Petit Rochecorbon : situé dans le bourg de Rochecorbon. Il s'agirait peut-être des maisons 21 (auberge de Beauséjour), 25 et 27 rue du Docteur Lebled, du 21 rue de l'église. Il s'agirait d'un ancien fief, relevant de la Baronnerie de Rochecorbon à foi et hommage simple, suivant un aveu rendu en 1654 par Alexandre Cluseau.
Toutes les autres propriétés dépendantes du château étaient situées dans des paroisses autres que celle de Rochecorbon.
- La Bellangerie : à Vouvray, fief qui existait en 1559. Le château du XVIIIème siècle se composait d'un corps de logis, entre deux pavillons accompagnés chacun d'un pavillon plus petit, dont celui du levant était une chapelle dite bourgeoise, dans laquelle on disait la messe en 1789. D'après Monsieur Chamboissier, la grille du côté nord venait du château de Chanteloup. Elle a aujourd'hui disparu. Le château abrite actuellement un organisme pour les handicapés, les Papillons Blancs.
- la mairie des Rochettes : à Sainte-Radegonde.
- Le petit Rochecorbon : situé à Reugny, était une dépendance du château de la Côte, qui date du XVème siècle.
- Orfeuil : château situé dans la commune de Reugny près de la Brenne. Au XVème siècle, c’était un fief dépendant de la baronnie de Rochecorbon à foi et hommage lige. Il a appartenu pendant plusieurs siècles à la famille de la Baume le Blanc.
- Vallière : à Reugny, fermes et château, ancien fief relevant de la châtellenie de Rochecorbon. II appartenait à la famille de la Baume Le Blanc.

- Boisse : à Reugny, ancien fief relevant de Rochecorbon, à foi et hommage simple, suivant un aveu le 20 novembre 1738. Il a également appartenu à la famille de la Baume Le Blanc.
- La Rochère : à Noizay, gentilhommière du XVème siècle, est un fief qui fut au XIVème siècle une prévôté et un hébergement.
- Chanceau sur Choisille : la paroisse est une châtellenie qui appartenait aux religieux de Saint-Julien. Ceux-ci en signe de soumission, devaient fournir une bête de somme à leur suzerain, le baron de Rochecorbon, toutes les fois que celui-ci venait à être convoqué pour rejoindre l'armée du comte d'Anjou.
- Lignières : près d'Azay-le-Rideau, formait une châtellenie ayant droit de haute, moyenne et basse justice, et relevant du château de Rochecorbon suivant des aveux dont le premier fut rendu le 24 septembre 1495.
- La Morellie : sur la commune de Crotelles, fief relevant de la châtellenie de Rochecorbon à foi et hommage simple d'après un aveu rendu en 1654 par Jean Alexandre du Closeau.
La châtellenie du Crochet est antérieure à celle du château car les terres composant cette châtellenie étaient possédées par l'évêque de Tours dès le IXème siècle, date à laquelle certaines terres de l'évêché furent attribuées aux Chanoines du chapitre de Saint-Gatien. Ceux-ci avaient réclamé leur part sur la propriété de l'évêque de Tours qui s'étendait sur 27 communes différentes.
Cette demande leur avait été accordée par une bulle du pape Benoît III (855-858).
Les domaines qui leur étaient distribués se trouvaient principalement situés sur les communes actuelles de Rochecorbon et de Monnaie, et relevaient directement du chapitre de Saint-Gatien. Les domaines étaient adjugés à vie aux Chanoines par redevance remboursable au denier 8 qu'ils ne manquaient pas de rembourser.
Cette châtellenie s'appelait indifféremment le Crochet, ou Vosnes le Crochet, dont dépendait également la paroisse de Notre Dame de Vosnes. Il existait à Rochecorbon une mairie de Vosnes, fief du Crochet qui, en 1225, appartenait à Gauthier de Parthenay et dépendait de l'Archevêché.
Les propriétés du Crochet s'étendaient sur les communes de Rochecorbon, Monnaie et Saint-Georges-sur-Loire, et occupaient une superficie totale de 500 ha environ, dont les chanoines et les officiers recevaient les bénéfices, des biens en nature (froment, seigle, avoine, vin...) et de nombreuses rentes. Les terres se répartissaient ainsi :
- la Closerie des peslues (bâtiments, ustensiles de vendanges, vignes et prés)
- la Closerie du Morier
- la Closerie de Roquemaure
- la Closerie de la Gaillardière
- la Closerie des Pitoisières
- la Closerie des Dupuits
- la Closerie et Métairie de la Moussardière,
- la Métairie des Perthuis
- la Métairie de la Brunellerie
- la Métairie des Trois Chants
- 362 arpents de bois et taillis en plusieurs pièces au bois de Châtenay48 (soit environ 239 ha)
- 132 arpents de terrains vagues (89 ha)
- le domaine de Champlong
- le petit fief de la Bouchardière
Contrairement au château de Rochecorbon, de nombreuses propriétés dépendant du Crochet étaient situées sur le territoire de Rochecorbon.
- les Cartes : sur la route de Rochecorbon à Villeseptier ; près de cette propriété coule une fontaine à laquelle on attribuait des propriétés thérapeutiques. Les lieux se trouvent désignés dans les titres de 1728 et 1740 sous les noms des Grands et Petits Quarts ou les Cartes ou le Clos de Boissoleil.
Cette propriété est située dans la vallée du ruisseau de Rochecorbon. Elle relevait du fief du Crochet, Le chapitre de Tours y possédait une métairie qui lui avait été donnée en 1225. Une autre métairie appartenait en 1527 à Nicole Papillon, chanoine.
Le 4 juillet 1791, les terres et les métairies furent vendues comme biens religieux.
-
le Moulin de Touvoie : se trouve au bord du ruisseau de
Rochecorbon, sur la route de Parçay-Meslay. C'est une élégante
construction à toits prolongés. La tourelle hexagonale,
la poivrière, les fenêtres, les lucarnes, accusent
nettement l'architecture du XVème siècle. Il
a remplacé un premier moulin du XIIIème
siècle, nommé « Molendinus de Tevoie »,
en 1225. Il passa dans différentes mains, relevant tantôt
du Crochet, tantôt de Fontenailles, (d'après l'Abbé
Savoie). Tout près, se trouvait la fontaine à laquelle
furent attribuées des propriétés thérapeutiques.
Il existe plusieurs légendes autour de cette source :
- Jeanne d'Arc y aurait fait boire son cheval
- la belle Gabrielle d'Estrée, favorite de Henri IV y prenait fréquemment des bains ; cette eau serait également la célèbre eau de jouvence dont Louis XI prenait les eaux.
En fait, il semble que ce soit à Semblançay. Le moulin fut vendu le 28 février 1791, 11 000 livres.
Après la dernière guerre, il fut le décor extérieur du film de Jean Cocteau « La Belle et la Bête », avec, comme acteurs principaux, Josette Day et Jean Marais ainsi que le fameux cheval Aramis.49
- la Millardière : située sur le plateau, est une ferme que l'on trouve citée en 1520. Elle appartenait en 1520 à Gatien Barguin et, en 1740, à Jean Soulas, trésorier de France à Tours. Font partie de cette ferme, deux granges : la première, au bord du chemin, montre un superbe montant du même genre que celui de la Grange de Meslay. La seconde, un peu en retrait derrière le puits, possède une magnifique charpente, et, au-dessus de la porte, un médaillon.
- Les Clouets et les Hauts Clouets : dans ce village, l'on pouvait voir, avant la guerre 39-45, la maison qu'habitèrent les célèbres peintres Clouets (père et fils). Malheureusement, ce village fut complètement détruit au cours des derniers bombardements.
- La Vaudanière ou Dupinière50 : on y distingue le petit et Vaudanière. Le Grand Vaudanière est cité pour la première fois au IXème siècle. Il appartenait alors à l'oncle du seigneur de Rochecorbon, archevêque de Tours, qui le légua à sa mort à l'Église de Tours.
En 1218, le domaine fut rendu au seigneur de Rochecorbon. Cette propriété relevait du Crochet et appartenait:
- en 1760, à Mr Letort, président trésorier de France à Tours.
- en 1791, aux religieuses du Calvaire de Tours.
C'est sans doute à cet endroit que se situait le château primitif. On peut, en effet, faire un rapprochement avec le premier nom de Rochecorbon, Vodanum, et le nom de cette propriété, Vodanière.
- Le Morier : ancien fief du Crochet, appartenait en 1639, à Jean Patrix , au siège présidentiel de Tours ; la propriété passa ensuite au chapitre de l'Église de Tours.
- les Monteaux51 : une métairie dépendant du Crochet, située près du ruisseau de Rochecorbon. Connu dès le IXème siècle.
- la Moussardière : une métairie et une closerie sur la route de Villeseptier, appartenait au Crochet.
- la Gaillardière : une closerie, appartenait au Crochet et fut vendue nationalement le 19 septembre 1791.
- Villeseptier : était une grande propriété composée d'une ferme et d'un château. En 1520, elle appartenait à Gatien Barguin. En 1690, elle passa dans la famille Goyet, jusqu'en octobre 1765, date à laquelle le fief fut vendu à Josué Aimé Loiseau de Montangé, officier du régiment de Lorraine. Il ne reste aujourd'hui que la ferme. Le château brûla le 10 septembre 1919. Il appartenait alors à Mme de Bernière. Mr Vivet, qui participa à l'extinction du feu, fut grièvement brûlé.
Le Crochet possédait également des propriétés en dehors de Rochecorbon.
- la Bouchardière : faisait partie autrefois de la commune de Saint-Georges-sur-Loire, et s'étendait sur le territoire de Monnaie et de Rochecorbon. C'est un ancien fief, dépendant du Crochet. En 1573, il appartenait à Nicolas Touchard, qui le légua au chapitre de Tours, qui conserva la métairie jusqu'à la Révolution. Cette métairie fut vendue le 6 mai 1791, comme bien national.
- Champlong : alias le Frou en 1775. Champlong est cité sur les cartes de Cassini et de l'État Major, et est situé sur le territoire de Saint-Georges.
- la Rabaterie : relevait du Crochet suivant la déclaration féodale de 1740.
- la Malourie : relevait du Crochet et appartenait en 1740 à Mr N. Loppe de la Poterie.
- les métairies de la Brunellerie et des Trois Chants.
- les Belles Ruries : la métairie seule, dépendait du Crochet, et elle fut érigée en fief le 28 septembre 1600, en faveur de Claude Barentin, chanoine et grand archiprêtre de l'Église de Tours. Elle comprenait alors 84 arpents de terres labourables et de bois.
- Perthuis : ferme, citée sous le nom de Pertusium album en 1209.
Sur les trois paroisses de Rochecorbon, Saint-Georges et Monnaie, le Crochet possédait de nombreux terrains, bois et vignes.
Ces deux seigneuries avaient droit de haute, moyenne et basse justice, ainsi que tous les droits accordés par la coutume de Touraine aux seigneurs châtelains.52
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The illustrated London News, 21 janvier 1871 |
En fait, chaque région est plus ou moins laissée à elle-même, bien que dirigée par des comtes nommés par le roi. Dès qu'apparaissent les seigneurs châtelains (IXème et Xème siècles), le roi leur accorde un pouvoir de justice qui ne fera que s'amplifier dans les deux siècles suivants.
Il n'existe pas vraiment de code civil. Il y a à la fois des justices d'église et des justices seigneuriales. De plus, la France est divisée en deux :
- au nord, le droit coutumier qui entérine les abus
- au sud, le droit romain qui est écrit.
La Touraine appartient à la première catégorie et il faudra attendre le XVème siècle pour que la coutume de Touraine soit rédigée par Baudet Berthelot, lieutenant général du bailli de Touraine, et confirmée par un édit de Louis XI.
La hiérarchie de ces seigneuries se fait selon la fortune. Suivant son rang, le seigneur châtelain possède plus ou moins de pouvoirs :
- des pouvoirs juridiques
- des pouvoirs économiques
- des pouvoirs sociaux
Sur le territoire de la seigneurie, la vie se fait en autarcie.
« Sur la seigneurie vivent :
- des vassaux nobles, possesseurs de fiefs,
- des tenanciers, roturiers et serfs dépendant du seigneur et de ses vassaux, qui assurent la culture de la terre ,
- des personnes non impliquées dans la hiérarchie féodale, mais soumises à l'autorité du seigneur comme domiciliés dans sa seigneurie (alleutiers53, clercs, aubains54, juifs ... ) ».
Le seigneur était le maître dans sa seigneurie et ses terres étaient inviolables (clause qui, par la suite, ne fut pas respectée).
Il avait de nombreux droits, dont les plus importants :
- la justice
- lever des impôts
- battre monnaie
- lever une armée...
dépendaient auparavant directement du roi. Bien sûr, peu à peu, avec la monarchie, le roi reprendra des pouvoirs, mais il le fera souvent aux dépens de la paysannerie et de la bourgeoisie naissante.
A l'origine, Corbon (999) et son père furent des vassaux royaux, c'est-à-dire des officiers que le roi déléguait auprès de personnes importantes pour les aider dans leur charge (vassal d'Archambault de Sully, évêque, puis vassal royal auprès du comte de Tours). Ces offices furent transformés en fiefs.
Le roi permit à Corbon de construire son château : celui-ci devint de ce fait seigneur châtelain. Ce titre lui donna le droit de basse justice ; le seigneur s'occupe de juger les petits délits et les litiges (qui se passent sur sa seigneurie) avec droits d'amendes.
Vers le XIIème siècle, les châtellenies reçurent le droit de Haute Justice. Le paysan n'a alors aucun droit contre son seigneur, qui pouvait juger tous les délits à son profit et même punir de la peine de mort. Seuls les meurtres prémédités, les viols et les « boutements » de feu sont réservés à la Justice Royale. Les autres droits du seigneur châtelain sont nombreux :
- droit de banvin
- droit de prévôté
- droit de police
- droit d'avoir une potence
- droit d'établir aune, poids, balance et crochet (ce droit permet de comprendre les nombreuses différences de mesures d'une province à une autre, et même d'une bourgade à une autre)
- droit de fret
- droit d'instituer collèges, foires et marchés, aumôneries, maladreries, et d'avoir sceau de contrat.
Les foires avaient lieu à Rochecorbon les lundis de pentecôte.
Aux XIIème et XIIIème siècles se redécouvre une nouvelle source d'énergie : celle du moulin à eau. Les seigneurs, pour en tirer profit, firent construire des moulins à eau et eurent le droit d'obliger tous les sujets de leur seigneurie à venir moudre le grain à leur moulin en payant une redevance. Ce sont les moulins banaux. Ces moulins provoquèrent à Rochecorbon des différents entre le seigneur de Rochecorbon, Robert de Brenne et le Prévôt d'Oé.
D'après les Archives d'Indre et Loire :
- intervention du prévôt contre le seigneur dudit Rochecorbon, qui voulait assujettir les habitants de Vouvray à faire moudre à ses moulins.
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Extrait d’un album cartonné d’Eugène Delacroix (vers 1818-1822) |
- transaction entre les Chanoines et Robert de Brenne (seigneur de Rochecorbon) concernant la Haute et le Basse Justice, les cens ..., et les moulins construits sur la Loire.
En 1203, la Touraine fut rattachée au royaume de France. En 1204, Philippe Auguste créa le titre de Chevalier Banneret et, sans doute pour se rapprocher la noblesse tourangelle, il l'accorda à 50 Grands de Touraine, dont le seigneur Robert III de Brenne (seigneur de Rochecorbon). Ce titre donnait le droit de porter dans l'armée du roi une bannière dont la flamme était quadrangulaire (alors que celle des simples chevaliers était triangulaire), mais à la condition d'amener à leur suite un contingent de 50 lances, des archers et des arbalétriers.
Rochecorbon devint une baronnie en 1463 lorsque Hardouin IX vendit à Louis XI le château des Montils à la condition que le roi reconnaisse les trois seigneuries de Maillé, Rochecorbon et la vicomté de Tours sous le vocable de baronnie de Maillé et de Rochecorbon. Ce n'est, en fait, qu'un titre honorifique qui lui donne les droits de Hauts Justiciers et de Châtelains, qu'il possédait auparavant.
La baronnie de Rochecorbon était assez importante ; en 1619, lorsqu'elle fut unie au duché de Luynes, en même temps que Maillé, il y avait trois châtellenies et 22 fiefs qui en dépendaient.
- la paroisse de Chanceau-sur-Choisille
- Lignières (près d'Azay-le-Rideau)
- la Vallée et Boissé réunies en une seule châtellenie en 1650.
- Orfeuil
- la Côte ) à Reugny
- la Bellangerie à Vouvray
- la Rochère à Noizay
Les seigneurs hauts justiciers étaient secondés par des officiers seigneuriaux. Une grande seigneurie terrienne avait dans chacune de ses châtellenies : 1 bailli, 1 lieutenant, 1 procureur fiscal et 1 greffier.
La châtellenie est différente de celle de Rochecorbon, elle est en effet une châtellenie d'Église dépendant de l'Archevêque de Tours. Elle a cependant les mêmes droits que ceux que possédait la châtellenie du Château. C'est une châtellenie qui a droit de haute, moyenne et basse justice ainsi que tous les droits accordés par la coutume de Touraine aux seigneurs châtelains : prévôté, quinte, moulins.
Elle possédait deux moulins, celui de Touvoie et celui de Gravotte, tous deux construits sur des biefs du ruisseau de Rochecorbon. Cette châtellenie avait une très grande emprise sur de nombreuses terres de Rochecorbon.
Elle ne possédait qu'un fief : la Bouchardière.
La seigneurie du Crochet avait donc le droit de rendre la justice et possédait aussi des officiers dont un bailli et un procureur. Les seigneuries étaient puissantes car elles avaient tous les droits de justice. Peu à peu, le roi de France essaya de restreindre leurs droits en instituant divers fonctionnaires chargés de surveiller les agissements des nobles :
- Les intendants
- Les gouverneurs.
En fait, toutes ces juridictions subsistèrent jusqu'à la Révolution, même si leurs droits se sont amoindris au cours des siècles. En effet, pour nos deux juridictions, on retrouve des jugements rendus tard dans le XVIIIème siècle.
- en 1774, une copie d'un jugement rendu par la justice de la Baronnie de Rochecorbon.
- en 1775, différent réglé par la justice du Crochet.
FORTE EMPRISE DE L'ÉGLISE
D
Diocese de l'archevesché de Tours – Sanson - 1694
Rochecorbon fut dès le Vème siècle sous l'emprise de l'Église et ce jusqu'à la Révolution. Se trouvaient à Rochecorbon, de nombreuses chapelles et une église qui prouvaient, d'une part, l'esprit des français d'alors (la peur de la mort, la peur de l' enfer, la peur de la fin du monde), et, d'autre part, une certaine richesse.
Les évêques
de Tours étaient très puissants et possédaient
des territoires immenses sur toute la Touraine dès le Vème
siècle. Au IXème siècle, ce domaine
comprenait 27 communes entre la Loire et les limites septentrionales
de Touraine : ce domaine s'appelait la Viguerie de Gastine (le
premier village mentionné dans cette viguerie est Vernou,
villégiature estivale des archevêques de Tours). A cette
ép
oque,
le chapitre métropolitain réclama une part de ce grand
domaine, ce qui fut accordé par une bulle du Pape Benoît
III (855-858) : les chanoines eurent donc des domaines nommément
désignés et situés principalement sur les
communes de Rochecorbon et de Monnaie. En même temps que le
défrichement de la Gastine, le chapitre créa de
nombreuses paroisses surtout dédiées à la Sainte
Vierge : Notre Dame de Gastine, de Crotelles de Vosnes... « La
paroisse de Vosnes était à la présentation du
Doyen de Tours. Elle était située sur le territoire de
Rochecorbon. »
Notre Dame de Vosnes55 est donc l'actuelle église de Rochecorbon. C'est un monument du XIème siècle, agrandi au XIIème siècle, remanié au XVème et restauré en 1862 et 1921, et vers 1960.
« La nef a conservé à l'est des murs parementés en petits appareils du XIème, avec arases d'appareil moyen, vestiges de l'ancien édifice. Un doubleau, en arc brisé, la réunit à l'intertransept, voûté sur croisées d'ogives qui supporte le clocher dans l'étage du beffroi qui fut reconstruit au XVème ». A l'entrée, au-dessus du portail on remarquait jusqu'en 1902, un œil de bœuf qui avait remplacé le vitrail primitif, vitrail qui retrouva sa juste place après les réparations de 1921.
A l'extérieur, au-dessus de ce vitrail, on distingue l'ancien emplacement de ce qui pourrait être un avant porche de bois qui existait sur presque toutes les églises. Celui-ci permettait à tous ceux qui n'étaient pas autorisés à pénétrer dans l'église, (excommuniés et interdits...), d'assister aux offices. Actuellement, nous pouvons voir encore cette avancée aux églises de Parçay-Meslay, de Reugny, de Saint-Ouen-les-Vignes, pour ne citer que quelques exemples.
D'après un titre du XIIIème siècle, cette église a été également placée sous le vocable de Saint-Pierre. Puis, s'appelant à nouveau Notre Dame de Vosnes, elle ne prit le nom de Notre Dame de Rochecorbon qu'à la fin du XVIème siècle.
Dans le transept, l'on peut remarquer quatre grandes statues : Saint Roch, Saint Vincent, Saint Joseph et Saint Jean-Baptiste
Ce Saint Vincent, une statue de Saint Gilles, ainsi qu'un tabernacle furent exécutés par Louis Crucher au début du XVIIIème siècle. Ces deux dernières œuvres n'existent plus.
Au début du XIXème siècle, Julien Lobin, artiste peintre, né à Loches en 1814, décora de fresques l'intérieur de l'église, ces fresques en recouvrant certainement d'autres plus anciennes.
Le premier curé connu est Pierre Marquis, en 1493. Le 12 juillet 1493, Pierre Marquis, curé de l'église paroissiale de Notre-Dame de Vosnes de Rochecorbon, s'oblige à payer les annates56 pour ladite église, vacante par la résignation de Jean Lemercier, faite auprès du Saint-Siège (v. 150 I.), conférée veille des kal. d'avril, an 1 (1493-1494, fol. 55 r).
- 1508 : Yves Martineau
- 1624 : Pierre Maurice
- 1650 : Affray
- 1674 : Christophe Buais, prêtre du diocèse du Mans, qui, après avoir été écarté par le diocèse de Tours, fut pourvu en cour de Rome de l'église paroissiale de Rochecorbon.
- 1677 : c'est le vicaire général de Lyon qui nomme, contre l'avis du diocèse de Tours, Thomas Chaspoux en lui conférant la cure de Rochecorbon le 7 juillet.
- 1682 à 1711 : Mathieu Moulin, qui fut inhumé dans le chœur de l'église en 1713.
- 1727 : Guillard, neveu de Mathieu Moulin
- 1731 : Belluot
- 1768 : Pierre Denis Veyrat. En 1768, il y eut un mémoire des domaines de la cure présenté par le curé Pierre Denis Veyrat aux chanoines de l'Église de Tours, décimateurs universels de la paroisse de Rochecorbon, au sujet de la demande d'une portion congrue de 200 livres, faite par le sieur Petit, vicaire. Soit :
- vignes : 4 arpents, 16 chaînées.
- sainfoin situé devant la porte du presbytère : 1 arpent, 31 chaînées.
- prés : situés derrière l'église : 40 chaînées.
- 1792 : Mathieu Simorin, prêtre assermenté.
- 1793 : Abbé Sorin, curé constitutionnel, fut membre du conseil municipal de Rochecorbon en 1787. Il était assesseur du Juge de Paix pour Saint-Georges et donna sa démission à ce poste en 1793.
- 1798 : Michel Dumaine. Incarcéré le 18 brumaire an VII à 42 ans, puis déporté le 27 brumaire à l’île de Ré.
- 1803 : Michel Dumaine, ministre du culte catholique, fit jurement à la constitution le 10 fructidor de l'an dix de la République (1803).57
- 1820 : Marne
- 1837 : Autran
- 1856 : Desnoues
- Avril 1869-1891 : Mercier. Il fut membre de la commission administrative de la bienfaisance. En 1890, le budget de la Fabrique qu'il remit, avait un excédent de recettes de 4 076 Francs.
A sa mort, il fut inhumé dans le cimetière de Rochecorbon.
Le 26 avril 1891, n'étant pas encore nommé desservant titulaire, l'abbé Georges, réclame 131,20 Francs comme frais de déplacement depuis la mort de l'abbé Mercier.
Le 9 Juillet 1891, eut lieu la nomination de l'abbé Hivert au bureau de bienfaisance, en remplacement de Monsieur Mercier, décédé.
Dès 1891, en feuilletant les registres des comptes-rendus du conseil Municipal, nous pouvons remarquer que commencent entre la commune et l'église les problèmes annonçant la crise future au cours de laquelle s'effectuera la séparation de l'Église et de l'État.
L'abbé Hivert obtînt en 1891 l'autorisation d'établir « à ses frais », des cabinets d'aisance dans le prolongement de la sacristie côté midi. Le 9 décembre 1891, s'effectua la réfection et l'embellissement de la Chapelle de la Vierge par le peintre Baillon Grandin, spécialiste des monuments religieux. Les travaux furent effectués grâce au legs de 4 000 Francs de Monsieur le Comte de Pontecaire.
Le 15 novembre 1898, Monsieur le curé Hivert proposa au Conseil Municipal le projet de la création d'une école religieuse par Mmes Sœur Amélie et Sœur Mélanie Tissier. Ce projet fut refusé, le local choisi ayant été déclaré insalubre.
En 1898, il fut obligé de remettre les comptes de la Fabrique à Monsieur le Maire.
Il mourut en 1899, et fut inhumé dans le cimetière de Rochecorbon.
- 1899 : l'abbé Ferrand succéda à l'abbé Hivert. En novembre, la commune lui demanda de faire sonner l'Angélus du matin et du soir avec la grosse cloche, ainsi que pour les enterrements, sans distinction de classe.
En 1900, il reçut l'autorisation de la commune de planter des arbres au presbytère et le même conseil municipal décida que la réfection de la toiture serait à la charge de la Fabrique et non de la commune.
En 1902, il reçut un blâme de ce même conseil municipal car il avait fait reconstruire la Croix du Jubilé au bas du chemin qui va des Hautes Gâtinières à la rue des Clouets, sans autorisation dudit conseil municipal. Cette même année, il reçut l'autorisation de restaurer le portail de l'Église, ceci, grâce à la générosité de Monsieur Montjalon.
- 1911 : l'abbé Savoie. En 1919, il proposa au conseil municipal de faire des démarches pour classer l'Église, de Rochecorbon comme monument historique. Ce projet fut réalisé en 1923. L'Église est alors inscrite sur la liste des monuments classés par le ministre de l'instruction publique et des beaux Arts.
L'abbé Savoie fut également l'auteur d'une petite monographie sur Rochecorbon.
- 1931 : l'abbé Legoff.
- 1956 : l'abbé Joubert. C'est pendant son ministère à Rochecorbon que furent entrepris des travaux de restauration à l'intérieur de l'Église par les Beaux Arts.
- 1967 : l'abbé Senamand vit la construction du nouveau presbytère.
- 1972 : l'abbé Lehoux.
Les cimetières, avant une loi qui les interdit à l'intérieur des villes, étaient situés autour des églises. On assista donc, avec plus ou moins de retard dans l'application de la loi, à un transfert des cimetières vers l'extérieur des villes.
Le 9 août 1891, le conseil municipal de Rochecorbon décida le déplacement du cimetière. Le choix du terrain ne se fit pas sans peine ; ce n'est que le 19 février 1893 que l'emplacement du nouveau cimetière au lieu dit la Charité, fut décidé. Entre-temps, d'autres terrains avaient été proposés, puis rejetés pour diverses raisons (terrains de nature rocheuse, terrains humides...)
En 1891, le projet de budget pour le cimetière était de 3 600 Francs ; le devis effectué en juillet 1893, par un architecte de Tours, était de 9 500 Francs ; en fin de réalisation, le coût de revient fut de 15 637,78 Frs, soit :
achat du terrain 5 001,48
constructions et frais d'achats 9 702,30
notaire 934,00
L'inauguration eut lieu le 25 août 1895. Une concession gratuite à perpétuité fut alors offerte pour le premier occupant quelle que soit sa situation de fortune. Les tombes de l'ancien cimetière furent alors transférées. En février 1900, le conseil municipal décida le transfert des cendres du Docteur Lebled dans le nouveau cimetière, inaugurant ainsi l'emplacement réservé pour les bienfaiteurs de la commune. En 1920, on attribua un emplacement réservé aux militaires morts pour la patrie.
L'ancien cimetière fut classé jardin public en juin 1901, puis déclaré place publique en mai 1910.
L'ancien cimetière avait été mis à l'ordre du jour des divers Conseils Municipaux,
- en 1802, pour la vente en adjudication de l'herbe du cimetière (vente annuelle).
- en 1892, pour employer quelqu'un pour tondre l'herbe du cimetière (on ne devait plus trouver d'adjudicateur).
En plus de l'Église, il existait à Rochecorbon de nombreuses chapelles, des chapelles séculaires ou des chapelles dites bourgeoises.
Les chapelles bourgeoises sont des chapelles situées dans des maisons bourgeoises. Il y en avait plusieurs à Rochecorbon : Rosnay, Vaudanière, Villeseptier, les Patys, Vaufoinard, les Pélus, Bellangerie, Bellevue58...
En dehors de ces chapelles, il y en avait d'autres qui étaient desservies par des séculiers.
Chapelle Saint-Roch : elle n'existe plus et nous n'en connaissons pas l'emplacement exact. Elle était bâtie en forme de tour.
Lors de la vente des biens nationaux, la paroisse de Rochecorbon s'opposa à l'adjudication de la chapelle dont elle se prétendait propriétaire. L'opposition fut rejetée, la municipalité n'ayant joint aucun titre de propriété. Elle fut donc vendue à Monsieur Pailly Dumesnil (2,21 ha). En 1792, une délibération du Conseil Municipal de Rochecorbon porta la transcription de la cessation de la Chapelle Saint-Roch acquise par Monsieur Pailly Dumesnil en 1791, au profit de la commune de Rochecorbon. Le presbytère se trouve peut-être rue Saint-Roch aux n° 31-33-35. II s'agissait sans doute de la chapelle desservant la maladrerie qu'on disait se tenir au lieu-dit Vauvert.
Chapelle Saint-James : fut bâtie en 1532, et consacrée le 16 février 1533. Tout d'abord placée sous le vocable de Notre Dame, elle devint plus tard une chapelle dite de Saint-James. Elle avait dû remplacer pour le culte une ancienne chapelle située dans l'enceinte même du Château. Elle était complètement ruinée à l'époque de la Révolution.
En effet, dans un procès verbal d'estimation du 28 germinal an III (1796), il est dit : « Nous nous sommes transportés sur un emplacement de masures qu'on dit être l'ancienne église de Rochecorbon, connue sous le nom de la Chapelle Saint-James dépendant de l'Église de Tours... ». Cette chapelle, d'après le même document, joignait un petit chemin allant de la Basse Rivière à la Grande Rue (rue du Docteur Lebled) et au roc. Il ne s'agit donc pas de l'Église de Rochecorbon, comme en fait mention ce procès verbal, mais de la chapelle construite en 1532, se trouvant sur l'emplacement de la boucherie actuelle, au coin de la rue des Basses Rivières et de la rue du Docteur Lebled. Sa superficie était de 3 chaînées et demie (environ 180 m2).
Chapelle Saint-Jacques : elle est mentionnée dans une charte de 1157 elle était desservie alors par un prêtre nommé Vitel.
Chapelle Saint-Baptiste : elle a été détruite en 1614. Ses revenus et ses biens avaient été réunis à ceux des chanoinesses de Luynes.
Ces deux dernières chapelles étaient situées dans l'enceinte du château.
Carré de Busserolle mentionne une autre chapelle dite de la Trinité, mais personne n'en connaît ni la date de construction, ni le lieu.
Chapelle des Souchots : est une chapelle aménagée dans le roc, probablement au XVIIème siècle. Sa muraille est creusée de niches ayant abrité des statues. On y a sans doute dit la messe pendant la Révolution, Au XIXème siècle, Madame Borde, propriétaire de la Bellangerie y fit aménager, après l'accomplissement d'un vœu, un sanctuaire qui devint lieu de pèlerinage sous le nom de Notre Dame des Roches.
Le Crochet est une châtellenie d'Église et, comme nous l'avons vu, Rochecorbon était une des paroisses où, dès le Vème siècle, l'Église avait une forte emprise jusqu'à la Révolution, l'Église était très riche et possédait de nombreuses propriétés dont elle tirait d'importants bénéfices. Il faut cependant distinguer dans ces biens d'Église, l'Église de Tours et l'Abbaye de Marmoutier.
a) L'Archevêché ne possédait presque rien à Rochecorbon au moment de la Révolution.
- Vauvert : ancien fief, relevant de l'Archevêché de Tours. En 1336, il appartenait à Guillaume de Chargé, qui rendit un aveu. Le 11 juin 1374, Guyou de Curzay rendit hommage pour le même fief. Le 8 ventôse de l'an VII, le domaine de Vauvert fut vendu nationalement sur N. de Champnoir, émigré. La légende dit qu'à cet endroit, au Moyen-Âge, se trouvait une léproserie.
b) Le Chapitre de l'Église de Tours ou Chapitre de Saint-Gatien de Tours fut créé par Saint Baud au VIème siècle sur Rochecorbon. Ce chapitre possédait :
- Rocnauve : Roque-Nauve est une ancienne propriété de l'Église de Tours, c'était la demeure du Chanoine qui desservait la Chapelle de Saint-Jean l'Évangéliste, Elle fut vendue nationalement le 21 septembre 1791.
- La Vinetterie : est une ancienne propriété de l'Église de Tours. Le chapitre de l'Église de Tours y possédait une closerie qui lui avait été léguée, en 1697, par Monsieur Hémon, chanoine.
- la Dubinière59 : il existe un acte de vente du 13 juin 1542, de François Menant à Jean Barentin. Plus tard elle fut possédée par le Chapitre de l'Église de Tours.
- le Morier : il s'agit peut-être d'une propriété
qui englobait un ensemble de maisons dont celle du 12, rue du
Peu-Boulin, sur laquelle on remarque quatre têtes sculptées.
Le fief passa, au XVIIème siècle, au
Chapitre de Tours. Il fut vendu comme bien national le 26 février
1791
.
- la Moussardière : (petit clos en 1740), propriété de l'Église de Tours le 14 février 1716. Elle fut vendue nationalement en 1791. Près de la ferme est une fontaine qui était considérée comme ayant des propriétés thérapeutiques.
- les Montants ou Monteau : cette propriété s'est appelée villa Monticellis, au IXème siècle. En 860 l'archevêque de Tours, Hérard, fit don de ce domaine à l'abbaye de Cormery. L'Église de Tours, chapitre de Saint-Maurice, fut confirmée dans cette possession par Charles Le Gros, en 886.
C'est la plus ancienne maison connue de Rochecorbon. Elle fut vendue comme bien national le 26 février 1791.
- dans le village des Pitoisières, l'Église de Tours possédait une métairie qu'elle avait achetée en 1769. Ces locaux furent aménagés au XVème siècle. Elle fut vendue nationalement le 21 septembre 1791 pour 33 700 livres. Cette métairie était située à l'endroit où fut construit le château moderne de Bellevue : tout près, nous voyons une chapelle creusée dans le roc. La maison actuelle des Pitoisières, au 28, rue des Hautes Gâtinières date des environs de 1650. A côté, nous pouvons voir une maison troglodyte, nettement antérieure à celle-ci (la métairie), au 24, rue des Hautes Gâtinières.
- la Gaillardière : la ferme appartenait à l'Église de Tours, et fut vendue nationalement le 19 septembre 1791.
L'abbaye de Marmoutier fut fondée en 372, par Saint-Martin. Elle fut pillée en 853, par les Normands. C'est plus tard à la fin du Xème siècle, que commença la fortune de l'Abbaye, qui devint l'une des plus riches de l'Europe, grâce à de nombreux dons des rois et des grands seigneurs. De par sa proximité de Rochecorbon, elle eut de nombreux rapports avec les seigneurs de Rochecorbon.
Elle possédait de nombreuses propriétés sur ce territoire.
- le Château de Sens : appartenait à l'Abbaye, et relevait du château de Tours. Il fut vendu comme bien national le 28 janvier 1791.60
- le Moulin Gravot : nommé Gavot en 1592, et Gravot ou Gravotte en 1744. Tout près, coulent les eaux de la Fontaine de la Tour, qui se jettent dans le ruisseau de Rochecorbon.
D'après Monsieur Caisso, il n'a été retrouvé aucun Gravot dans les états des ventes des biens nationaux.
- au village des Pélus ou Grande Cour, Marmoutier possédait une métairie qui lui avait été donnée le 22 juin 1725. Cette métairie fut vendue nationalement le 21 septembre 1791.
- le Puits ou Puy : est une ferme, située à Rochecorbon, d'après Monsieur Carré de Bousserolle. Elle fut vendue nationalement le 21 septembre 1791.
- Mauny : s'est appelé « Molnitus seu Canariae » au IXème siècle, et « Manérium de Malonido » en 1321, d'après une charte de Saint Martin. C'est un ancien fief relevant de la Salle Saint-Georges. Le domaine appartenait en 1309 au chanoine de Bayeux, qui, par son testament, daté de 1316, voulut que le château fut vendu et que l'on employât son prix à la conquête de la Terre Sainte.
Ce testament ne fut pas exécuté et Mauny échut à Jean Patrix, qui le donna à l'Abbaye de Marmoutier en 1319. Il fut vendu nationalement le 1er juin 1791.
Tout près du château se trouve l'entrée d'un souterrain.

Pierre Mérovingienne
Église de Saint-Georges – Rochecorbon
SAINT-GEORGES-SUR-L0IRE
Il s'agit d'une ancienne paroisse, réunie à celle de Rochecorbon le 2 février 1808. De nombreuses maisons sont citées comme faisant partie de cette paroisse (Ravinière, Dorerie, la Planche…), mais les limites exactes n'en sont pas connues.
En 1256, elle s'appelait « Parochia S. Georgii » (d'après une charte de Marmoutier), puis « Parochia S. Georgii super Ligerium » (au XIIIème siècle, d'après un cartulaire de l'Archevêché de Tours), puis Saint-Georges-sur-Loire lez Marmoutier, en 1536, et, pendant la Révolution en 1793, Georges du Petit Rocher.
Ce fut sans doute un habitat ancien. En effet, il a été trouvé en 1851 une tombe paraissant appartenir à l'époque mérovingienne (448-752), qui contenait des perles, un anneau en cuivre et un bracelet. Tout ceci fut confié au Musée de la Société Archéologique de Tours.
Ce fut une paroisse, puis une commune à part entière, indépendante de sa voisine : Rochecorbon.
Ce fief s'est appelé successivement : Salle d'Enfer en 1256 et 1300, Terre d'Enfer en 1411, Hôtel Noble de la Salle en 1659, puis enfin la Salle Saint-Georges.
Le logis seigneurial était taillé dans le roc61. En 1975 on n'en voit plus que quelques restes : un mur et un escalier gigantesque de 122 marches et six paliers, dont les deux premiers sont taillés dans le roc. Cet escalier permettait aux soldats d'accéder facilement du fond de la vallée sur le haut du coteau sans être aperçus. On appelle cet escalier « l'escalier des Anglais » peut-être en souvenir de la guerre de Cent ans.
Ce château appartint successivement
- en 1256, à Philippe Patrix
- en 1392, à Jean Patrix qui le vendit en 1411
- en 1411, à Jean Peigné
- vers 1430, Jean Peigné le céda à Jean Dupuy
- en 1456, à Jean Bonnefont
- en 1475, à Raoulin le Boucher, marié à Alienor Dupuy
- en 1480, à Jean Toreau (bourgeois de Tours)
- en 1506, à Raymond Garnier
- en 1538, il était la propriété de Jeannot, Mathieu et Michel Bonnenfant
- en 1540, à François Bonnivalle
- en 1548, à Jean de Cyngy
- en 1571, à Pierre Martineau
Vers 1600, il fut racheté par le chapitre de l'Église de Tours qui le paya avec la somme qui lui avait été donnée à cet effet par Marie de la Croix.
L'Église de Tours le possédait encore en 1789. Il fut vendu nationalement le 8 février 1791.
De ce château dépendaient de nombreuses propriétés sur le territoire même de la paroisse de Saint-Georges.
Les domaines relevant ou dépendant de Saint-Georges sont classés à part, étant donné que cette paroisse fut autonome jusqu'en 1808.
- La Ravonière, la Dorerie, la Planche (la Planche d'Asnières en 1789), sont des fermes dont nous n'avons rien de précis, qui étaient situées dans la paroisse de Saint-Georges.
- la Valinière : cette ferme appartenait en 1789 à Jean Baptiste Philippe Miron, bourgeois de Tours.
- la Saboterie : relevait censivement de la Salle Saint-Georges.
- les fermes des Grand et Petit Beauregard appartenaient de 1740 à 1790, à l'Hôtel Dieu de Tours, et elles furent vendues nationalement le 19 germinal de l'an III. Alfred de Vigny avait décrit cette propriété dans les premières pages de « Cinq Mars », c'était primitivement l'une de ces grandes salles que les habitants avaient creusées afin de s'y réfugier lors des invasions.
-Maulny ou Mauny : fut appelé Multinus sur Canariae au IXème siècle; puis Manerium de Malonido en 1321, d'après une charte de Saint Martin. C'était un ancien fief relevant de la Salle Saint-Georges. (Pour le détail de cette propriété, se reporter au chapitre III).
- Rosnay : le château s'appelait le Petit Ronnay en 1741.
- les Armuseries :
la construction de 1669 éta
it
entourée de terres, de bois et de vignobles entre Rochecorbon
et Parçay-Meslay. Sous Louis XIII, il s'agissait d'un
rendez-vous de chasse.
II--
L'EGLISE DE SAINT-GEORGES62La chapelle dite de Saint-Georges est l'ancienne église paroissiale de la commune de Saint-Georges. C'est un édifice du XIème siècle, remanié et agrandi au XIIème. On aperçoit sur la façade des pierres mérovingiennes incrustées au milieu des pierres de taille. « Le chœur rectangulaire appartient à l'édifice primitif, mais les murs ont été surélevés au XIIème en conservant au sud la petite fenêtre en plein cintre du XIème".
Le
porche primitif en plein cintre modifié au XIIème
a été condamné lors de la construction d'une
maison au sud. A l'ouest, il y a également des restes de
fresques très abîmées. La porte latérale
date du XVIIIème, comme la charpente qui couvre la
nef. Sur la voûte du chœur, l'on peut remarquer les
restes d'une fresque du XIIème, représentant
un Dieu bénissant, dans une amande entourée d'anges.
Ces fresques sont malheureusement très abîmées,
surtout par l'humidité. Dans le chœur, il existe un
petit vitrail du Xème siècle (ou XIème),
récemment restauré. Il existe également une
pierre tombale dont les inscriptions sont malheureusement illisibles.
Au nord, sous le clocher, se trouve une petite chapelle qui
communique avec la sacristie creusée dans le roc. La statue de
Saint-Georges fut exécutée par un Rochecorbonnais
habitant le Peu Boulin. Celui-ci étant amateur en matière
de sculpture, dut s'y reprendre à trois fois pour la réaliser.
Cette église possédait ses propres curés dont le premier connu est Pierre Marthineau en 1536.63
Puis il y eut :
- en 1737, V. Roy.
- en 1753, François Harouard, décédé le 18 novembre 1782.
- en janvier 1783, Le Bert.
- en juin 1783, Louis François Denis Roboteau, mort le 20 août suivant.
- en novembre 1783, Joubert.
- de décembre 1783 à avril 1791, Barbier.
- en 1791, Gatien, curé constitutionnel.
- en 1804, Baulé.
En 1215, un curé de Saint-Georges, dont nous ne connaissons pas le nom, aurait écrit un volume relatant ce qui se passait à Saint-Georges et à Rochecorbon entre les batailles de Freteval en 1194 et Bouvines, en 1214. Malheureusement, ce volume disparut en 1940, lors de l'arrivée des Allemands.
Cette chapelle possédait diverses propriétés et bénéfices dans les environs de Tours :
- une maison située rue de la Juiverie à Saint Pierre des Corps,
- une vigne à Saint-Georges sur Loire,
- trois arpents de pré à Monts,
- une rente due par un domaine situé Val d'Orquaire à Bléré.
Sur le territoire de Saint-Georges se trouve, située un peu en contrebas de la route de Saint-Georges qui va de la RN 152 à l'Église Saint-Georges, une autre chapelle : la petite chapelle Saint-Germain. Elle est citée la première fois dans une charte de Geoffroy de Brenne seigneur de Rochecorbon, en mars 1221, puis à nouveau dans un titre de 1740. C'est une chapelle du XIIème siècle dont les petites fenêtres en plein cintre, étroites comme des meurtrières, font penser à une chapelle fortifiée.
Il y avait également dans la paroisse deux chapelles bourgeoises, dont une à Rosnay.
Il n'existe pas de nombreux détails sur cette paroisse. Avant la Révolution, elle constituait un « fief » relevant de l'Archevêché de Tours à foi et hommage simple et six deniers de service annuel.
Le seigneur devait en outre une livre de poivre, qu'il était tenu d'offrir tous les ans à l'Archevêque de Tours ou à son représentant dans le cimetière de Saint-Georges.
Le 11 juin 1747, eut lieu à Saint-Georges la bénédiction d'une cloche nommée Marie, par Messire François Payelle, chevalier de Saint Louis, capitaine ingénieur en chef et par Dame Marie-Louise Cossard de Marchebourg, veuve de Messire Thomas Pallu, procureur du roi en l'élection de Chinon.
Après 1789, de nombreuses propriétés de la commune de Saint-Georges, appartenant à l'Église de Tours, furent vendues comme bien national.
En 1792, Saint-Georges connut son premier maire, le citoyen Gautier. Il fut suivi dans ces fonctions par :
- en 1801, Monsieur Duchamps de la Frillière.
- en 1806, (15 juillet), Monsieur Legras.
- en 1807 (7 novembre), Monsieur Brault. Il fut le dernier maire de Saint-Georges, cette commune étant réunie à celle de Rochecorbon, suite à un décret du 2 février 1808.
C'est peut-être la faible superficie ou plutôt sa faible population qui fit prendre cette décision. La population de Saint-Georges ne fit, en effet, que décroître au XIXème siècle :
1801 278 habitants
1808 270 „
1880 133 „
De cette courte période communale, furent retrouvés dans les archives de la mairie de Rochecorbon les comptes-rendus des délibérations des réunions du Conseil Municipal de Saint-Georges, dont voici quelques extraits :
- le 3 février 1793, Sorin, curé de Rochecorbon, déclara qu'il donnait sa démission de sa fonction d'assesseur de juge de paix.
- en mars 1793, le conseil municipal relate l'enrôlement « volontaire » de plusieurs citoyens (certainement pour les guerres contre les Prussiens et les Espagnols),
- le 18 ventôse de l'an X de la République (1801) : il fut fait un inventaire de l'église de Saint-Georges et, entre autres, il existait un registre des naissances et mariages depuis le 1er mai 1594 (ce registre a disparu).
À partir de 1808, les habitants de Saint-Georges furent obligés de faire passer leurs revendications par la mairie de Rochecorbon. En novembre 1888, le conseil municipal de Rochecorbon décida de vendre le cimetière de Saint-Georges considéré comme « non rentable »… Cette histoire dura de nombreuses années avant d'être réglée.
- En 1888, le conseil municipal de Rochecorbon déclare qu'il est urgent d'effectuer des réparations sur l'église de Saint-Georges. Les travaux sont, en fait, exécutés grâce à un don de Monsieur Arthur Viot, que le conseil remercie vivement en mai 1889.
- le 15 août 1889, un certain nombre d'habitants de Saint-Georges rejetèrent le projet de vente du cimetière de Saint-Georges, situé alors sur la place de l'église, et demandèrent s'il n'y avait pas la possibilité de le transformer en place publique.
- le 6 février 1890, les frais d'entretien du cimetière de Saint-Georges sont trop élevés, le conseil municipal redemande au préfet l'autorisation de le vendre.
- le 19 février 1893, il y eut une pétition des habitants de Saint-Georges demandant le rétablissement de leur fête locale, et la transformation du cimetière en place publique.
Ce sont les habitants de Saint-Georges qui obtinrent gain de cause, heureusement pour la chapelle Saint-Georges qui se trouverait peut-être actuellement entourée de maisons.
ROCHECORBON SURTOUT UN PAYS DE PAYSANS ET VITICULTEURS ATTACHES A LEUR TERRE
La population de la France fut longtemps une population à majorité paysanne. Au XVIIème siècle, les paysans représentaient 90% de la population totale française et ne possédait qu'un cinquième de la terre cultivable. Les 10% de la population restante le roi, la noblesse, le clergé et quelques bourgeois, en possédaient les quatre cinquièmes.
Rochecorbon, commune rurale, n'échappe donc pas à cette règle. Exceptés quelques bourgeois, le clergé, quelques officiers seigneuriaux et royaux, le reste de la population travaille la terre qui appartient presque en totalité au Seigneur de Rochecorbon, à la Châtellenie du Crochet, à Marmoutier...
Les terres sont données en location à des paysans sous forme de fermage, de métayage ou autres formes de mise en valeur.
Jusqu'à une période assez avancée du Moyen-Âge, (du XIème au XIIIème siècles), il était distingué en France deux catégories de paysans :
- les hommes libres qui étaient de loin les plus nombreux, et qui avaient la propriété utile de leur tenure (c'est-à-dire la terre que le seigneur donnait à chaque paysan, et qui était suffisante au XIème siècle pour toute sa famille). Les paysans avaient tous les droits sur leur tenure : droit d'héritage, de vente, et, peu à peu le seigneur ne reçoit plus que le cens (qui est une somme dérisoire) dont le paiement est la reconnaissance de propriété du seigneur.
- les serfs étaient directement attachés au seigneur et pouvaient être vendus, échangés seuls ou avec femmes et enfants, avec le domaine sur lequel ils travaillaient. On retrouve dans les archives certaines de ces transactions :
« Robert des Roches, en 1088, affranchit quatre serfs : Renaud, Berthe, Ermusande et Guntilde ».
« en 1096, Robert des Roches, seigneur de Rochecorbon, avec sa mère Sébille, donnèrent à l'abbaye de Marmoutier une servante nommée Ermeline, femme d'Odon des Rochettes, avec ses enfants nés et à naître ».
Toutefois, les serfs obtiennent peu à peu leur liberté par rachat ou tout simplement par affranchissement en récompense de services bons et loyaux :
Cette émancipation s'est d'abord faite lorsque les seigneurs partirent pour les croisades. Elle s'accentua ensuite au moment de l'essor économique et démographique des XIème et XIIème siècles, qui entraînera le mouvement des défrichements.
Ces paysans pouvaient devenir propriétaires de plusieurs façons :
- soit par l'achat de terres (après leur affranchissement, pour les anciens serfs)
- soit lorsqu'ils défrichent et mettent en culture des terres dites incultes sur des terrains communaux. Ce fut sans doute le cas pour les fermes isolées du nord de la commune (la Blanchetière, la Baltière, la Bouchardière...)
- soit par des terres qu'ils gagnaient sur le domaine du seigneur ou du clergé. La coutume permettait aux paysans de cultiver des terres laissées en friches : si, pendant dix ans on ne leur réclamait rien, cette terre leur appartenait et n'était soumise à aucune reconnaissance ni à aucun impôt vis-à-vis de l'ancien propriétaire.
Cette terre était appelée allodiale, ou alleu, Ceci s'est produit relativement souvent lorsque les seigneurs étaient Partis guerroyer (croisades, guerres contre les Anglais - ou guerres entre seigneurs). On rencontre à Rochecorbon un lieu dit « l'Alleau », qui est peut-être un dérivé de l'alleu.
Au cours des siècles, cette situation s'est transformée. Au XIIIème siècle, les structures foncières telles que nous les connaissons actuellement (même si les proportions sont quelque peu modifiées), étaient déjà établies. Il était distingué, en effet, plusieurs sortes de contrats entre les propriétaires et les paysans :
- le fermage : les paysans devaient un loyer de 5 ou 6 % de la valeur de la terre, maïs ils jouissaient de la récolte toute entière. Le contrat de bail était renouvelable tous les trois ou six ans ; le propriétaire fournissait les terres, la maison et quelquefois les outils.
- le métayage : les paysans recevaient du propriétaire la maison, les terres, le matériel agricole et parfois les animaux. Ils devaient payer en retour une redevance proportionnelle à la récolte produite (moitié pour le propriétaire et moitié pour le paysan). C'est le métayage qui est le plus répandu.
- la closerie : c'est une forme spécifique liée à l'exploitation viticole sur les rives de la Loire. Le bail est d'un an renouvelable.
Au Moyen-Âge, le paysan possède des outils rudimentaires maïs dont certains ont été redécouverts aux XIème et XIIème siècles :
- la charrue, tirée par un homme ou un bœuf, ou par un cheval ; ce dernier était le signe d'une certaine aisance, car le fermier possédant un cheval pouvait 1e louer au moment des récoltes.
- la herse
- la houe
- la faucille
Jusqu'au XVIIème siècle, il n'y a pas eu de découverte.
Le seul grand progrès est la faux ; en effet, auparavant les moissons se faisaient à la faucille.
Le travail des champs se faisait donc très lentement. Mais aux moissons, aux vendanges, on entendait rire et chanter dans toute la campagne. Ces travaux demandaient beaucoup de main-d’œuvre et tous les paysans s'entraidaient. Les femmes, les jeunes filles et les enfants se faisaient une fête de ces moments des récoltes.
Les paysans connaissaient différentes techniques afin que la terre ne s'épuise pas, ne se dégrade pas et ne retourne pas en friches :
- les cultures itinérantes qui se font sur les terres les plus pauvres. Les paysans abattaient les taillis dont ils faisaient brûler les souches, Les cendres étaient alors utilisées comme engrais.
- l'assolement, une année de culture de céréales panifiables, quelquefois une année de cultures fourragères, mais ceci à partir du XVIème ou XVIIème siècle,- et une ou plusieurs années de jachères (champs non cultivés sur lesquels les paysans laissaient souvent paître les troupeaux). Sur ces terres, les cultures étaient diverses.
On trouve à Rochecorbon trois sortes de terroirs qui correspondent en général à trois sortes de mises en valeur différentes :
- la vallée est recouverte par les alluvions de la Loire, apportées lors des inondations (avant la construction des digues). Ces sois fertiles favorisent les cultures maraîchères (fruits et légumes). Les cerises et les prunes de Rochecorbon étaient fort connues.
- le bord du coteau dont les sols sont favorables à la vigne.
- le plateau, au sol plus maigre, certainement occupé longtemps par des bois qui durent être défrichés à partir du Xème siècle, lors du mouvement de déboisement. Les bois de la Garenne, les bois des Souchots, les bois de Saint-Georges... ne seraient que des bois reliques.
Les plantes cultivées en Touraine sont très originales. « La vallée de la Loire et les vallées qui y découchent bénéficient d'un microclimat favorable à certains végétaux d'origine méditerranéenne, tels le grenadier, le figuier rouge, le câprier épineux, l'olivier et un grand nombre d'autres plantes."
Les paysans cependant cultivent tout spécialement le blé (froment, seigle, orge), ainsi que toutes les céréales panifiables la production était souvent insuffisante,
Ils cultivent également :
- l'avoine : n'a fait son apparition qu'au XVIIème siècle.
- le chanvre et le lin : ces deux récoltes servaient pour la confection de fibres pour le vêtement. Le curé constitutionnel Sorin possédait un chenevrail au moment de la révolution.
- la pomme de terre, importée d'Amérique du sud depuis le XVIIème siècle, mais qui est surtout utilisée pour la nourriture du bétail...
Ils cultivent aussi le millet, l'anis, le sésame, la réglisse et d'autres plantes médicinales plus méridionales. Ces cultures disparurent au XVIIème siècle. De nombreuses cressonnières poussent auprès des sources et du ruisseau de Rochecorbon (Cartes, Planche, Moussardière ... ).
La Vigne
La plus grande culture de la région est le vignoble. Le gaulois plante la vigne, mais ne sait pas la tailler : « elle court en foule sur le sol et le vin qu'elle donne est un fruité rouge que le gaulois apprécie.''
Les
romains connaissaient depuis longtemps le vin qu'ils importaient
d'Espagne et de Grèce, Domicien, empereur romain (81-98)
ordonna d'arracher toutes les vignes de Gaule. En Touraine, elles ne
furent replantées que vers l'an 249 par un certain soldat
romain Probus.
D'après la légende, les premières vignes replantées sur Rochecorbon, et surtout Saint-Georges, le furent par Saint Martin.
Les traditions nous rapportent également que Saint Martin enseigna la taille de la vigne à ses moines : « il possédait deux vignes et un âne, l'une d'elles fut broutée par l'âne et l'autre non, et au moment de la vendange, la première porta de bons raisins et l'autre rien que des grapilles. Guidés par l'expérience, les moines suivirent l'exemple de l'âne, auquel le saint donna son nom... et depuis ce temps, tous les ânes s'appellent Martin ».
Si ce sont les romains qui sont vraiment les premiers à cultiver la vigne en Touraine, l'extension de cette culture sur les coteaux de Rochecorbon et de Vouvray est sans doute l'œuvre des moines de Marmoutier. Ce n'est qu'à partir du IXème siècle que les avantages de la plantation sont reconnus. Les moines de Marmoutier continueront à cultiver le cep et à enseigner la fabrication du vin.
Au départ, la vigne appartient aux communautés religieuses, (vin de messe), puis, très vite, aux nobles en aux bourgeois (dès le XIème siècle, toutes les seigneuries religieuses ou non possèdent des parcelles de vigne ; cf. les textes de l'époque).
Les propriétaires des parcelles louaient ces champs de vignes entourés de haies ou de murs, appelés closerie (fermé) à des closiers. Chacun de ceux-ci s'occupe de 2,5 ha de vigne qu'il reçoit du propriétaire et avec lequel il a passé une convention. Il touchait un salaire fixé à l'avance pour les quatre travaux suivants : tailler, bêcher, rabattre, et biner. « Tous les travaux supplémentaires pour la culture et l'entretien de la vigne (plantation, arrachage, mise en place et enlèvement annuel des échalas, provignage, terrage, travaux de vendange) sont rémunérés à part. » Le closier est un des paysans qui a le plus de sécurité, le propriétaire lui fournit un logement, un jardin et il élève aussi des bêtes.
Cette mise en valeur était courante, si on en juge par les nombreuses parcelles s'appelant clos (clos Chevrier, clos Mignon ... par les nombreux textes indiquant le terme de closerie (closerie des Cartes, closerie des Pitoisières, closerie Saint Jean ...) et par les ventes de parcelles de vignes en 1791 (ventes de biens nationaux).
Ces lieux ont gardé leurs anciens toponymes, bien que de nos jours la plupart des haies et des murs aient disparu.
Le vin de Loire était
exporté vers Paris, les Flandres, la Hollande ... Le trajet se
faisait par la Loire sur des bateaux à fonds plats ; les vins
voyageaient sous lies et en fûts perdus ceci explique
l'importance de la tonnellerie dans la région de Tours
(Rochecorbon avait trois tonneliers dans son conseil m
unicipal
de 1781). Rochecorbon, Vouvray et Saint-Georges envoyaient environ 9
000 pièces (soit environ 198 000 hl) par an vers Nantes.
Les vins de Rochecorbon, Vouvray et Saint-Georges eurent toujours une grande renommée. En effet, chaque village avait son cru particulier, et Rabelais disait : « À Vouvray, le renom, à Rochecorbon, le bon ».
Et nombreux furent ceux qui apprécièrent le vin de Rochecorbon : François 1er, Jules Romains ... A Tours, tous les ans, chaque chanoine recevait du chapitre de Tours, une somme de 92 livres 10 sols pour leur vin de Rochecorbon et de Montlouis.
Au XVIIème siècle, la possession de vignes devint le signe d'un certain rang social. Peu à peu, les bourgeois de Tours, d'Amboise et de Montrichard- achetèrent les vignes les mieux exposées, qu'ils firent valoir par l'intermédiaire de closiers. Les bourgeois ne paraissaient sur leurs propriétés qu'à l'époque des vendanges. Cet achat de vignes explique en partie le morcellement des terres en nombreuses petites parcelles.
Après le terrible hiver 1787-1788, la production de vin fut très faible. « Seuls les crus les plus réputés, tels les rouges de Chinon, ou les blancs de Vouvray, Rochecorbon et Saint-Georges, s'expédiaient vers Orléans, Paris et les Flandres, même en petites quantités car la production demeurait faible ».
En 1790, le Conseil Municipal nomma un garde des vignes. Le 18 juin 1790 le vin se vendait 50 écus la pipe, et encore ceux qui avaient du vin ne voulait pas le vendre, prétendant que le prix pouvait toujours augmenter.
A la fin du XIXème siècle, s'étendit sur l'Europe de l'Ouest la crise du phylloxéra dont Rochecorbon, comme toutes les communes viticoles, souffrit énormément. Le vignoble de Rochecorbon fut presque entièrement détruit et de nombreux vignerons furent ruinés. Le Conseil Municipal du moment tenta sans beaucoup d'effet d'aider tous ces paysans.
1888 : le conseil municipal donna l'autorisation d'importer des vignes étrangères (on sait que certains plans résistent mieux au phylloxéra).
1889 : pas de récoltes depuis dix ans, le conseil municipal demande des indemnités au préfet pour les vignerons.
1889 : les vignerons demandent un dégrèvement de l'impôt foncier par suite des mauvaises récoltes dues au phylloxéra depuis dix ans.
1890 : cette dernière demande est rejetée par le Conseil Général.
En 1898, la commune était encore en difficulté si on en juge par le refus de réfection64 de la Lanterne en prétextant toujours la ruine de la commune par le phylloxéra.
Suite à cette crise, de nombreux petits propriétaires sont obligés de vendre leurs parcelles. Ces ventes ont permis la reconstitution de grands domaines viticoles actuels (Bellevue, Vaufoinard, Sens...)
Le 2 décembre 1907, les vignobles étant reconstitués, le Conseil demande que les vins de Rochecorbon soient classés Vins de Vouvray avec appellation d'origine. (cf ci-contre publicité du 31 janvier 1913)
Au XVIème siècle, Montchenin, domaine appartenant à l'abbaye de Cormery, devint une importante école de viticulture. Denis Briçonnet y fit planter des vignes venant de toutes les contées de France où le vin est exquis, pour en faire des études. Cette expérience fut reprise par le Comte Odart qui créa une magnifique collection de cépages de toute l'Europe, aujourd'hui dispersée, et qui a donné naissance au savant ouvrage de « l'Ampélographie universelle ». (Science qui traite de la vigne).
D'autres cultures vont de pair avec la vigne : la culture du chanvre, qui entre dans la fabrication des tonneaux et la culture de l'osier, qui sert pour attacher la vigne aux échalas. On trouvait aussi de nombreuses plantations de chênes et de châtaigniers pour la confection des cercles de barriques ou fûts (noms donnés aux tonneaux dans la région).65
Le mûrier blanc et la production de la soie.
« Au XVème siècle et pendant la Renaissance, Tours était la capitale de la soierie, avant que Lyon ne prenne le relais. » Les fils de soie étaient alors achetés aux foires de Beaucaire et du Languedoc. En 1602, devant les fortes demandes en étoffes de soie de la cour royale, Henri IV ordonna le 21 juillet 1602 qu'on plantât des mûriers blancs aux environs de Paris, d'Orléans et de Tours. Seule, la ville de Tours accueillit l'ordonnance avec la plus grande ferveur et vingt milliers de jeunes plants furent achetés et plantés dans les bastions des remparts. Le Roi encouragea cette initiative (culture) et en fit planter au château du Plessis qui devînt Pépinière Royale, et qui livra, de 1744 à 1762, plus de 400 000 plants. Louis XIII appelle en Touraine des artisans Italiens et Grecs, qui permettent à Tours de devenir l'une des villes manufacturières les plus florissantes de France66. Au XVIIIème siècle, elle était le second producteur de soie en France, après Lyon (en 1744 : environ 1600 métiers à Tours. En 1766 : environ 1 700). Mais le déclin des Fabriques de Tours se fait sentir dès le milieu du XVIIIème et, après le gel de l'hiver 1787-1788, cette industrie ne se relève pas, car le froid avait détruit tous les mûriers. Jean-Baptiste, marchand de Tours, écrivit le premier ouvrage publié sur l'art de fabriquer la soie. La culture du mûrier se fit sans doute tout autour de Tours et Rochecorbon dut en bénéficier de par sa position vers le nord à l'abri du vent ; et, si l'on en juge par le nom - peut-être hypothétique - de « maison du mûrier » donné aux ruines à l'ouest de la Lanterne.
La France connut une ère de prospérité du Xème au XIIIème siècles avec un essor démographique et un essor économique. La superficie des terres cultivées par les paysans diminuant avec les partages successifs dus aux héritages, et la grave crise qui sévit dès le XIVème, mirent les paysans dans une grande misère.
Au début du Moyen-Âge, les paysans ne sont pas malheureux. Au IXème siècle, ils possédaient une manse dont la superficie allouée à chaque paysan était proportionnelle au nombre de personnes vivant au sein de la famille. Ces mêmes tenures du XIème que nous avons vu, répondent au même souci d'égalité. Le paysan paie quelques impôts :
- le cens : reconnaissance de la propriété du seigneur
- le champart : qui est un pourcentage sur les récoltes
- les corvées : qui sont des jours de travail à donner sur les terres du seigneur
- la dîme : impôt religieux.
Et quelques autres impôts suivant que le paysan est serf ou homme libre. Ces impôts sont souvent allégés à la demande même des paysans qui représentent à cette époque une certaine force devant le seigneur au XIIIème siècle. Mais la division des terres , de graves épidémies, une forte mortalité, des famines dues à de mauvaises récoltes par suite de perturbation des phénomènes climatiques (l'Europe occidentale devient-elle plus froide et plus humide ?) entraînent un changement radical de la situation de la population paysanne. Les impôts furent plus élevés en Touraine dès le XIIIème siècle, lorsque cette province se replaça sous l'autorité royale. Les paysans durent payer des impôts supplémentaires (les impôts royaux). Les charges devinrent très lourdes et les famines succédèrent aux famines. Au XVIIIème siècle, la situation paysanne était devenue intolérable. On distingue alors de nombreux impôts qui sont tous plus importants les uns que les autres : le champart, les corvées, la dîme et le cens sont toujours représentés. Si le cens est immuable, le champart, les corvées et la dîme sont beaucoup plus importants qu'au XIIIème siècle. De nouveaux impôts ont également fait leur apparition au cours des siècles :
- la taille : impôt roturier sur les revenus dont les nobles, le clergé et certains bourgeois possédant une charge sont exemptés (ce sont les privilégiés). Cet impôt est très important.
- la gabelle : impôt sur le sel. Tous les individus sont obligés d'en acheter un minimum. Il existe des pays de Grande Gabelle et des pays de Faible Gabelle : cet impôt se ressent sur le pain (appelé Miche Molette en Touraine), qui est très peu salé en Touraine, pays de Grande Gabelle. Les moines des Ormes (Vienne) faisaient passer le sel en Touraine en contrebande.
Louis XIV inventa de nouveaux impôts pour financer les guerres et la construction du château de Versailles : le 10° et le 20°.
Au XIVème siècle se déclenchèrent dans tout l'occident de grandes épidémies, dont la plus importante et la plus tragique fut la Peste Noire, venue d'Orient. Il n'existe pas de statistiques, mais l'on sait qu'une grande partie de la population fut décimée.
Le même siècle connut également les premières grandes famines. L'équilibre économique était rompu.
La France connut ensuite de grandes famines dont celle qui suivit l'hiver 1514 : « toutes les rivières étaient gelées et les loups affamés attaquèrent les paysans jusque dans les bourgs ».
« L'hiver de 1616 fut un cauchemar, Louis XIII revenant de Bordeaux vit mourir de froid plus de 1 000 hommes de sa suite et dut s'arrêter à Tours pour éviter d'entrer dans la capitale sans aucune escorte ».
A la veille de la Révolution, la misère est fort grande (les impôts sont de plus en plus lourds, la famine est généralisée dans toute la France). Il y a afflux de paysans vers les villes.
« On s'accorde à considérer que la misère croissante de la paysannerie constitue le facteur essentiel de cet abandon des campagnes et l'on assiste un peu partout à la prolifération des indigents ». En Touraine, entre 1779 et 1786, a lieu un déficit continu de la population des campagnes et un vieillissement de la population active dû à la forte mortalité d'hommes entre trente et soixante ans.
En France, 50 % des enfants mouraient avant un an, la moyenne de vie est très faible à quarante ans, on est considéré comme un vieillard et les personnes de soixante ans sont des exceptions. Chez les paysans et les artisans, on ne dépasse guère trente ans, ceci étant dû tant au manque d'hygiène qu'à la famine et aux épidémies.
L'hiver de 1787-1788 fut catastrophique pour les paysans. Le froid et la pluie interrompent les travaux de l'agriculture ; les terres, les rivières, la Loire, sont gelées. Le dégel fut tout aussi catastrophique, l'irruption violente des glaces de plus de six pieds d'épaisseur a dévasté en plusieurs endroits les bords de nos rivières, brisé les bateaux, emporté les ponts (Amboise et Tours). La récolte de 1788 est donc déficitaire et la misère d'autant plus grande (pas de ressources hormis le seigle, l'orge et le maïs, qui ne suffiront pas). Dans les paroisses viticoles, la vigne ne constitue plus une culture exclusive. On y fait part aux céréales, aux prés et aux bois. L'exploitant s'efforce en effet de vivre avec sa famille en circuit fermé et de ne produire que pour lui-même.
La récolte de 1790 fut également très réduite, par la cherté du grain qui limita l'ensemencement puis à cause des intempéries. « Les émeutes et les violences se propagèrent dans toute la province ». En mars 1790, ce mécontentement est si fort à Rochecorbon qu'on assiste à des émeutes ainsi qu'à Vouvray et Sainte-Radegonde. Cette misère s'est ressentie à Rochecorbon par une forte baisse de la population entre 1787 et 1792 (- 126 habitants) due à la forte mortalité, mais également à un exode rural massif. Les paysans cherchaient et croyaient trouver la sécurité dans les villes.
Les artisans sont nombreux dans les bourgs. Souvent, ce sont d'anciens paysans. Il y a également des paysans artisans qui, pendant la morte saison, exercent une autre activité.67
Les femmes filent la laine et tissent des étoffes à domicile, soit pour la famille (autoconsommation), soit pour la vente à Tours qui était, jusqu'au XVIIIème siècle, un grand centre d'industries textiles (damas, velours façon Gênes, mouchoirs de soie, passementerie, draperies, serges ... ). La ville de Tours garde toujours son activité textile.
A Rochecorbon, il existait de nombreux artisans.
- des tonneliers : sont très nombreux en raison même de la fabrique pour l'exportation du vin en fûts perdus. - le forgeron est également maréchal-ferrant et taillandier. Il est bien vu dans le village, la population fait souvent appel à lui dans ses fonctions de chaudronnier. L'hiver son atelier sert de lieu de réunions. En 1920, il y en avait au moins quatre à Rochecorbon.
- le charron fait des charrettes et châtre de cercles de fer les roues des charrettes.
Le dernier cessa d'exercer vers 1930.
- le charpentier : il y en avait un dans le Conseil Municipal de 1787.
- les meuniers : deux moulins, le moulin de Touvoie et le moulin de Gravotte dont le premier était encore en activité au début du siècle.
- les pêcheurs de Loire : pêchaient l'alose, le saumon et servaient souvent de passeurs. Les derniers de Rochecorbon (père et fils) se sont noyés en Loire avant 1940.
- les passeurs : en dehors des pêcheurs, il y avait des passeurs officiels, ceux des Patys et de Marmoutier sont mentionnés dans un extrait d'une réunion du Conseil Municipal de 1886 : « indemnités du passeur du bac ». On trouvait également des vanniers, des sabotiers, des cordonniers ... Nombre de ces métiers qui donnent la vie à un village ont aujourd'hui disparu.
Conclusion : La révolution fut un progrès non pas pour la condition des paysans, mais en faveur des bourgeois et des artisans.
En 1789, un grand nombre de terres appartenant au seigneur de Rochecorbon (duc de Luynes) et au clergé (le Crochet, les Fabriques de l'Église de Rochecorbon, de Saint-Georges, de Vauvert... sont vendues. Donc, il y a mutation des terres des privilégiés, aux paysans -propriétaires, et exploitants, qui accueillirent avec transport la suppression ou le rachat des droits féodaux, de la dîme et de la vente des biens du clergé... Les plus pauvres n'en bénéficièrent pas. « Seuls deux acheteurs sont désignés comme journaliers dans toute la Touraine. A Tours, ce fut la « cohorte » des notaires, procureurs, avoués, hommes de loi de toutes sortes, qui se montrèrent les plus assidus ».
Ces ventes ne se firent pas toujours sans problèmes (voir cas de la chapelle Saint-Roch à Rochecorbon...).
On peut dire qu'au moins 1/5 des terres (20% de la superficie de Rochecorbon), appartenait aux privilégiés. (cf. tableau de la superficie des terres vendues) dont l'Église :
Chapelle Saint-Gatien 24,52 ha
Cure de Saint-Georges 3,45 ha
Cure de Rochecorbon 4,48 ha
Cure de Saint-Roch 0,05 ha
Marmoutier 93,10 ha
Fabrique Saint-Roch 1,02 ha
La cure de Reugny -
Chapitre Saint-Martin
Les Carmes
Hôpital de La Charité
Les villes dites villes franches (c'est-à-dire les villes n'étant pas sous l'autorité directe d'un seigneur), et quelques provinces en France (Berry et Haute Guyenne) possédaient avant 1787 une organisation municipale dont les rôles des élus étaient de gérer et de défendre la ville ou la région et ses intérêts. Dans les autres provinces, les bourgs étaient souvent privés d'une véritable administration et se trouvèrent successivement sous la dépendance directe des seigneurs et des ecclésiastiques, puis ensuite sous celle des Intendants (représentants du roi), qui s'occupaient des bourgs surtout pour relever les impôts et les amendes. Ce sont ces derniers qui faisaient le bonheur ou le malheur des provinces.
Jusqu'en 1787, on parle de paroisses rurales. Ces paroisses rurales, dont Rochecorbon fait partie, n'ont qu'un syndic qui, n'étant pas magistrat, « ne pouvait authentifier les délibérations et devait recourir au notaire". En 1776, ces réunions furent placées sous l'autorité des intendants qui s'en souciaient peu. Un des rôles de ces communautés était de désigner les collecteurs de la taille et de la gabelle.
Ces municipalités furent créées en Touraine, parallèlement aux assemblées provinciales. Les municipalités élues par les communautés rurales avaient la charge de gérer les intérêts locaux et d'exécuter les décisions du gouvernement. Leurs tâches prioritaires étaient de collecter les impôts, de veiller à l'entretien des bâtiments municipaux et de proposer des constructions nouvelles, et de recueillir les vœux des habitants pour les transmettre à l'Assemblée Provinciale.
Font partie de l'Assemblée Municipale :
- les seigneurs (civils ou ecclésiastiques), qui étaient membres de droit,
- les curés étaient également membres de droit,
- les greffiers, auxquels la municipalité avait recours lors des conflits,
- les membres élus, qui sont officiers municipaux, sont de toutes professions, parmi eux les syndics, qui devaient savoir lire et écrire.
En 1787, la Municipalité de Rochecorbon se composait comme suit :
Membres de droit : Duc de Luynes Seigneur
Sorin Curé
Membres élus : Marchandeau Gilles Négociant (syndic)
Serée P Tonnelier
Meunier Notaire royal
Moriceau Fulgence Vigneron
Guillon Mathurin Vigneron
Poirier Louis Vigneron
Le Gasvre Et Vigneron
Sérée Clément Tonnelier
Richard Vincent Charpentier
Marchandeau Louis Huissier (greffier)
Ces municipalités devaient se rassembler au moins une fois par semaine après la messe, chez le greffier ou à l'Église.
Composées de propriétaires, les municipalités soutiennent le rôle des possédants. Le régime fiscal ne fut que très peu modifié.
Le malaise persista dans les campagnes ; les famines de 1789 et 1790 l'aggravèrent. « La réforme de 1787 était vouée à l'échec, car elle ne fut ni complète ni sincère ».

En 1793, Rochecorbon fit partie du district de Tours. Après la Révolution s'organisa une nouvelle administration municipale. Les citoyens actifs élisent les membres du Conseil Général de la commune, répartis en deux échelons : les officiers municipaux (au moins 3) et les notables (au moins 6), tous désignés pour deux ans renouvelables par moitié chaque année.
A la tête de la commune se trouvait un maire, un procureur (à voie consultative) et un secrétaire greffier.
- En 1790, Sorin était Curé / maire.
- En 1791, Huguet était le premier maire de Rochecorbon.
- En 1792, Dumesnil Patty démissionne au profit de Lequeux.
- Deschamps Gabriel (23 mai 1807).68
- Marchandeau Gilles (6 mars 1812).
- Augé Jean Ambroise René (14 décembre 1812).
- Guesdier (22 mars 1816).
- Auguste Rose (27 août 1816) propriétaire de Vaufoinard.
- Guesdier (9 décembre 1816).
- Augé (19 mars 1819 au 18 août 1821).
- Normand (12 mars 1823).
- Jean Philippe Fournier69 (2 janvier 1826).
- Jean Grados (15 septembre 1830).
- Louis Arald Hippolyte Cotton (15 décembre 1834 au 21 juin 1837).
- Alexandre Charels Sébastien Plumerel (6 juillet 1846).
- Marcus (1856) .
- Pierre Lebled (1871 au 31 janvier 1878), dont vous connaissez la rue qui porte son nom. Il fit creuser et agrandir les chemins pour se rendre de la vallée sur le plateau (chemin des vignes) afin que les charrettes puissent y monter plus facilement (route des Pélus, route en face du château d'eau, route de la Lanterne...). : tniojdAPays.
- Hellaud (janvier 1881).
- le Baron Bourgouin Paul (1884). Il habitait les Bourdaisières. IL fut réélu en 1888.70
- Salmon Henri (1892), réélu en 1896. Monsieur Stauffer, son adjoint, en 1892.
- Mr Loré Louis, maire de 1900 à 1914.
- Mr Marquenet Louis, maire de 1919 à 1925, avait assuré pendant les cinq ans de guerre la présidence aux séances du Conseil.
- Mr Dorléans Ferdinand (1925 - 1942).
- Mr de la Touche (1942 - 1944).
- Mr Hostein (1944 - 1945).
- Mr Le Toullec Michel (1945 - 1956).
- Mr Bezard Robert (1956 - 1959).
- Mr Lefèvre Raymond (19S9- 1971).
- Mr Cottu Jacques (1971 - 1973).
- Mr Lelièvre Pierre depuis 1973.
Au XIXème siècle, Rochecorbon voit tout d'abord sa population augmenter jusque vers 1841. On assiste alors à une forte diminution (1722 habitants en 1841 à 1576 habitants en 1851), soit une baisse de 8,5 % en dix ans. On atteindra même une population de 1490 habitants en 1896. Cette diminution est un phénomène général à toute la France, dû en partie à l'exode rural. Vers la fin du XIXème siècle, l'exode rural s'amplifia, aggravation surtout due à la crise du phylloxéra. Mais si la commune enregistre la stagnation de la population et non une baisse, c'est par un phénomène nouveau, contraire au précédent : le retour des citadins à la campagne. Ceci se concrétise par la construction de nombreuses maisons bourgeoises et de quelques grandes propriétés sur le territoire de la commune (la Tesserie, la Tour, Montgouverne, Sens -château actuel de-...) et ce, jusqu'à la guerre de 14-18. Les mouvements de population et les constructions ne reprirent qu'en 1926. À partir de cette date, l'évolution sera progressive jusqu'à nos jours (2349 habitants en 1975) et elle s'amplifiera de par sa fonction de proche banlieue de la ville de Tours. Si Rochecorbon devient alors un village de résidents et un village de retraités, où les uns et les autres aiment le calme et le charme de cette petite vallée, il ne reste pas moins un village de viticulteurs et d'agriculteurs. Grâce à cette progression démographique, mais également grâce aux progrès techniques, Rochecorbon s'enrichit à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle de toute une série d'aménagements et d'équipements. Ceci nous est rapporté dans les comptes-rendus du Conseil Municipal.

- Téléphone : le conseil refusa le 21 février 1897 l'installation du téléphone qu'il ne jugeait pas de première nécessité. Mais en juin 1904, le conseil et le maire, Monsieur Loré, demandent l'installation du téléphone sur la commune.
- P.T.T. : en 1890, le conseil demande la création d'une boite aux lettres mobile, attachée à chaque tramway, afin de transporter entre Tours et Vouvray les correspondances et sollicite de l'administration des postes, la création de cette boite qui serait payée à l'aide de souscriptions. L'accord arrive assez rapidement (février 1891) et le conseil demande alors que le transport des dépêches se fasse gratuitement par les tramways. La réalisation du projet ne se fit qu'en 1903 (après la confirmation de l'accord du 2 février 1891) par l'achat de boites aux lettres.
- Télégraphe : Le conseil estimant que c'est un instrument de progrès, demande au préfet de procéder à son installation. En fait, en 1907, le télégraphe n'existe toujours pas à Rochecorbon, puisque les télégrammes arrivant de Tours par le tramway ; il n'existe pas plus en 1910, ni en 1919, dates auxquelles sont faites des réclamations au sujet de l'irrégularité du portage des dépêches à leur destinataire.
- Électricité : en 1911, la commune a l'accord pour une installation électrique sur une durée de 25 ans, puis sur 40 ans.
En novembre 1911, la commune reçoit pour l'éclairage du bourg une indemnité de 5 Francs (or) par kilomètre de ligne. Ce n'est en fait que pendant l'entre deux guerres et surtout après 1930, que se fit le véritable démarrage d'électrification dans les habitations car l'électricité était un luxe. L'électricité était gérée par la compagnie du Gaz en 1913.
- Éclairage du bourg : le 13 novembre 1904, le conseil étudie la possibilité de placer quelques lanternes à Rochecorbon, car la circulation de nuit est dangereuse. Ce projet est mis en réalisation en janvier 1906 par l'achat de 9 lanternes. Il s'agit alors d'un éclairage à huile. En 1913, eut lieu une vente de 12 lanternes provenant de l'ancien éclairage. En 1923, la commune fit une réclamation à la compagnie du gaz pour l'éclairage de la pointe de Saint-Georges, jugé insuffisant.
- la Station Thermale : en 1910, un parisien, Mr Barbe, demande l'autorisation de fonder et d'exploiter à Rochecorbon une station thermale avec l'eau de la Fontaine de Jouvence, au lieu dit Moulin de Touvoie, ainsi que la création d'un casino avec concert vocal et instrumental, théâtre, jeux (tennis, etc.). Le conseil estime que ce serait favorable à la commune. Ce projet avorta sans doute à cause de la guerre de 14-18.
Certains des problèmes évoqués au début du XXème siècle, sont les mêmes que ceux évoqués actuellement, Ils n'ont pas la même ampleur, mais certains restent cependant au goût du jour.
- la Pollution : le 12 novembre 1899, il y a de nombreuses plaintes au sujet des mauvaises odeurs provenant de l'usine d'équarrissage de Saint-Pierre-des-Corps.
Le 26 août 1887, il est rappelé au conseil que le chemin de la Basse Rivière est un « dépôt permanent d'immondices dégouttantes ». Le 26 juillet 1901, il est demandé que la voie ferrée soit arrosée en été et qu'il soit employé comme combustible du coke ou du charbon de très bonne qualité afin d'éviter une fumée si intense.
Ceux-ci ne sont que quelques exemples pris au hasard.
- Le curage du ruisseau :
Le 17 Mai 1888, à la suite d'un vote, le conseil municipal refuse d'effectuer à nouveau le curage du ruisseau de Rochecorbon, proposé par la préfecture.
- entrée du Bourg :
Le 26 mai 1892, le conseil demande au maire d'entrer en contact avec Monsieur le Comte Pontécarré, propriétaire du château de la Tour, pour convenir de l'achat de terrains en vue de l'élargissement de l'entrée du bourg. Monsieur le Comte de Pontécarré abandonne une partie de ses terrains en mars 1894. Les travaux sont relativement vite faits, puisque août 1895 eut lieu un vote pour une fête à l'occasion de l'inauguration de l'entrée du bourg.
- La place du Croissant :
Le 30 mai 1887, le conseil demande l'aménagement de la place du Croissant et des plantations d'arbres. Ce projet ne sera pas exécuté immédiatement car le 19 mai 1889, il est décidé d'aplanir la place à la suite de plusieurs réclamations. Les plantations d'arbres reviennent à l'ordre du jour le 16 mai 1901, ces arbres étant prévus pour donner de l'ombre l'été aux voyageurs attendant le tramway.
- Voirie :
En 1890, il est question de bornage des chemins de la commune. Le 25 novembre 1894, on numérote les maisons situées sur la route depuis Beauregard jusqu'aux Pâtis, avec des plaques de zinc.
Le 15 août 1900, est votée la réfection de la montée de la Croix du Jubilé à la Haute Gâtinière et aux Pitoisières, celle-ci étant très fréquentée (plus de 50 personnes).
Il y eut également des votes en 1887 et 1888 pour la construction de ponts et de passerelles. (La Chanterie et Vallée des Gaves). Le 3 février 1911, la Grande rue de Rochecorbon prendra le nom de rue du Docteur Lebled (ancien maire), qui a doté la commune d'un réseau important de chemins.
En 1908, à la suite d'une souscription pour le goudronnage de la route nationale, le conseil municipal transmet ce vœu à Monsieur le Ministre des Travaux Publics.
- Le Cimetière : (voir chapitre sur l'Église).
Rochecorbon, durant cette guerre, accueillit des hôpitaux. Le premier, le 28 août 1915, placé sous la direction de la Croix Rouge, s'installe à Vauvert. Le Conseil Municipal vote alors une subvention de 50 Francs pour les blessés. Le 4 septembre de la même année, certaines familles de Rochecorbon se proposent d'héberger des blessés convalescents à leur charge, mais l'autorité militaire ne peut l'autoriser du fait des règlements en vigueur.
Le deuxième, le 15 août 1915, est installé au Château de la Tour71, dont le propriétaire est Monsieur Moron. Il s'agit alors d'un hôpital militaire.
Le 13 février 1916, une subvention de 1 000 Francs est allouée à l'hôpital militaire n° 26 par le conseil municipal de Rochecorbon.
Si le village de Rochecorbon n'eut pas à souffrir de sévices au cours de la « grande guerre », la liste des Rochecorbonnais tombés au Champ d'Honneur n'en n'est pas moins longue.
ANTOINE Pierre HEMON Eugène
ANTIGNY Henri JOLIVET Gaston
AUBERT Aimé LEROUX Célestin
AUDON Gilbert LUSSEAU Voltaire
AUDON Jules MARCAULT Eugène
BEGUIN Médéric MITAULT Gabriel
BEILLON Daniel MONSELLIER Armand MOREAU Marcel
BOURDON Eugène PAUMIER Roger
CHAPEAU Pierre PEAN Henri
CHAMPION Élie POUAN Édouard
CORIOU Alain RIPAULT Honoré
COUSON Arthur ROBERT Georges
DAVEAU Joseph ROBIN Émile
DE BRETTES Joseph ROUSSEAU Maurice
DEBAULT Émile ROUSSEAU Albert
DERE Charles RUER Eugène
DUCHAMP Pierre SCHICKLER Émile
FAUCHEUX Louis TORTAY Louis
GAUTHIER Sylvain TOULMAY Auguste
GILLET Robert VERVANT Marcel
GUIGNET Henri WILMET Henri
En leur honneur, le 24 août 1919, il est projeté un monument. Le montant de la souscription s'élève à 252,50 Francs en 1919, à 4 099,50 Francs en 1920 et à 5 205,90 Francs en 1921. Le 15 février 1920, le projet du monument établi par Monsieur d'Espelosin est accepté par le conseil. Le 29 février 1920, Monsieur le Général de Walmont se propose d'obtenir pour la commune deux canons ou obusiers qui seraient placés au pied du monument. Le 20 mars 1921, les canons sont arrivés en gare de Vouvray et Monsieur Ernest Brédif va les chercher gratuitement. La grille du monument fut posée par Monsieur Tuilier. Entre temps, le 23 octobre 1919, l'abbé Savoie invite les membres du conseil municipal à l'inauguration d'une plaque commémorative à la mémoire des soldats de Rochecorbon, morts pour la France, placée à l'intérieur de l'église.
Le 28 novembre 1920, fut attribué dans le nouveau cimetière un emplacement réservé aux militaires morts pour la Patrie.
Durant cette seconde guerre, les victimes Rochecorbonnaises furent moins nombreuses que pendant la première guerre.
AUBERT René Mme LAGARDE née POUAN Raphaèle
BOIGNOND André (déportée)
BOUCHARDEAU Alfred LAMARE Jean
CHAMBOISSIER Pierre PICHARD Daniel
CHARPENTIER Georges PORTEAU Robert
CHARPENTIER Marcel ROLLAND-GOSSELIN
CHARPENTIER Roger ROVILLIE Auguste
COPIN Gérard SOMMESOUS Pierre
CORIOU Jean FOURNEAU Paul
Quelques Rochecorbonnais furent prisonniers et d'autres furent déportés, soit comme résistants ou comme juifs, et subirent de nombreux sévices en Allemagne.
Le village fut touché. Dès juin 1940, il est situé dans la zoné occupée. Ce fut alors la Grande Débâcle, et quelques Rochecorbonnais suivirent le mouvement et prirent la route en direction du sud pour échapper aux troupes allemandes. A leur retour, de nombreuses maisons avaient été réquisitionnées et certains Rochecorbonnais furent obligés de loger pendant presque toute la durée de la guerre des officiers allemands et de la troupe.
Rochecorbon était donc sous la botte allemande. De nombreux Rochecorbonnais firent de la résistance comme nous le verrons par la suite. Le village était situé sur une zone de contact de deux zones stratégiques : la gare de triage de Saint-Pierre-des-Corps et le camp d'aviation de Parçay-Meslay, tous deux détenus et surveillés par les allemands. Les Rochecorbonnais avaient toujours à craindre les bombes égarées, car ces deux points étaient fort bombardés par les Alliés. Le 1er mai 1944, ce qui était à craindre arriva : cette nuit-là, une partie de Rochecorbon fut sinistrée ; le quartier des Clouets, l'un des plus anciens de Rochecorbon, aujourd'hui reconstruit, était rayé de la carte. Il s'agissait de bombes soufflantes lâchées de très haut. Les habitants de Rochecorbon s'étaient réfugiés dans les caves et n'eurent à déplorer aucun mort. Mais les dégâts matériels furent importants. Les maisons brûlèrent une partie de la nuit : c'est ainsi que disparut la maison des peintres Clouets (père et fils). Après cette épreuve, Rochecorbon dut en subir une autre quelques mois plus tard en août 1944.
A cette date, les américains avançaient rapidement, de nombreux allemands commençaient à évacuer la Touraine. Rochecorbon « abritait » dans l'une de ses caves, à Vauvert, 200 à 300 tonnes de bombes et de munitions que les allemands devaient faire sauter avant leur départ. Les caves et la maison de Pierre Creuse appartenant à Monsieur Loyau avaient été réquisitionnées au début de la guerre. Le 10 août 1944, les voisins : Mrs Crosnier, Hourdin et Gaultier alertèrent les autorités qui, dès cette minute vont lutter pour empêcher cette cave de sauter, Le colonel Martin et Monsieur Tabarly, appuyés du préfet d'Indre et Loire, entreprennent des démarches auprès de la Feldkommandantur et auprès du commandant du camp d'aviation. Cette délégation est reçue par le colonel Boehmer, qui, après une entrevue orageuse, faisant primer la loi de la guerre, revient à des sentiments plus humains et accepte un compromis, en promettant de ne faire ébouler que l'entrée de la cave. À partir de ce moment, une garde civique permanente va se relayer toutes les trois heures durant tous les jours qui vont suivre. Après une prise de contact avec la résistance, Monsieur Hourdin prend la tête des opérations. Les consignes sont les suivantes :
- maintenir le contact le plus étroit possible avec les allemands par tous les moyens, y compris le Vouvray et d'autres breuvages afin de connaître les caves Loyau et leur contenu.
- par tous les moyens, rendre ce contenu inoffensif.
- enfin, au cas où une explosion serait inévitable,
prévenir les habitants en temps utile pour sauver les vies à
défaut des immeubles.
Toutes ces consignes furent remplies.
Pour maintenir le contact, il fallut déboucher maintes bouteilles de Vouvray, de digestifs, d'apéritifs et offrir de nombreuses cigarettes...
Pour la visite de la cave, Monsieur Crosnier possédait une entrée secrète derrière la cave Loyau, ce qui permit à quelques uns de s'y glisser et d'effectuer un inventaire.
11 grosses bombes d'avion de 1 000 à 1 200 kg
218 bombes d'avion de 500kg
100 bombes de poids inférieur.
100 bombes d'obus de tous calibres et autres munitions.
La plupart des bombes étaient amorcées, les plus grosses étant situées de place en place jusqu'aux bombes de 500kg, les deux premières se trouvant à 20 mètres de l'entrée. Quelques bombes furent désamorcées, mais il faudra retourner deux fois dans la cave pour les rendre toutes inoffensives.
La troisième consigne fut exécutée, mais heureusement pour une fausse alerte, un matin à 4 heures.
Jusqu'au 18 août, il y eut des va-et-vient de camions venant chercher les munitions. Devant l'avancée très rapide des Américains, les Allemands s'enfuirent non sans emporter quelques bouteilles de Vouvray. Le 18 août 1944, les Rochecorbonnais purent enfin souffler. Sans l'héroïsme de ce groupe, les dégâts auraient été inestimables : dégâts autant humains que matériels (immeubles, caves) et s'étendant jusqu'à Vouvray.
Ont participé à cette opération : messieurs Houdin, Guillemin, Germain Lejault, Tabarly, Macé, Roger Crosnier, Guyot, Jonvaux, René Gauthier, Laforge, Ignolin, Roger Thuillier, Grilleau, Curin, Lefèvre, Maurice Mouillot, Bézard, Blanchet, Georges Gasselin, Henri Brédif, Riothon, Roland Gosselin, les Lebreton, Morel, Mr de la Chapelle, Guy Hubert, le colonel Martin.
Nous avons eu connaissance de nombreux détails de cette histoire dans un texte intitulé « Comment des Caves de Vauvert à Rochecorbon, n'ont pas sauté », rédigé par un Rochecorbonnais peu de temps après cette aventure.
Entre les deux guerres, nous n'avons connaissance que de peu de faits notables. En 1928, eut lieu la formation d'un nouvel ordre religieux féminin, les « Sœurs Réconciliatrices de Marie », qui s'installa en 1932, dans la propriété des Bourdaisières à la suite du Colonel de Siry. Ce n'est qu'en 1940, sous le gouvernement Pétain, qu'elles eurent la possibilité d'ouvrir une classe scolaire. Entre temps, en 1932, fut créée une école de plein air par Madame Sinon, à la Chasse Royale.
En 1933, eut lieu un éboulement rue des Basses Rivières72. Du fait de l'érosion importante dans le tuffeau, un pan de rocher s'écroula sur les quelques maisons se trouvant en contrebas. Il y eut un mort dans d'effroyables souffrances (une femme resta bloquée entre les blocs de pierre et sa cuisinière à charbon).
Ce genre d'accident est rare : un petit éboulement en 1941, un plus important en décembre 1954, où il n'y eut aucun mort à déplorer. En 196 , le rocher s'écrasa à l'intérieur d'une maison troglodyte de la rue des Basses Rivières, là encore la famille put évacuer les lieux à temps. En fait il n'est pas plus dangereux de vivre dans une maison troglodyte, que sous le coteau, que dans une zone inondable, ou que de rouler dans une automobile...
Il n'en reste pas moins que Rochecorbon est un village très agréable. Il jouit à la fois de la proximité de Tours et de celle de la campagne. Riche en paysages (les falaises abruptes de tuffeau blanc, les vallées verdoyantes et gaies de la Loire et du ru de Rochecorbon, les plateaux occupés par des bois et des bosquets, les vignes…). Il est rare que l'on ne s'y plaise pas. Si l'on n'en fait pas son lieu de résidence, on en fait son lieu de vacances et de promenades.
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L'Humanité - Mardi 17 janvier 1933 |
Le Petit Parisien - 17 janvier 1933 |
On y venait, on y vient et on y viendra. Les plus célèbres résidents et visiteurs en sont les suivants :
Henri de Brion naquit et grandit au bas de la Lanterne de Rochecorbon au XIIème siècle. Il fut trésorier de Saint Martin de Tours, évêque de Beauvais, puis archevêque de Reims où il créa la cathédrale.
Jean et François Clouet : Jean, premier peintre du roi en 1523, avait épousé la fille d'un orfèvre de Tours. Il possédait à Rochecorbon une maison dans l'ex-quartier des Clouets. Son fils, François (1510-1574), lui succéda dans sa charge et fut peintre de François Ier et de ses trois successeurs. Une rue porte leur nom à Rochecorbon.
Victor Barguin vécut vers 1538 à Vaufoinard. Il était trésorier de la Reine Mère Louise de Savoie, et maire de Tours.
François Joret maire de Tours, vécut à Vaufoinard vers 1570.
Jeanne Catherine Régnault, veuve de Gille Morel, payeur des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris, habitait le château de Fontenailles vers 1741.
Cardinal de Rohan, accompagné du Prince de Rohan après sa disgrâce, demanda à vivre son exil à Marmoutier. Ils résidèrent à l'Olivier en septembre 1786.
Baron de Beaumarchais (1732-1799), écrivain, vécut quelque temps la Bellangerie, domaine jouxtant Rochecorbon et fief de Rochecorbon.

Jean Nicolas Bouilly (1763-1843) est un écrivain auteur de nombreuses pièces de théâtre, de contes et d'historiettes. Il fut reçu successivement par la cour de Louis XVI, puis par la République, puis par la cour d'Empire, puis à nouveau à la cour du Roi. Sa mère, après la vente de sa propriété à Joué-lès-Tours, acheta la propriété de Vaufoinard, à Rochecorbon, en 1795, où elle mourut en 1816.
Henri-Antoine Bon de Lignim (baron), général français, est né le 14 février 1777 à Rochecorbon. Élève de l'École militaire de Châlons (an III), il en sortit, l’année suivante, en qualité de lieutenant au 3è régiment d’artillerie à cheval. De l’an IV à l’an XIII, il servit avec la plus grande distinction aux armées de Sambre-et-Meuse, du Rhin, du Danube et des côtes de l’Océan, et se signala, comme capitaine d’une compagnie d’ouvriers, puis comme aide de camp du général La Riboisière, aux batailles de Wurzbourg, de Neuwied et de Holenlinden. Sous l’Empire, il fut rattaché à la grande armée et commanda un des corps de réserve spéciaux à Friedland. Nommé inspecteur général du train, il passa en Espagne (1807), se trouva à la bataille d’Ocaña et exerça ensuite les fonctions de directeur général du parc d’artillerie de l’armée du Midi avec le grade de colonel (23 décembre 1810), de directeur de Bayonne et de directeur général des fonderies. Rappelé en 1813 dans la garde impériale, il combattit à Dresde, à Leipsick, à Hanau : sa brillante conduite lui valut alors le titre de baron (16 août 1813). Il prit également part aux campagnes de France et de Belgique. Licencié avec toute l’armée, M. Bon de Lignim fut bientôt rappelé et jouit des faveurs de la Restauration, qui le nomma d’abord directeur d’artillerie à Rennes (1816), puis colonel d’un régiment de la garde royale avec rang de maréchal de camp (15 janvier 1823). Après la révolution de Juillet, il commanda l'École de la Fère (1830) et entra au Comité supérieur d’artillerie (1836). Admis, depuis 1839, dans le cadre de réserve, il a été relevé de la retraite où l’avait fait passer le décret d’avril 1848, par le décret de 1852. M. Bon de Lignim est mort à Versailles le 23 janvier 1856.
Henri Fournier, né à Rochecorbon le 19 novembre 1800. A la fin de 1816, il termina, avec le plus grand succès, ses études à Tours, et il vint à Paris redoubler sa rhétorique, puis sa philosophie.
En décembre 1818, il entra comme élève dans la maison Firmin-Didot. Deux ans après, en octobre 1820, MM. Didot lui confièrent la proterie en remplacement de M. Pion \ grand-père de M. Eugène Pion.
En 1824 M. Fournier comprit vite qu'il pouvait faire quelque chose de mieux que de diriger une grande imprimerie; il voulut voler, comme il dit, de ses propres ailes. Au mois d'août de ladite année, un ami véritable chose si rare aujourd'hui, lui offrit de le commanditer, car il avait vu à l'œuvre notre jeune typographe. M. Fournier s'empressa d'accepter, car on allait au-devant de ses désirs les plus ardents, et cet ami n'eut certes pas à s'en repentir. Le gouvernement d'alors, très chatouilleux, très susceptible en matière de presse, retira le brevet de M. Nouzou, dont l'imprimerie était située au n° 9 de la rue de Cléry. M. Fournier acquit ce brevet nu, et le fit transférer en son nom. Il sauva, par là, une somme de 20,000 fr. aux intéressés, car, en ce temps-là, c'était le prix ordinaire d'un brevet. Ce brevet était nu, c'est-à-dire sans aucun client. Mais, grâce à l'activité incessante de M. Fournier, à sa rare intelligence, il s'en attira bientôt ; il se forma bien vite une bonne et fructueuse clientèle ; les bons et sérieux éditeurs affluèrent dans cette imprimerie naissante mais déjà d'une réelle importance.
C'est en 1836 qu'elle fut mise en actions par son titulaire, et la somme nécessaire fut tout de suite couverte, car lui ne faisait alors que des affaires de bonne foi et productives, contrairement à tout ce qui s'est passé et se passe encore aujourd'hui. Six années après, le commanditaire, désintéressé, put se retirer, volontairement bien entendu, de l'association.
Pendant tout ce temps écoulé, M. Fournier s'était servi, comme prote, de Claye, l'ami dévoué qu'il sut de suite apprécier et qui, au bout de douze années d'une intelligente proterie, lui succéda, à la satisfaction d'une nombreuse clientèle choisie.
Enfin, en 1855, M. Fournier reçut, comme collaborateur, la médaille de première classe, et, sur la présentation du Jury National, la croix de la Légion d'honneur.
M. Fournier profita de la liberté, non pour se reposer, car des hommes de cette trempe ne restent jamais inactifs, mais pour retourner à Tours, auprès de ses vieux parents, propriétaires à Rochecorbon. Mais, retiré des affaires, il ne pouvait vivre dans l'oisiveté. La maison Mame, cette véritable usine, dans la bonne expression du terme, cette grande imprimerie, avait suivi pas à pas la carrière si rapidement parcourue par son compatriote. Aussi s'empressa-t-elle de confier à M. Fournier la direction de cette importante maison, véritablement normale, puisque tout s'y trouve réuni, tout ce qui a rapport à la confection du livre. C'est, du reste, une véritable cité ouvrière, car le nombreux personnel, qui y est constamment occupé, y trouve le bien-être sous tous les rapports et un avenir assuré.
Enfin, à soixante-neuf ans, fatigué par tant de labeur (sans jeu de mots) et aussi par l'âge, il songea sérieusement à prendre sa retraite, et eut la satisfaction de se voir succéder, dans cette importante direction, par son gendre, M. Arthur Viot, qui y apporta, à son tour, toute son activité et ses capacités.
M. Fournier est décédé dans la maison paternelle, où il a voulu finir ses jours. Il était âgé de quatre-vingt-sept ans et quatre mois.
Marcellin Berthelot (chimiste, né à Paris en 1825), passa quelque temps dans la propriété des Pitoisières.
Charles Bordes, musicien, né à la Bellangerie, fief de Rochecorbon.
Étienne, Achille, dit Henri Deshayes jeune. Né vers 1800, ex-artiste de l'Opéra comique 1848, Paris 1850, St-Quentin 1851-52, Paris 1853-55. Atteint d'une cystite chronique et de rhumatismes articulaires, il se retira à Rochecorbon (Indre-et-Loire) et la Société des Artistes Dramatiques lui fit une pension de 200 fr. jusqu'à sa mort survenue vers 1869.
Mr Lannes, Duc de Montebello, descendant du Maréchal d'Empire, résida quelque temps à Rochecorbon.
Mme de Bernière, née Hovelt, fut une grande voyageuse. Son mari était contrôleur des Douanes à Pékin au moment de la révolte des Boxers en 1900. De Pékin, elle eut le loisir de faire plusieurs fois, vers 1895, le voyage Chine-France, soit en passant par les U.S.A., soit en traversant la Chine, la Sibérie, la Russie.
A son retour en France, elle choisit le château de Villeseptier à Rochecorbon.
Elle y vécut jusqu'à l'incendie de 1919, puis logea au « Grand Mauléon », jusqu'à sa mort.
Mme Legras, gouvernante du Chanoine Le Goff, avait été femme de chambre du Tsar Nicolas II.
Mr Margaine député de la Marne en I920, vécut à la Tesserie.
Mr d'Espelosin, artiste, antiquaire, vécut au château des Basses Rivières, château qu'il légua à sa mort, en juin 1944, à la ville de Tours pour en faire un musée.
Mr Jacques Martin vécut à la Crête dans la propriété de ses parents à Vauvert. Il est actuellement (1976) évêque in partibus de Naplouse et Préfet du Palais Apostolique et Secrétaire particulier du Pape Paul VI.
Cette liste n'est pas bien limitative. Nous citons ci-après les noms des personnes ayant donné leur nom à une rue de Rochecorbon.
Docteur Lebled73, né en 1844 et ancien interne des hôpitaux, ancien chef de clinique et lauréat de la Faculté de médecine, maire de Rochecorbon de 1871 à 1878, a fait aménager les rues allant vers les vignes.
Pierre Chamboissier fils du docteur Chamboissier, mort en déportation pendant la guerre 39-45.
Mme Raphaèle Lagarde, née Pouan, morte également en déportation.
Mme Elisabeth Génin, 2ème adjoint au maire de 1959 à 1961 (année de sa mort). Elle avait été élue membre du Conseil Municipal en 1956. Elle eut un rôle social important pendant tout son mandat.
Mr le Commandant Maurice Mathieu, s'installa à Rochecorbon après la IIème guerre. Il fut 1er adjoint au maire de 1959 à sa mort, le 23 août 1971. C'était un homme de cœur, il s'occupait d'aide sociale. Il était officier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Croix de Guerre...
Un étranger au pays aimera Rochecorbon, sa vallée, son église... Mais il s'apercevra rapidement d'une particularité : la présence de deux bourgs bien distincts.
Il n'existe pas de véritable centre et l'on remarque contrairement à d'autres villages, qu'il y a bien deux bourgs qui n'ont presque aucun rapport entre eux : ce sont, comme le disent les Rochecorbonnais eux-mêmes :
- le bourg « d'en haut », auprès de l'église, de la mairie à la poste...
- le bourg « d'en bas », au carrefour de la rue du Docteur Lebled et la rue du Moulin et des Basses Rivières.
Les habitués du « bas » connaissent peu les habitués du « haut », et vice-versa. Se trouve dans chaque bourg ce qui est nécessaire à la vie courante (boulangerie, charcuterie, épicerie, boucherie).
L'étendue du village aussi bien le long de la Loire que vers le nord permet sans doute de donner une explication. Mais est-elle à elle seule satisfaisante ? Ce type de village se rencontre souvent le long des cours d'eau, tels Vouvray, Sainte Radegonde, pour ne citer que quelques exemples le long de la Loire ; mais ces derniers n'ont pas la même originalité.
Pour Rochecorbon, une autre hypothèse paraît plausible, ce serait alors des faits purement historiques et économiques.
La Châtellenie du Crochet et celle du château de Rochecorbon se partageaient Rochecorbon. Les deux seigneurs ne se querellaient pas (si on en juge par les textes), mais vivaient l'un à côté de l'autre sans empiéter sur le territoire voisin. Un bourg se serait naturellement formé au pied du château (on y trouve des maisons anciennes rue des Basses Rivières) et un autre autour de l'église qui dépendait de la Châtellenie du Crochet (la construction de l'Église Saint-James corrobore cette hypothèse. En effet, les fidèles « d'en bas » participaient aux offices, au château, où il y avait deux chapelles) ; en 1424, les Anglais prirent le château et ne le revendirent qu'en 1453. Les seigneurs de Rochecorbon désertèrent alors le château, qui tomba en ruines. Les fidèles du bourg « d'en bas » firent alors construire une chapelle dite Sainte-James (au coin de la rue des Basses Rivières et du Docteur Lebled) qui fut consacrée en 1533. A la Révolution, la chapelle était ruinée si on en croit un procès-verbal d'estimation du 28 germinal an III (1794) où il est dit : « nous sommes transportés sur emplacement de masures qu'on dit être l'ancienne église de Rochecorbon connue sous le nom de chapelle Saint-James... » Cette chapelle devait sans doute être considérée par les Rochecorbonnais « d'en bas » comme étant l'Église de Rochecorbon. Cet extrait de procès-verbal appuierait pour cette hypothèse.
L'habitude s'est perpétuée jusqu'à nos jours et si les deux seigneuries n'existent plus, les deux bourgs sont plus vivants que jamais. On ne peut que regretter ce manque d'homogénéité pour ce village.
AFFRANCHISSEMENT DES COMMUNES : toute personne vivant dans une Commune (ville) est déclarée comme homme libre. Si un serf s'enfuit et se réfugie dans une ville, il est considéré comme un homme libre au bout d'un an et un jour.
AIDES : répondaient à ce que nous appelons aujourd'hui les contributions directes.
ALLEU (L') : c'est une terre noble ou roturière, franche de toute charge ou servitude, féodale ou seigneuriale, une pleine propriété quiritaire réputée souveraine au Moyen-Âge. La possibilité d'alleu est différente suivant les régions. A Rochecorbon, il fut admis certainement, puisque l'on retrouve un lieudit au nord de Vauvert, se nommant l'Alleau. L'alleutier peut librement inféoder ou accenser ou affermer tout ou partie de ses terres. Au XVIème siècle, l'alleu est en progrès partout faute de titres seigneuriaux et par usurpations ou oublis après des dévastations de guerres : bien des paysans censitaires s'affranchissant de toute redevance, d'où de nombreux procès, surtout au XVIIème sous l'action conjuguée des seigneurs hauts justiciers et des officiers et commissaires royaux qui imposent reconnaissance de la « Directe » royale universelle sur toute terre française.
C'est l'endroit où fut fondée l'abbaye de Fontaine les Blanches ; il se nommait également « Les Alleux ».
ARASES : pierres qui servent à mettre de niveau les assises d'une construction.
ARSCHOTT : commune des Flandres (Belgique actuelle).
BAILLI : Ancien officier de justice.
BAILLIAGES ou SENECHAUSSEES : tribunaux présidés Par des lieutenants généraux, des baillis ou des sénéchaux, ils jugèrent seuls les procès civils de la noblesse et du clergé, les questions féodales. Ils faisaient l'instruction des procès dans les cas dits royaux (lèse majesté, sacrilège avec effraction, rébellion, sédition, fabrication de fausse monnaie hérésie, rapt, malversation des officiers royaux, etc...)
Trois bailliages royaux en Touraine : Amboise, Loudun, Montrichard.
BAN : sous le gouvernement féodal, ce mot qui signifiait bannière, se disait de l'appel fait par le seigneur à ses vassaux. La noblesse faisait seule alors le service militaire, le nom de ban fut donné aux vassaux immédiats, aux seigneurs convoqués par le roi lui-même ; et celui d'arrière-ban aux arrière-vassaux, appelés par leur suzerain.
BANVIN (DROIT DE ) : droit féodal en vertu duquel le seigneur pouvait, avant tous ses vassaux, vendre seul, jusqu'à une certaine époque de l'année, les vins de sa récolte. (d'abord fixée au gré du seigneur, la durée de ce ban le fut ensuite par la coutume). - Avis public par lequel le seigneur autorisait la vente du vin dans sa seigneurie.
BEAUGERAIS : sur la commune de Loché-sur-Indrois, près de Montrésor, se trouvent les ruines de l'abbaye de Beaugerais. Elle fut fondée au XIIème siècle, grâce aux dons de terres que firent un prêtre Barthélémy, et quatre seigneurs de Touraine avant leur départ en terre Sainte, à l'abbé Serlon, pour fonder un monastère.
BENEFICE : c'était une concession de terre à charge de certains services. D'abord viagère, cette concession devînt définitivement héréditaire après la mort de Charlemagne. Le mot bénéfice (bénéficium) fit place au mot fief (feodum), qui signifie « terre de fidélité », le fief étant concédé par le seigneur en échange de la fidélité de son vassal.
BOUVINES : village de l'arrondissement de Lille, où Philippe Auguste vainquit l'empereur Othon IV et ses alliés. (Othon IV empereur d'Allemagne).
CHAPELLES BOURGEOISES : chapelles construites dans les habitations de particuliers, et desservies par un abbé.
CHAPELLES SECULIAIRES : chapelles desservies par un ecclésiastique, nommé par un évêque ou un archevêque.
CHAPITRE : ensemble des chanoines d'une cathédrale.
CHENEVRAIL ou CHENEVIERE : champ où pousse le chanvre.
CHENUSSON : village, commune de Saint-Laurent-en-Gâtines, près de la Petite Choisille, soixante habitants en 1883.
DOUANES : ou « traites », taxes sur les marchandises exportées ou importées à la frontière de chaque province ; les tarifs variaient de l'une à l'autre.
FALUNS : dépôts marins composés de débris de coquilles, et que l'on a employé comme engrais.
FERME GÉNÉRALE : mode de perception appliquée aux taxes indirectes (gabelle, aides, douanes).
FONTAINE - LES- BLANCHES: abbaye située dans la commune d'Autrèche, dans le canton de Château-Renault. L'endroit où fut fondée l'abbaye de Fontaine-les-Blanches s'appelait les Alleux (primitivement).
FRET (droit de) : le seigneur avait le droit de fixer le prix du transport des marchandises.
GREFFIER : secrétaire d'une réunion.
GUETTE : Monsieur Henri Paul Eydoux, dans son livre « les châteaux fantastiques », parle de la tour de Rochecorbon comme d'une guette (tour de guet).
HARICOTIER : homme journalier non spécialisé.
JURIDICTION : pouvoir et droit de juger, ressort du étendue du territoire où le juge exerce ce pouvoir.
LOUROUX : situé dans le canton de Ligueil. En 1058, Geoffroy le Barbu, comte de Touraine, fonda un prieuré au Louroux. Le Louroux formait une châtellenie appartenant à l'abbaye de Marmoutier.
Un château fut construit en 1220, par Hugues des Roches, abbé de Marmoutier. Au XVIIIème siècle, il passa aux mains de l'Archevêque de Tours. En 1791, le château et toutes ses dépendances furent vendues pour 97 000 livres environ. Actuellement, l'ancien château est occupé par une ferme.
MAGNANERIE : bâtiment destiné à l'élevage des vers à soie.
MAISON TROGLODYTE : les maisons troglodytes sont des maisons creusées dans le roc (dans lesquelles habitent encore de nombreux Tourangeaux) .
MARMOUTIER : village et ancienne abbaye de l'ordre de Saint-BenoÎt, commune de Sainte-Radegonde.
MÉROVINGIEN : (448 à 782) - nom donné à la première dynastie qui a régné sur la France. Elle tire son nom de Mérovée, et finit avec Childéric III en 752.
MEZIERES-EN-BRENNE : Capitale de la Brenne, Zone de marais dans l'Indre.
MONTILS : premier nom du château du Plessis, acheté par Louis XI à Hardouin IX de Maillé.
NEUFCHATEL : commune du Pas-de-Calais.
NICEE : ancienne ville de Bithynie (Asie Mineure) sur le lac Ascanius. Fondée par Antigone, sous le nom de Antigonia, elle prit tôt après, celui de Nicée. Aujourd'hui Isnik.
PAROISSE : unité administrative rurale : c'est dans les campagnes que les paroisses ont pris naissance vers le IVème siècle. A cette époque, on voit partout des prêtres administrant d'une manière permanente des églises rurales.
PONTS DE TOURS : la création de ce vicomté daterait du IXème siècle. Elle relevait du château de Tours. En 1648, la Vicomté fut vendue au secrétaire du roi, Claude Mallier du Housset, qui la céda en 1652 à Louis Charles d'Albert, duc de Luynes. Elle fut alors annexée à ce duché.
La mairie de Ponts de Tours formait un fief. En 1242, un chevalier, nommé Jean de Poillé en vendit les 2/3 à l'abbaye de Marmoutier, et lui fit don de l'autre tiers.
POUILLE : pays de l'Italie Méridionale.
PRESIDIAUX : tribunaux de première instance, pour les personnes qui n'avaient pas le droit de réclamer, ou pour les causes qui ne nécessitaient pas une juridiction spéciale. Ils jugeaient sans appel, quand les intérêts en jeu n'étaient pas considérables, et sous la réserve de l'appel aux Parlements, quand les sommes s'élevaient au-dessus de 250 livres de capital. De plus, ils jugeaient au criminel, les brigandages sur les routes, les vols avec effraction, les révoltes, le crime de fausse monnaie, les attentats des vagabonds ou des soldats en marche. À Tours, il y avait un présidial.
PREVOT : titre que l'on donnait à certains magistrats chargés d'une juridiction ou préposés à une haute surveillance.
PREVOTE : fonction, juridiction d'un prévôt,
PROCUREUR : membre du parquet, qui exerce les fonctions du ministère public près des tribunaux.
PROVINAGE : coucher en terre des branches d'arbres, surtout de vigne, afin qu'elles prennent racine et produisent de nouveaux pieds.
QUINT : féodal, droit d'un cinquième du prix de vente, qui était exigé par le suzerain, presque dans toute le France, du nouveau vassal qui s'était rendu acquéreur d'un fief.
SALPIA : ville d'Italie.
SENECHAL : Principal officier de justice d'un seigneur, ayant haute, moyenne et basse justice.
SENECHAL DE TOURAINE : le premier sénéchal héréditaire d'Anjou, Maine et Touraine, fut Guillaume des Roches, descendant de la famille des Corbon.
SYNDIC : adjoint du greffier.
TUFFEAU ou TUFEAU : craie micacée, qui durcit à l'air, 'Tuffeau de Touraine). Un grand nombre des châteaux de la Loire ont été construits avec ce tuffeau (carrière de Bourré),
VALENGRIN : principauté attachée au titre de Neufchâtel.
VIGUIERS et VIGUERIES : magistrats sous les ordres des Comtes, chargés spécialement d'exercer la justice et l'administration des finances à l'époque des Mérovingiens et des Carlovingiens.
VINGTIEME : impôt, vingtième partie d'une recette.
MONNAIE : jusqu'au XVIIIème siècle, il existait deux monnaies en France :
- la livre tournois frappée à Tours.
- la livres parisis frappée à Paris.
La livre tournois était 1/4 moins forte que la monnaie parisis. Elle resta de 1602 au franc germinal, la seule monnaie de compte en France: Louis XIII émit les premiers louis d'or et d'argent, monnaie royale, dont le poids en or et en argent baissa périodiquement jusqu'à la révolution.
Louis d'or = 24 livres
1 écu = 3 livres
1 livre = 20 sous ou sols
1 sou = 12 deniers (deniers tournois)
1 liard = 1/4 de sol (monnaie de cuivre)
MESURES DE LONGUEUR
la ligne = 2m/m
le pouce = 1/12ème du pied ou 0,0275 m
le pied = 0,33 m
l'aune = 1,88 m
MESURES-DE SURFACE
1 chaînée = 66 centiares (pour la région de Tours)
100 chaînées = 1 arpent
1 toise = 4 m2
1 bosselée = 555 m2
1 arpent = 0,65 ha 95 cent ## 0,66 ha = 12 bosselées.
1 ha = 100 ares
100 perches = 1 are
1,5 arpent = 1 ha
MESURES DE LIQUIDES
la pièce de vin = 2,65 hl
la barrique de vin = 220 l
le poinçon de vin = 18 jallayes en Touraine
la jallaye = 12 pintes
la pinte = 96 centilitres
le quart (demi poinçon) = 120 litre à Ligueil
le fût = 270 litres Poitou)
l'ancien boisseau de Ligueil = 1,51 décalitre ou paillonnée
la pochée de blé = 10 doubles décalitres
MESURES DE POIDS
le quintal = 100 livres
le quarteron = quatrième partie d'une livre
Le septier, ou sétier, était une mesure pour les grains ou les liquides.
le sétier de Paris pour les liquides 8 pintes
le sétier de Paris pour les grains 1/12 du muid
Le muid était une mesure pour les grains et les liquides. Elle variait suivant les régions
muid de Paris 18 hectolitres
muid d'avoine 37 «
muid de sel 24 «
muid de charbon de bois 41 «
muid de vin 268 litres (en province de 270 à 700 litres).
- Anonymes : Archives de Rochecorbon, Archives du Département d'Indre et Loire, Archives du Département de l'Indre, Archives du Presbytère et de la Mairie de Rochecorbon ;
A la découverte de la Touraine, Archives de Tours, 16ème édition Guide Vert des Châteaux de la Loire, Imprimerie Schneider Frères et Mary, Levallois 1963 ;
Le Guide du Val de Loire Mystérieux, Guide noir, Éditeur Tchou, Paris 1968 (p.670) -Syndicat d'Initiative de la Touraine BADEAUX A., Le Village sous l'Ancien Régime ;
BERLUCHON Laurence, Parure de Tours, Arrault Tours 1948 (p.195) ;
BOULOISEAU A. et A. BUCHOUX, Les Municipalités Tourangelles de 1787, Bibliothèque Nationale, Paris 1969 (p.147) ;
CAISSO R. 1967, Vente des Biens Nationaux dans le District de Tours, Bibliothèque Nationale, Paris 1967 (p.385) ;
CARRE DE BUSSEROLLES, Le Dictionnaire Géographique, Historique et Biographique d'Indre et Loire Imprimerie Rouillé-Ladeveze, Tours 1883 – tomes ;
CASTELOT André, Les Grandes Heures des Cités et Châteaux de la Loire, Librairie Académique Perrin, Paris 1960 (n. 291) ;
l'Abbé C. CHEVALIER, Promenade Pittoresque en Touraine, Imprimerie Mame, Tours 1869 (p.592) ;
Monseigneur C. CHEVALIER, Guide Pittoresque du Voyageur en Touraine, Éditeur Rouillé-Ladeveze, Tours 1886 ;
Louis DUMONT, La Touraine à Travers les Ages, Imprimerie Tourangelle, Tours ;
EYDOUX Henri-Paul, Les Châteaux Fantastiques ;
Monseigneur Louis MORERRI, chez George Gallet, Amsterdam 1698 ;
RANJARD, La Touraine Archéologique, Imprimeur Joseph Floch, Mayenne 1968, 4ème édition (p. 735) ;
J.M. ROUGE, Le Folklore de la Touraine, Edit. Arrault, Tours 1947 (p.286 ) ;
SIBERT Marie-Laure, Les Rencontres d'Amboise, Edit. Barcla 1969 (p.381) ;
DE LA VERONNE Chantal, La Brenne, Histoire et Tradition, Gibert et Claret, Tours 1971 (P.175).
MARGUERON J.A., Notice sur Rochecorbon, Tours 1828 (in 8 de 14 p)

I - PRÉSENTATION DU VILLAGE DE ROCHECORBON 5
A - Quelques Données Physiques 5
B – Naissance Et Évolution Morphologique 7
b) Organisation de l'habitat au cours des siècles 11
III - QUELQUES MAISONS DE ROCHECORBON 14
d) Les Maisons anciennes et bourgeoises 16
I - LE CHATEAU DE ROCHECORBON 23
a) Description et histoire du château 23
b) La vie et les activités des Seigneurs de Rochecorbon 25
c) Propriétés et Fiefs dépendant du château de Rochecorbon 35
II - LA CHATELLENIE DU CROCHET 37
b) Propriétés appartenant et Propriétés relevant du Crochet 37
B - ORGANISATION DES SEIGNEURIES 40
I - Brefs rappels historiques 40
3 - Importance de la seigneurie du Château 41
4 - Importance de la Châtellenie du Crochet 42
A - L'Église et les chapelles dans Rochecorbon 44
B - Propriétés dépendant de l'Église 48
II - PROPRIETES DEPENDANT DE LA SALLE SAINT-GEORGES 52
III-- L'EGLISE DE SAINT-GEORGES 53
IV - LA VIE A SAINT-GEORGES 55
II.1 Les impôts et les autres charges des paysans. 62
II 2 Les famines et les épidémies 62
I - ORGANISATION MUNICIPALE 66
1. Rôle des municipalités avant 1787. 66
2. Les municipalités de 1787 66
3. Les municipalités après la Révolution 67
IV - LES PERSONNALITÉS DE ROCHECORBON 75
Police
1 [La pagination correspond à celle du document d'origine. Elle n'est pas adaptée au document actuel. C.Mettavant]
2 Extrait de Archéologie aérienne de Touraine, 1999 : « Un grand enclos protohistorique, enceinte composée avec fosse et entrée en entonnoir, a été repérée à Ville Setier sur Rochecorbon. ».
3 Wikipedia : L'histoire de Rochecorbon est liée à la Loire, qui arrose le village. Il y avait un oppidum gaulois sur le territoire de la commune bien avant l'ère chrétienne. Les grottes naturelles étaient occupées à l'époque de l'aurignacien, comme en atteste la découverte de silex taillés.
Rochecorbon, tout comme Tours, connaît l'occupation romaine, on dénommait alors le village « Vodanum ». Le nom du village a évolué au cours des siècles : son nom actuel vient peut-être de Corbon des Roches, riche seigneur chevalier qui fit construire un château dominant la Loire. Le fils de ce dernier fit bâtir, en 1095, la tour quadrangulaire qui subsiste encore et que tout le monde appelle la « Lanterne », haute de dix mètres.
L'histoire de Rochecorbon est également liée à saint Martin et Marmoutier, à l'Église toute puissante qui détenait nombre de terres et domaines dans le val de Loire. Baronnie de Touraine, Rochecorbon est longtemps liée à l'histoire de la région ligérienne, entre Tours et Blois, villes essentielles au cours du Moyen-Âge et de la Renaissance.
Après la Révolution française, Rochecorbon s'organise autour d'une nouvelle administration, les citoyens élisant les membres du conseil général des communes.
En 1808, Rochecorbon annexe la commune de Saint-Georges-sur-Loire.
4 Extrait livre :
La première dénomination connue du lieu, VODANUM (IXème s.), laisse dubitatifs les spécialistes.
Un siècle s’écoule et nous avons CASTRUM [place fortifiée] DE RUPIBUS. Ce dernier terme dérive d’une racine pré-indo-européenne rup- [falaise] ; on retrouve celle-ci dans le latin rupes [paroi de rocher, rocher] et dans nos peintures rupestres de Lascaux.
A l’époque romaine, le mot rupes désignait un rocher, parfois surmonté d’un château ou d’un poste de défense.
Vers l’époque carolingienne, concurremment avec le mot latin rupes, fut employé le terme français rocca, désignant souvent un rocher fortifié, d’où provient le nom actuel.
Au XIème s., l’endroit s’appelle RUPES. Au XIIème s., cette place fortifiée nouvellement construite prend le nom de la famille qui règne sur les lieux et devient ROCHEHARDOUIN puis, changement de propriétaire oblige, RUPES CORBONIS [château du seigneur Corbon].
Un siècle s’écoule encore et la première mention, VODANUM, réapparaît.
Nous arrivons au XVème s. avec NOTRE-DAME-DE-VOSNES (qui est la francisation de VODANUM), sainte patronne de l’église locale.
VOSNES-LE-CROCHET apparaît peu après, concurremment avec NOTRE-DAME-DE-VOSNES : cette lutte entre les deux appellations trouvera son épilogue à la fin du XVème s. : on donnera alors à la localité le nom de ROCHECORBON.
Voir LA ROCHE-CLERMAULT
5 Extrait Internet : Le chevalier Corbon avait imposé son nom vers l'an mille, nom qui a prévalu à l'époque moderne, riche seigneur chevalier qui fit construire un château dominant la Loire. Le fils de ce dernier fit bâtir en 1095, la tour quadrangulaire qui subsiste encore et que tout le monde appelle « La Lanterne » haute de dix mètres, bien des hypothèses surgissent sur son rôle exact : sans doute s'agissait-il d'une tour de guet. On prétend également qu'elle aurait servi de fanal afin de prévenir les garnisons alentour de l'approche d'un danger, mais cet édifice permettait plus sûrement de guide à la navigation fluviale.
Le nom du village évoluera au cours des siècles, s'appelait Vodanum au IXème siècle, Roche-Hardouin au XIIème siècle, Notre-Dame de Vosnes aux XVème et XVIème siècles.
Seigneurie des Brenne, des Mézières, puis des Maillé et enfin des Luynes.
6 Rochecorbon est un village situé à la fois en bord de Loire et en hauteur sur le coteau. Il est dominé par une Lanterne assez spectaculaire.
Au IXème siècle Rochecorbon s'appelait Vosnes (Vodanum) et appartenait au Chapitre de la Cathédrale de Tours. L'église Notre Dame date du XIIème siècle. Le premier Seigneur connu de cet endroit (appelé les Roches) vivait un peu avant l'an Mil, il s'appelait Corbon, il a laissé son nom à la commune. La Seigneurie de Rochecorbon était assez importante au Moyen-Âge, elle passa à la famille des Vicomtes de Thouars au XIVème siècle.
La Lanterne de Rochecorbon. Rochecorbon était dominé par un château depuis une époque très ancienne, celui ci fut reconstruit par Robert des Roches en 1113 et à nouveau remanié au XVème siècle. Il n'en reste qu'un poste de vigie, la Lanterne qui permet de surveiller très loin dans la Vallée de la Loire.
Au XVIIème siècle, associée à la Seigneurie de Maillé, celle de Rochecorbon devint une partie du duché de Luynes constitué en faveur de Charles d'Albert de Luynes, le favori du roi de France Louis XIII.
En 1808 Rochecorbon a annexé la commune voisine de Saint-Georges. Celle ci avait une église paroissiale remarquable qui subsiste toujours : la Chapelle Saint-Georges. Elle a été construite aux XI et XIIèmes siècles collée au rocher avec une crypte taillée dans le tuffeau. Elle possède des Fresques Romanes remontant aux premières années de sa construction.
7 En 923, le moine Absalon fut dépité d'apprendre que l'Abbaye de Tournus en Bourgogne entendait garder le trésor mis en sûreté chez elle par les moines du Mont-Glonne en Anjou, qui avaient fui les invasions normandes. Dans ce trésor se trouvaient les reliques de Saint-Florent.
Absalon
partit pour Tournus et, pendant une grande fête, alla à
la cachette, prit les ossements du saint et revint vers l'Anjou.
Il
faillit être rattrapé à plusieurs reprises mais
parvint à atteindre la Roche-Corbon en Touraine où il
fut sauvé.
En passant à Mur, il chercha une
cachette pour ses précieuses reliques. Il aperçut une
grotte au-dessus d'une fontaine d'eau limpide. Il cacha les reliques
dans cet abri providentiel. Sans être le moins du monde
artiste, il occupa ses jours à sculpter au couteau dans la
pierre, une Vierge tenant son fils descendu de la croix. L'œuvre
était rustique mais la foi fit merveille.
Ayant appris que le Comte de Blois et de Tours, Thibault-le-Tricheur se trouvait à Doué, il alla le trouver pour lui demander de faire bâtir une église pour y déposer les reliques.
C'est ainsi que, le 2 mai 950, l'église de Saint-Florent près Saumur fut consacrée. Les reliques y furent déposées. Absalon, quelques années plus tard, repartit vers Saint-Florent-le-Vieil.
8 Extrait du recueil de lettres de Georgette Ducrest. Paris en province et la province à Paris. Tome second. « On voit sur la route de Tours une suite de rochers transformés aussi en habitations ; on leur a donné le nom de Rochecorbon ; tous les voyageurs le visitent et laissent quelques pièces de monnaie aux paysans qui vivans sous terre ne s’en portent pas moins bien, et sont généralement très-gais. »
9 Régulièrement des accidents très ponctuels (quelques m3 de matériaux) surviennent le long des coteaux abrupts d'Indre-et-Loire. Depuis1986, aucune victime n'est à déplorer. Ce bilan tient bien souvent à la chance comme ce fut le cas à Tours (Sainte-Radegonde) le 29 janvier 1985 ou deux personnes furent évacuées de leur maison juste avant qu'elle ne fût ensevelie par un écroulement de la falaise, ou le 26 février 1994 à Rochecorbon où un écroulement de plusieurs centaines de mètres cubes a épargné une habitation toute proche et ses habitants. Parmi les catastrophes recensées en Indre-et-Loire qui ont causé le plus de victimes, on peut citer celle de Ports-sur-Vienne (25 morts le 11 août 1880) et celle de Rochecorbon (14 morts en 1819, 11 morts le 29 janvier 1820, 3 morts le 16 janvier 1933). Dossier Départemental des Risques Majeurs - Indre-et-Loire Édition 2005
10 De telles fontaines aux vertus médicinales existaient à Touvoie, à la Petite Moussardière, aux Poitevins et aux Cartes.
11 Extrait du Journal de pharmacie et des sciences accessoires. 1827 . Janv. 1827-Déc. 1827 (Tome 13 / N 0I-XII / 13e année) : « On donne aussi lecture d’une analyse chimique des eaux de la commune de Rochecorbon (Indre-et-Loire), par M. Margueron jeune, pharmacien à Tours, correspondant de l’Académie. Les eaux de plusieurs fontaines, par leur limpidité, leur pureté et leurs effets avantageux en boisson, avaient reçu le nom de fontaines de Jouvence. M. le docteur Gay et d’autres médecins en ont obtenu des cures remarquables. M. Margueron n’y a trouvé, par chaque litre, qu’un grain de carbone calcaire, et un grain de silice, alumine et magnésie (prises ensemble), avec quelques atomes de matière organique ; mais ce qui les distingue essentiellement est la grande quantité d’air atmosphérique et surtout d’oxygène qu’elles tiennent en dissolution, en sorte qu’on pourrait dire des eaux oxygénées. Ce fait a été confirmé par M. Henry père ; c’est aussi pourquoi elles précipitent du protosulfate de fer, une portion d’oxide à l’état achracé. »
12 En 1777, M. Le Paige écrivait dans son Dictionnaire topographique, historique, généalogique et bibliographique de la province du diocèse du Maine : « La Baronnie de Rochecorbon, sur la Loire, a un Château qui fut bâti par Robert des Roches, Guillaume des Roches, Sénéchal de Touraine, d’Anjou & du Maine, sous Philippe-Auguste, était de cette Maison. Le Château fut nommé Rochecorbon, à cause de Corbon, Seigneur des Roches, auquel il appartenait au commencement du onzième siècle. Cette Baronnie tomba dans la Maison de Dreux par confiscation ; elle passa en celle de Thouars, puis en celle d’Amboise, ensuite en celle de Maillé, & fut réunie au Duché de Luisnes en 1619 ».
La Juridiction s’étend sur trois Châtellenies, & sur vingt-deux Fiefs.
La Paroisse contient 315 feux, & 1400 âmes ; & paie 3050 liv. de taille. »
13 Dans leur livre Les historiettes de Tallemant des Réaux , 3è édition 1854, les auteurs De Monmerqué et Paulin indiquent en note de la page 22 : « Françoise Ra, veuve de Laurent Babou, se remaria le 26 janvier 1504, à Jean Salat lieutenant général de Bourges. Philibert Babou, fils aîné du premier lit, épousa, en 1510, Marie Gaudin dame de la Bourdaisière, qui fit entrer cette terre dans la famille de son mari. Ce Philibert fut l’aïeul de Françoise Babou mère de Gabrielle d’Estrées. La Bourdaisière où Gabrielle était née en 1565, fait partie de la commune de Rochecorbon, près de Tours. Le vieux château fut détruit par le duc de Choiseul, ministre de Louis XV. » En fait il s’agit du château de la Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire, en face de Rochecorbon.
14 Moulin de Touvoie : ensemble de bâtiments comprenant outre l'ancien moulin banal, avec tour hexagonale et fenêtres à meneaux dont la retenue du bief d'origine romaine, plusieurs bâtiments annexes : la grange, la boulangerie, les écuries dont les façades, les toitures sont classées avec la célèbre Fontaine de jouvence » où Louis XI, G. d'Estrées, Diane de Poitiers venaient prendre les eaux. Jean Cocteau choisit ce site pour tourner le film « La belle et la bête » avec Jean Marais.
15
La Chapelle
Saint-Blaise.
Commune de Rochecorbon. Le lieu et closerie de la Chapelle de
Saint-Blaise de Vaufouinard, 4 septembre 1755 (acte Delaporte-Tours)
; Le lieu de la Chapelle de Saint Blaise appartenant à MM. du
chapitre de l’Église de Tours, 17 et 18 novembre 1783
(acte Faucheux-Vouvray) ; Une maison située Vallée de
Vaufoinard, paroisse de Rochecorbon, 5 mars 1791 (A.D. 37-1 Q 301,
P.V. 18, n° 7. Biens Nationaux) ; Plus la closerie de la
Chapelle Saint-Blaise de Veaufouënard, située dite
paroisse de Rochecorbon, 2 mai 1792 (A.D. 37-1 Q 313, P.V. 137, n°
1. Biens Nationaux) ; 2 closeries réunies au canton de
Vaufouinard, commune de Rochecorbon, connues l’une sous le nom
de Vaufouinard, l’autre sous le nom de la Chapelle
Saint-Blaise, 29 nivôse an 10 (acte Meusnier-Rochecorbon) ; La
closerie de Vaufoinard, 12 janvier et 8 février 1918 (acte
Bassereaux-Rochecorbon). Toponymie
- Denis Jeanson
1573-1778.
— Chapelle
Saint-Blaise de Vaufouinard.
— Déclarations des domaines et revenus de la chapelle
Saint-Blaise vulgo de Vaufouinard, rendues au chapitre de l’église
de Tours par François Bastard, chanoine de Saint-Martin, et
Ambroise Bernier, titulaires. — Transaction par laquelle Louis
Berruyer, écuyer, seigneur de Saint- Germain-lès-Loches,
cède au chapelain de Saint- Blaise, pour l’amortissement
d’une rente de 34 setiers de froment, mesure d’Alençon
ou des Ponts-de- Tours, assignée sur les dîmes de
Saint-Germain, une métairie appelée la Martinière,
paroisse de Notre- Dame-d’Oé. — Extraits d’actes
portant refus par le seigneur de la Roche-Bourdeil de ratifier ledit
échange, et promesse par Marie de Larçay, veuve de
Berruyer, de payer ladite rente. — Contrat par lequel Jean
Forget, titulaire de la chapelle Saint-Blaise de Vaufouinard, cède
à Jean Forget, sieur de la Tortinière, ladite rente de
34 setiers, déduction faite des 3 qui lui ont été
aliénés à cause de la taxe du clergé,
pour une autre de 27 setiers, assignée sur la métairie
du Teillay, paroisse de Saint-Épain. — Bail à
ferme de ladite métairie, par Mathieu-Gatien Bosc, chanoine
prébendé en l’église collégiale de
Saint- Venant de Tours et titulaire de la chapelle Saint-Blaise de
Vaufouinard, à François Marié, laboureur, pour
180 livres, etc. Conseil
Général d'Indre-et-Loire, Archives ecclésiastiques
G95
16 1555-1736. — Chapelle Sainte-Catherine de Vaufouinard. — Acte par lequel Michel Delavergne, titulaire de la chapelle Sainte-Catherine de Vaufouinard, fondée et desservie en l’église de Tours, vend au chapitre, pour 52 livres 10 sous, 50 chaînées de vigne, situées paroisse de Notre-Dame de Vosne alias Rochecorbon. — Instance entre Louis Boutault, chanoine et titulaire de la chapelle Sainte-Catherine, et François Duvau, écuyer, trésorier de France au bureau des finances de Tours, qui prétend qu’on a anticipé sur ses vignes, et veut que le chapelain paye les frais d’un arpentage ; — jugement du bailliage et présidial de Tours, qui déclare ledit Duvau non recevable en sa demande, et le condamne aux dépens. — Quittances des sommes payées par Bouchard, titulaire de la chapelle Sainte-Catherine, au sieur Desgault, prêtre, vicaire de l’église de Tours, pour la célébration des messes fondées en ladite chapelle. — Ordonnance de M. de Rastignac, archevêque de Tours, au pied de la requête de Louis-François Boutault, chapelain, réduisant à 7 les 52 messes par année, fondées en la chapelle de Vaufouinard qu’il dessert. — Extraits du registre ou pouillé, dans lequel sont stipulés les revenus des bénéfices de l’église de Tours, concernant ceux de la chapelle Sainte-Catherine de Vaufouinard. Conseil Général d'Indre-et-Loire, Archives ecclésiastiques G99
17 François Joret, conseiller du Roi, fut maire de Tours en 1571-1572. Les Joret étaient seigneurs de Vaufouinard (Rochecorbon). De Fontenay (Paroisse de Monnaie), de la Sagerie, des Belles-Rueries, de Beaunoyer (XVIIème siècle). Blason d'azur, à trois fasces, la première d'or, surmontée de trois étoiles rangées, de même, les deux autres ondées d'argent.
18 Marie-Anne Barnabé, veuve de Jean-François Bouilly, le père de l'écrivain Jean-Nicolas, avait épousé vers 1789 en deuxièmes noces Hubert-Vincent-de-Paul Bourguin. Né à Sedan en 1738, religieux puis avocat, élu membre du Conseil général d'Indre-et-Loire en 1792, il est également décédé à Vaufoinard le 25 décembre 1800.
19 Le plus ancien ancêtre connu est Corbon I, qui apparaît dans le pagus de Tours en 851 et figure à Blois en 865 parmi les vassaux de Robert le Fort. La filiation masculine de la famille peut ensuite être reconstituée jusqu’au XIe siècle (et au-delà) grâce à l’attribution répété des Leitnamen Corbon (Corbo) et Arduin (Arduinus), à l’apparition régulière des membres de la famille dans la vassalité des comtes de Blois et de l’archevêque de Tours, et enfin à un enracinement domanial prolongé, bien antérieur à la première mention du castrum de Rochecorbon en 999 (figure n°1). Après avoir été les fidèles du duc des Francs au IXe siècle, les Corbon deviennent les fidèles des Thibaudiens, vicomtes, puis comtes de Tours et de Blois. L’un d’eux siège à leur plaid dès 908. Ils favorisent les grandes abbayes comtales, Saint-Julien et Marmoutier à Tours, Saint-Laumer à Blois, mais aussi la nouvelle abbaye Saint-Pierre de Bourgueil, dans le pagus d’Angers, favorisée par Emma, la fille du comte Thibaud II, dans les années 970-99029. Ils doivent sans doute à cette fidélité et à de puissantes alliances l’accession de l’un d’entre eux au siège métropolitain de Tours en 960 (Arduin, attesté comme archevêque jusqu’en 983). Dans Des familles de l’aristocratie locale en leurs territoires : France de l’ouest, IXe-XIe siècles par Florian MAZEL (Université de Rennes II – Haute Bretagne).
Sur cette famille, voir : K. F. Werner, « Untersuchungen…IV-C… » ; J. Boussard, « L’origine des familles », art. cit., p. 317-318 ; D. Barthélemy, La société dans le comté de Vendôme, op. cit., p. 318-319 ; R. Le Jan, Famille et pouvoir, op. cit., p. 142-143. Les références documentaires fournies par K. F. Werner et J. Boussard sont cependant incomplètes et parfois contradictoires. Pour ma part, les actes antérieurs à l’an mil mentionnant les Corbon dont j’ai connaissance sont les suivants :
851 (acte en faveur de Cormery) : BnF, Collection Touraine-Anjou, Dom Housseau, vol. I, n°74 (voir aussi K. F. Werner, « Untersuchungen…IV… », p. 150-151).
865 (acte du comte de Blois) : K. F. Werner, « Untersuchungen…IV… », p. 147-150.
893 (acte en faveur de Marmoutier) : BnF, Collection Touraine-Anjou, Dom Housseau, vol. I, n°121.
908 (acte du vicomte de Tours) : E. Cartier, « Charte de 908 contenant un accommodement devant Thibaud, vicomte de Tours », Mémoire de la société des antiquaires de France, 1840, p. 435-450
20 Robert des Roches, seigneur de Rochecorbon, et Hugues d'Amboise furent au nombre des seigneurs de la Touraine qui, touchés des exhortations d'Urbain II, voulurent se croiser pour la Terre-Sainte. Mais Robert, n'ayant pu mettre son projet à exécution, fut chargé par Hugues de prendre en son absence le gouvernement de la tour d'Amboise. Comme il avait tout à craindre des entreprises de Foulques-Réchin, qui, quelques années auparavant, avait pris d'assaut le château de Rochecorbon, il fit construire en 1095 dans un angle de ce château, sur le lieu le-plus élevé du rocher, une tour carrée formant une espèce de fanal dont les feux pouvaient aisément être aperçus de la tour d'Amboise; et, au moyen de signaux convenus, il devenait facile (le prévenir la garnison de la tour, et de la mettre en garde contre une surprise de la part du comte de Touraine. Cette tour, seule ruine qui reste du château, est encore connue aujourd'hui sous le nom de Lanterne de Rochecorbon.
Ce fut sous Thibaut Ier, père de ce Robert, que Foulques-Réchin s'empara du château de Rochecorbon, parce que Thibaut l'avait fait-fortifier de nouveau sans son consentement. Il lui fallut en faire le siège : et probablement il n'eût pu s'en rendre maître s'il n'eût eu recours à un expédient qui lui réussit. On assure qu'il fit combler les fossés, de terre et de fumier, version plus croyable que celle qui rapporte que ce fut à l'aide d'une épaisse fumée. La conformité des mots latins fimus et fumus aura pu facilement faire prendre le change. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
21 Extrait de Le Magasin pittoresque. Tome XIII. Février 1845. « Sur la rive septentrionale de la Loire, à l’entrée de la vallée de Roche-Corbon, près de la ville de Tours, on voit encore sur le sommet des rochers quelques débris d’un château bâti au commencement du onzième siècle par Corbon, seigneur de Touraine. Parmi ces ruines, qui, chaque jour, s’écroulent peu à peu au souffle du vent et disparaitront bientôt entièrement, s’élève une tour carrée, haute d’environ 8 ou 10 mètres : c’est la lanterne de Roche-Corbon. Ce nom,
que lui a conservé la tradition populaire, a guidé les antiquaires qui ont voulu rendre compte de la destination primitive de ce pilier, et il paraît hors de doute que c’était une sorte de fanal ou de phare qui servait, soit à correspondre à l’aide de signaux de nuit avec la garnison d’Amboise, soit à guider les navigateurs de la Loire, dont les eaux, avant la construction des jetées, s’étendaient jusqu’à la base du coteau. Du haut de la lanterne de Roche-Corbon, où l’on parvient avec peine à l’aide des restes de l’ancien escalier, on jouit de la vue d’un magnifique panorama on y embrasse du regard une partie du cours de la Loire, la ville de Tours, la route d’Amboise et la pagode de Chanteloup.
Les coteaux que dominent la tour ne sont pas eux-mêmes sans intérêt pour le voyageur. Formés d’un tuf assez tendre dans la carrière, mais qui durcit à l’air, ils ont été creusé en divers endroits, et l’on y a pratiqué des escaliers, des habitations ou des magasins. On remarque, du reste, des constructions de ce genre sur une grande étendue de la rive septentrionale de la Loire. Cet usage avait excité la surprise d’Arthur Young, lors de son premier voyage en France dans l’année 1787. … A peu de distance de Roche-Corbon, on remarque l’escalier de Saint-Georges taillé dans le rocher ; il a cent vingt-deux marches et quatre piliers ; on suppose qu’il avait été construit pour former une espèce de chemin destiné à approvisionner en temps de guerre le château de Saint-Georges, ou à favoriser la sortie ou l’entrée des troupes. »
22 Les spécialistes récents considèrent que la justification primitive de sa construction était uniquement symbolique, chaque seigneur souhaitant démontrer et rendre visible sa puissance au travers d’un bâtiment, d’une tour,… Par la suite, cette tour existante a pu effectivement servir à d’autres usages.
23 Les Anglais avaient à Château-Renault et à Saint-Christophe des garnisons qui faisaient des courses jusqu'aux portes de Tours, et qui incommodaient extrêmement la ville. Les habitants, en 1426, députèrent vers la reine de Sicile, duchesse de Touraine, pour la supplier d'envoyer quelques troupes qui les délivrassent de ce fâcheux voisinage. Cette princesse, qui ne se trouvait pas en position de les protéger, renvoya les députés au roi, qui de son côté ne pouvait leur donner aucun secours. L'année suivante l'ennemi s'empara des châteaux de Roche-Corbon et de Langeais, et ravagea toute la campagne jusque sous les murailles de Tours. Les Tourangeaux s'adressèrent de nouveau à Charles VII ; mais le monarque leur avoua l'impuissance où il était de chasser les Anglais des postes qu'ils occupaient, et leur conseilla d'acheter leur repos à prix d'argent. On trouve en effet sur les registres de la maison-de-ville qu'en conséquence du conseil donné par le roi, il y eut le 6 octobre 1427 une délibération par laquelle on arrêta de donner deux mille cinq cents écus d'or au capitaine qui commandait la garnison de Langeais, et cinq cents au commandant de Roche-Corbon pour les faire sortir de ces deux places. L'or fit ce que la force n'avait pu faire, et les deux places furent évacuées. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
24 À peine monté sur le trône, Louis XI avait, en 1461, rendu la liberté au duc d'Alençon, que Charles VII, en 1458, avait fait enfermer au château de Loches pour avoir conspiré contre l'état. Il avait été condamné à mort par la cour des pairs ; mais le roi avait commué la peine en une prison perpétuelle. L'indulgence dont Louis XI avait usé envers lui, loin de lui inspirer de la reconnaissance, ne servit qu'à le rendre plus coupable encore ; car étant parvenu à rentrer par adresse dans son château d'Alençon le seigneur du Lude lui conseilla de mettre toutes ses places sous la protection du duc de Bourgogne. C'était blesser le roi par son endroit le plus sensible, d'après la haine qu'il portait à Charles-le-Téméraire. Aussi, dès qu'il fut averti de ce projet, il expédia Tristan-l'Hermite, prévôt de son hôtel, qui arrêta le duc d'Alençon le 8 mai 1472, et l'amena à Tours devant le roi ; qui l'envoya à Loches où il fut enfermé dans la même cage de fer d'où le cardinal Balue était sorti quelque temps auparavant. On ne l'en retirait qu'aux heures des repas ; après lesquels il y rentrait immédiatement. Il y resta pendant trois mois, et fut ensuite transféré au château de Roche-Corbon pour y être interrogé par le chancelier assisté du comte de Dunois, de Jean Boulenger, premier président au parlement, ainsi que de plusieurs conseillers de la cour et du grand conseil. Le 28 février 1473, le duché d'Alençon, les terres de Semblançay, de Saint-Christophe et la vicomté de Tours furent mises entre les mains du roi. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
25 Extrait de « L’excommunié » de H. de Balzac : « À trois milles environ de la ville de Tours, sur la levée d’Orléans, on remarque un énorme rocher creusé de telle façon, qu’il offre une vague ressemblance avec le croissant de la lune ; sur le sommet de l’arc, à la partie la plus éloignée du centre, se dresse une tour sombre et haute, supportée par un fragment de muraille dont les fondations, presque à jour, dépassent encore de plus d’un pied le rocher sur lequel elles sont assises. Cette tour, nommée la Lanterne-de-Roche-Corbon, est le dernier vestige de l’un des plus anciens et des plus forts châteaux de la Touraine. Ce monument de la puissance féodale tire son nom de l’usage auquel il était destiné, car on aperçoit encore les petites embrasures par lesquelles le vigilant factionnaire examinait la campagne pour avertir les habitants du château en cas d’attaque. Au commencement du XVe siècle, le rocher, dont les flancs abritent aujourd’hui une nombreuse population de vignerons, s’avançait jusqu’à la Loire, à laquelle il servait de quai pendant plus d’une lieue, et il n’y avait aucune trace de la levée que l’on a construite à grands frais, et sur laquelle passent les voyageurs. C’était précisément à l’endroit où la Lanterne est située que s’élevait le château de Roche-Corbon, antique demeure du héros de cette aventure. Le château qui formait l’habitation principale des barons de Roche-Corbon était précédé d’une vaste cour carrée dans laquelle on aurait pu ranger en bataille deux cents hommes d’armes ; cette cour était entourée d’une épaisse muraille aux angles de laquelle s’élevaient d’énormes tours crénelées. L’entrée principale avait pour ornement une de ces tours plus considérable que les autres, et la porte était défendue par un large fossé sur lequel s’abaissait au besoin un pont-levis. Quant à la partie du château habitée par le seigneur, elle était composée de deux tours rondes plus petites que les autres, et séparées par un corps de logis percé d’étroites croisées en ogive. Ce manoir, posé comme l’aire d’un aigle sur le sommet du rocher, avait la vue de plus de cinquante mille arpents de terre qui se trouvaient de l’autre côté de la Loire. Le rocher, terrassé à grands frais d’étage en étage, offrait l’apparence d’un jardin, car on avait déguisé les terrasses par des plantations ; et précisément, au bord de l’eau, une longue et épaisse muraille servait de fortification et mettait le château à l’abri de toute surprise du côté du fleuve. »
26 Corbon, chevalier, seigneur Des Roches, neveu de Hardouin, archevêque de Tours, vivait sur la fin du dixième siècle. C'était un des plus riches seigneurs de la Touraine. En 999 il donna le métairie de Sully à l'abbaye de Bourgueil, du consentement d'Aldesende sa femme. Il était alors vassal d'Archambaud de Sully, archevêque de Tours. Ce vassal était un officier que le roi donnait à l'archevêque pour prendre soin de ses revenus, maintenir la paix dans sa maison, et rendre les honneurs aux commissaires qui venaient dans la province de la part du roi. Corbon fut ensuite vassal royal , et assista en cette qualité à plusieurs jugements rendus à Tours, ainsi que nous l'apprennent plusieurs titres de l'abbaye de Marmoutier commençant par ces mots In nomine Salvatoris Dei, ego Çorbo gratia Dei vasus dominicus et indominicatus : ces mots vasus dominicus signifient Vassal royal. Il y avait plusieurs sortes de vassaux royaux distingués par la nature de leurs emplois. Les uns étaient occupés au service du roi, ainsi que le sont encore les officiers commensaux; d’autres l'étaient à garder les frontières du royaume, tels que nos gouverneurs de provinces; il y en avait d'autres qui faisaient valoir les domaines et les fiefs qu'ils tenaient du roi à titre de bénéfice, ou qu'ils possédaient en propre. Ces fiefs se donnaient ordinairement aux militaires pour leur entretien tant qu’ils étaient au service du prince, ou même pendant leur vie Pour les récompenser de leurs services. c'est pourquoi on appelait ces domaines des bénéfices. Il y en avait aussi d'autres qui se tenaient auprès des comtes pour les aider dans l'administration de la justice. Corbon était au nombre de ces derniers. Il assistait le comte de Touraine au jugement des causes; et comme les comtes et vicomtes avaient déjà de son temps négligé leurs plus belles fonctions, qui étaient de rendre la justice, il était devenu par ce moyen le principal juge de la province. Cette dignité de vassal royal avait été déjà, avant, possédée par un autre Corvon, ainsi que nous le voyons par un jugement que rendit Thibaut, vicomte de Tours, le 8 des calendes de juillet 908; car Corbon ou Corvon n'étaient qu'un même nom par le changement très fréquent du V en B. Ce Corvon nous semble donc devoir être le père de notre Corbon, parce que l'un et l'autre se trouvent clans le même siècle revêtus de la même dignité au même lieu. Corbon Des Roches voulant témoigner qu'il ne tenait pas sa dignité à titre de bénéfice, comme les autres vassaux, mais à titre héréditaire et successif, se sert du mot latin indominicatus qui répond au mot propriétaire. Il eut d'Aldésende, son épouse, Corbon, probablement mort jeune ; Thibaut ; Hardouin ; Guillaume et Hervé. On croit que Guillaume Des Roches, qui fut sénéchal héréditaire des trois provinces, était issu d'un petit-fils de Hardouin. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
27 Lisoie de Bazouges ( - 1061) épouse Hersende, Dame de Verneuil, qui est la fille d'Archambaud I Seigneur de Buzançais et de la fille de Roger le Diable Seigneur de Montrésor. Lisoie de Bazouges fut le principal chef militaire des Comtes d'Anjou Foulques Nerra et Geoffroy Martel dans la partie Est de leurs possessions, il porta le titre de Sénéchal de Touraine. Il eut à assumer la charge de contenir et d'attaquer les Comtes de Blois et ses partisans. C'est à ce titre qu'il obtint la garde du Château d'Amboise. A partir de là ses descendants parvinrent à constituer la Seigneurie d'Amboise. De sa femme Hersende il a eu quatre fils et trois filles: Sulpice I (mort à Rochecorbon le 1er Juin 1080), Lisoie Seigneur de Verneuil sur Indre (il soutient la lutte de son frère Sulpice contre le Comte d'Anjou. Il cède à son neveu Hugues II toutes ses possessions à l'exception de Verneuil et Loches), Aubri et Hugues, Sybille épouse de Thibault des Roches, Seigneur de Rochecorbon, Elizabeth, Dame de la Motte (d'Amboise) épouse de Fourcroy de Thorigny, Euphémie femme de Bouchard de Montrésor.
28 Historia : L'absence des seigneurs peut, au contraire, favoriser des troubles. La comtesse de Flandre, Clémence, doit faire face à une violente révolte de la ville de Bruges en l'absence du comte Baudouin. A l'inverse, Adèle, comtesse de Blois-Champagne dirige ses affaires énergiquement, et parvient à maintenir la paix. D'autres seigneurs, avant de partir, prennent des dispositions pour assurer le gouvernement en leur absence. En 1096, Hugues d'Amboise confie sa seigneurie à son voisin et parent Robert, seigneur de Rochecorbon. On peut remarquer que c'est précisément dans ces dernières années du XIe siècle que les Capétiens, Philippe Ier assisté de son fils le futur Louis VI, mènent une série de campagnes contre les châtelains d'Ile-de-France. Les guerres et les conflits d'intérêts persistent au temps des croisades. Et les récits de retour des chevaliers suggèrent que leur arrivée est attendue et souhaitée, car elle est synonyme de retour à la paix.
29 Les deux maisons d'Amboise et de Rochecorbon étaient étroitement unies par les liens du sang et par leur intérêt commun contre l'ambition de Foulques-Réchin. Celui-ci de son côté ne négligeait aucune occasion de faire naître quelques incidents qui lui servissent de prétexte pour s'armer contre eux ; ce fut sans doute dans ces vues qu'il prit sur lui, en 1099, de marier Corba de Rochecorbon, veuve d'Aimery de Carron , avec Achard de Saintes. Il avait fait ce mariage sans le consentement de la mère de Corba , et contre le gré de Robert des Roches, son cousin-germain. Hugues de Chaumont, son parent au même degré, venait d'arriver de la Terre-Sainte. Achard, craignant avec raison le ressentiment de ces deux seigneurs, crut mettre sa femme à couvert, en l'envoyant à Tours, dans la maison de Guillaume de Saintes son frère, cellérier de Saint-Martin. Il avait placé auprès d'elle, pour veiller à sa sûreté, un certain Ilgérius habitant d'Amboise, de la fidélité duquel il se croyait assuré, mais ce fut précisément par lui qu'il fut trahi ; car, corrompu par Robert des Roches, il réunit une vingtaine d'hommes armés qui se saisirent de Corba comme elle sortait de l'église, et la conduisirent au château de Rochecorbon , d'où elle fut transférée au château de Chaumont. Foulques, alors occupé d'autres affaires, ne songea plus à secourir Achard, qui, peu de temps après, mourut de dépit de s'être vu trahi et abandonné. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
30 La guerre qui éclata en 1109 entre plusieurs seigneurs de Touraine, vint à l'occasion du château de Montrichard, dont la propriété était disputée par Albéric de Montrésor qui en était seigneur, et par Sulpice d'Amboise, son oncle maternel du côté de sa femme Denise de Fougère, petite-fille de Gelduin seigneur de Saumur et de Pont-le-Voy. Sulpice prétendait que le château de Montrichard avait été bâti sur un fonds dont la propriété et le fief appartenaient à Gelduin, dont il était héritier universel. Ce procès fut terminé à l'amiable par des amis communs, à condition qu'Albéric et ses successeurs tiendraient le château et la ville de Montrichard à foi et hommage du seigneur d'Amboise. Mais après la mort de Sulpice, Albéric ayant refusé de rendre hommage à Hugues son fils aîné, celui-ci assembla ses amis et ses vassaux pour le forcer à son devoir. Les seigneurs de Sainte-Maure et de La Haye vinrent au secours d'Albéric, en sorte qu'il se donna de part et d'autre plusieurs combats, au grand détriment des campagnes voisines d'Amboise, de Loches, de Montrichard, de Montrésor, de Sainte-Maure et de La Haye. Enfin Hugues, ayant appelé à son secours Raoul de Beaugency, Robert des Roches, Corbon et plusieurs autres, rencontra Albéric dans le pays qu'on nomme la Champaigne-Tourangelle, défit ses troupes après un combat assez opiniâtre, prit quinze chevaliers et quatre-vingts soldats. De là il alla mettre le siège devant Montrichard : mais, sur l'avis que le comte de Touraine marchait au secours des assiégés, il se hâta de se retirer momentanément ; puis il revint quelque temps après, et attaqua la place avec tant de résolution que les assiégés demandèrent à capituler. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
31 Il est à propos de remarquer que les seigneurs qui possédaient des terres dans la Touraine n'étaient pas tous également vassaux du comte de Touraine. Il y en avait dont les fiefs relevaient immédiatement de la couronne ; les uns comme patrimoniaux et héréditaires dans les familles, les autres que les rois donnaient pour un temps ou à vie, en considération des services rendus à l'état, ou qu'on était appelé à lui rendre. On nommait ces derniers vassaux bénéficiers, parce que leurs fiefs leur venaient des bienfaits ou des libéralités du prince. Les uns et les autres étaient cependant appelés vassaux du roi sans aucune distinction, et devaient également la foi et hommage du fonds. Les autres n'en avaient que l'usufruit, sans pouvoir disposer du fonds, ni en souffrir l'aliénation d'aucune manière que ce pût être. Ils étaient obligés de l'entretenir toujours en bon état sous peine d'en être privés. Il y avait aussi des offices et des dignités qu'en ces temps on nommait honneurs, dont les uns étaient héréditaires, et les autres seulement à vie ou temporaires. Les premiers, voulant se distinguer des autres par quelque titre qui exprimât la prééminence de leurs fiefs ou de leurs offices, insérèrent au commencement de leurs actes ou instruments publics les mots Dei gratiâ, et de crainte que les rois ne s'offensassent de cette formule qui n'appartenait qu'à eux seuls, comme marque de leur souveraineté et de leur indépendance , ils y ajoutèrent les mots propriétaire et héréditaire, pour montrer que les mots Dei gratiâ ne se rapportaient pas aux seigneuries pour lesquelles ils reconnaissaient devoir au roi foi et hommage, mais à la propriété héréditaire des fiefs qu'ils tenaient uniquement de Dieu par leur naissance. Ainsi ils employaient toujours la formule Dei gratiâ, avec cette restriction pour se distinguer de ceux qui tenaient leurs fiefs à titre de bénéfice. Outre ces vassaux royaux, il y en avait plusieurs autres qu'on distinguait par leurs diverses fonctions. Les uns étaient employés auprès de la personne du roi, tels que sont aujourd'hui dans les cours modernes les officiers commensaux ; les autres à garder les provinces frontières du royaume, comme sont maintenant les gouverneurs des provinces ; d'autres dont l'unique emploi était de faire valoir les fiefs et seigneuries qui composaient le domaine de la couronne; et d'autres enfin qui restaient auprès des comtes pour leur aider à rendre la justice aux sujets du roi.
Corbon II, seigneur des Roches ou de Rochecorbon , était vassal de cette dernière classe. Il vivait sur la fin du dixième siècle et assistait le comte de Touraine dans les jugements des causes ; et comme les comtes aussi bien que les vicomtes avaient déjà de son temps négligé tout-à-fait l'administration de la justice, qui devait être une de leurs plus belles attributions, Corbon, qui était un des plus anciens vassaux du roi, devint par ce moyen un des premiers juges de la province. Il tenait cette dignité à titre héréditaire. Son père l'avait possédée dès le commencement du dixième siècle. Voulant donc se distinguer des autres vassaux du roi, et faire voir qu'il ne tenait pas sa dignité de la libéralité du prince comme la plupart des autres vassaux, il se dit, par la grâce de Dieu, vassal royal et propriétaire de sa dignité. On conservait dans l'abbaye de Marmoutier un titre qui commençait ainsi : In nomine Salvatoris nostri, ego Corbo gratiâ Dei vasus dominicus et indominicatus. [Ce dernier mot signifie que Corbon jouissait en propre de sa dignité, car indominicare veut dire posséder en propre : ainsi le mot indominicatus était opposé au mot beneficiatus. C'est pourquoi, quand les rois donnaient une étendue de pays sans aucune réserve, on ne manquait jamais d'ajouter dans les titres : Sive sint indominicati, sive beneficiati.]
Nous trouvons encore en Touraine des exemples de seigneurs particuliers qui usaient aussi dans leurs titres de la formule Dei gratiâ. Hugues de Sainte-Maure, premier du nom, qui vivait l'an 1030, se disait seigneur de Sainte-Maure par la grâce de Dieu; et Bouchard-de-l'Ile, au douzième siècle, se qualifiait aussi de seigneur de l'Ile-Bouchard par la grâce de Dieu. L'usage de cette formule devint ensuite si commun, que non-seulement les archevêques de Tours, les abbés de Saint-Martin et de Cormery, mais encore les doyens de l'église cathédrale ne firent pas difficulté de s'en servir. Aux douzième et treizième siècles, dans toutes les lettres des archevêques de Tours, on trouve sur les sceaux Dei gratiâ, indiquant par là qu'ils, ne tenaient leur dignité que par la grâce de Dieu. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
32 Philippe-Auguste faisait le siège de la ville d'Arques en Normandie, quand il eut connaissance de ce qui s'était passé à Mirebeau et de la prise de la ville de Tours. Aussitôt il leva le siège, et marcha avec son armée vers la Touraine ; il se présenta devant Tours. Le gouverneur soutint d'abord les premières attaques de l'armée française avec beaucoup de courage ; mais enfin ayant perdu un grand nombre des siens, et après avoir fait tout ce qu'on pouvait attendre d'un brave officier, le 20 août 1202, il rendit la place par capitulation, et il en sortit ainsi que sa garnison avec armes et bagages. Le roi, à la recommandation de Guillaume des Roches, sénéchal des trois provinces, en donna le gouvernement à son cousin Geoffroy des Roches, seigneur de Roche-Corbon, et prit aussitôt la route de la Normandie. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
33 Robert de Brenne, chevalier, seigneur de Roche-Corbon. On croit, mais sans certitude, qu'il était fils de Robert de France, comte de Dreux et de Brenne. Il fit plusieurs transactions. avec l'église de Tours en 1202, 1204, 1214 et 1218. Il y a deux choses à remarquer dans celle de 1214 ; c'est qu'il avait un fils du nom de Geoffroy, dont les généalogistes ne parlent point, et en second lieu, c'est que sur son sceau est une cotice chargée de six fleurs de lis, ce qui fait voir que Robert n'avait ni quitté les armes de France, ni pris celles de Dreux, comme lé prétendent tous les généalogistes. Il fut marié deux fois : la première, avec Mahaut de Bourgogne, dont il fut séparé pour cause de parenté; la seconde, avec Yoland, fille de Raoul 1er, sire de Coucy. Ses enfants furent : Geoffroy de Brenne qui suit ; Robert ; Pierre de Dreux ou de Brenne, duc de Bretagne ; Henri, archevêque de Reims ; Jean, et six filles. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
34 Vaudanières avait été concédé par Charles le Gros aux chanoines de Saint-Maurice de Tours en 886.
35 Traité fait à Chinon, le 9 octobre 1214. C'était une espèce de trêve pour cinq années. Il y fut stipulé que s'il survenait quelques difficultés sur son exécution, les parties intéressées s'en rapporteraient aux conservateurs du traité nommés de part et d'autres ; savoir : de la part de la France, Pierre Savary, Guy Turpin, Hugues de Roche-Corbon, abbé de Marmoutier, et l'archidiacre de Tours ; et de la part de l'Angleterre, Hubert frère du sénéchal de Poitou, Renaud de Pons, l'abbé de Saint-Jean-d’Angély, et le doyen de Saintes. Ce traité fut conclu après la célèbre bataille de Bovines, à la sollicitation du légat du pape, sans lequel le roi Jean, qui était alors enfermé dans Parthenay, eût été pris infailliblement. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
36 Robert II de Dreux comte de Dreux et de Braine, seigneur de Fère-en-Tardenois, Pont-Arcy, Quincy, Torcy, Brie-Comte-Robert, Chilly et Longjumeau, seigneur de Nesles. Né vers 1153, décédé le 28 décembre 1218. 2 épouses : 1177 Mathilde de Bourgogne mariage annulé en 1216, 1184 Yolande de Coucy (morte en 1222). Enfants : 1. Robert III ,2. Pierre Mauclerc (Branche des ducs de Bretagne), 3. Alix morte en 1258 dame de Traves, Scey-sur-Saône et Frotey, 4. Henri mort le 06 juillet 1240 archevêque de Reims, duc et pair de France, 5. Aliénor morte vers 1255, 6. Agnès morte vers 1248, 7. Geoffroi seigneur de Rochecorbon, 8. Isabelle morte vers 1242 , 9. Philippa morte le 17/03/1242 dame de Torcy, 10. Yolande morte en 1239, 11. Jeanne 1198 - 1271 abbesse de Fontevraud, 12. Jean mort le 03/11/1239.
37 Celui qui contribua le plus à la réunion de la Touraine, de l'Anjou et du Maine, fut Guillaume des Roches, seigneur de Roche-Corbon , qui avait été nommé par Artus sénéchal de ces trois provinces. Il était un des plus riches et des plus puissants seigneurs du royaume ; il possédait les seigneuries du Château-du-Loir, de Sablé, de Baugé , de Moliherne, de Briolé , de Pressigné, de Châteauneuf-sur-Sarthe, et quelques autres encore. Après la mort du roi Richard, il embrassa le parti d'Artus, et ce prince, par reconnaissance, l'avait nommé sénéchal de ses trois comtés, en y joignant le don de la seigneurie de Mahiet avec la forêt de Berlay. Il se sauva heureusement à l'affaire de Mirebeau , et ayant gagné la noblesse de son gouvernement, ainsi que les habitants des villes, il servit puissamment Philippe-Auguste pour le recouvrement de ces trois provinces, dont le roi lui donna la sénéchaussée à titre héréditaire, d'amovible qu'elle avait été jusque-là. Il en prêta serment de fidélité au mois d'août 1204. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
38 Geoffroy de Brenne, chevalier seigneur de Roche-Corbon fils aîné de Robert, fut aussi seigneur de Mézières, du chef de sa femme. Nous avons de lui un sceau où l'on voit un cavalier tenant une épée nue de la main droite, et sur le bras gauche un écu chargé d'un lion rampant , entouré de ces mots : Sigillum Gauffredi de Brenna, et au contre-sceau, une biche courante, autour de laquelle on lit : Rupium Corbonis. En 1230, à la prière de Louis IX, il fit remise au chapitre de Saint-Martin, de Tours, de l'hommage qui lui était dû pour les dîmes de Saint-Pater. Il épousa Jeanne de Vierzon; mais ils ne vécurent pas longtemps ensemble Geoffroy étant mort jeune. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
39 Jeanne de Vierzon. Nous en avons déjà parlé à l'article des seigneurs de Mézières. Elle jouit à titre de douaire de la baronnie, et prit, suivant l'usage du temps, le titre de dame de Roche-Corbon. Elle se remaria à Geoffroy de Brabant. On lit autour de son sceau : Johanna de Vierzon et de Rupibus Corb. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
40 Jean de Brabant, seigneur de Mézières et de Rochecorbon, épousa Marie, dame de Mortagne , dont il n'eut point d'enfants. Il fut tué à la bataille de Coutras, l'an 1302 , laissant sa succession à son beau-frère, ou plutôt à Alix, sa sœur.
41 Louis d'Amboise (1426 - 1469)
C'est le fils d'Ingelger Seigneur de Rochecorbon et de Jeanne de Craon. Il est donc le neveu de Pierre, il est également Vicomte de Thouars, Seigneur d'Amboise, Bléré et Montrichard, Comtes de Guines, Seigneur de Talmond, Marans, de l'Ile de Ré, etc...
Il était donc immensément riche et ceci provoqua la jalousie et les convoitises des Rois de France Charles VII et Louis XI et de leur entourage. Une bonne partie des difficultés rencontrées par Louis viennent de là.
Il a épousé Marie de Rieux fille de Jean Seigneur de Rieux et de Rochefort et de Béatrix de Montauban. Ils eurent trois filles, l'ainée s'appelant Françoise.
Louis se place dans le sillage du Connétable Arthur de Richemond. Lorsque le Comte de Salisbury engage le siège d' Orléans en 1428 Louis est parmi les défenseurs de la ville.
En 1430 avec Arthur de Richemond, les Seigneurs de Coetivy, Lezay, Vivonne, il complote pour enlever Georges de La Trémoille, favori du Roi Charles VII. Le complot ayant été dénoncé au Roi, Louis fut arrêté et emprisonné au château de Poitiers. Le Parlement siégeant à Poitiers le 8 mai 1431 condamna le Vicomte Louis, Coetivy, Vivonne et Lezay à mort. Ces deux derniers eurent la tête tranchée. Louis eut finalement ses biens confisqués et il fut enfermé au château d'Amboise puis dans celui de Chatillon sur Indre. Le 14 mai 1431 le Capitaine du château de Thouars Jacques de Montbéron, Seigneur d'Azay le Rideau, remet la place au Roi Charles VII. En 1432 ce même Roi transfère les biens de Louis à sa sœur Jacqueline femme de Jean de la Trémoille Seigneur de Jonvelle.
Les comploteurs toujours libres persévérèrent pourtant dans leur entreprise et réussirent à enlever la Trémoille qu'ils enfermèrent au château de Montrésor. La Trémoille est libéré sur serment de faire libérer Louis, mais il fallut du temps pour convaincre le Roi et ce n'est qu'en septembre 1434 qu'il obtient sa liberté, et ses biens lui sont restitués sauf Amboise, qui est annexé à la Couronne, Civray, Chateau Gonthier et Talmond. Il est réhabilité en 1437, mais le Roi se garde le droit de marier l'héritière de Louis.
N'ayant pas de fils, c'est le mariage de ses filles qui occupa Louis. L'enjeu était de taille puisque c'était l'attribution de la Vicomté de Thouars. C'est d'abord sa seconde fille Péronnelle qui épousa Guillaume d'Harcourt Comte de Tancarville au début des années 1440. Il obtint ensuite le consentement du Roi pour marier l'ainée Françoise à Pierre, fils du Duc Jean de Bretagne, en dépit de l'opposition de Georges de la Trémoille, favori de Charles VII. Le mariage fut célébré en 1442. Entre temps Louis avait participé au siège et à la prise de Pontoise en septembre 1441. Sa troisième fille, Marguerite, se maria avec Louis, le fils de Georges de La Trémoille en 1445, les nouveaux époux obtinrent en particulier Talmond, Bran, Les Sables, Olonne, ....
Louis qui aimait le luxe finit par avoir une vie dépravée, il se conduisit brutalement vis à vis de sa femme Marie de Rieux qu'il fit enfermer au château de Talmond. Tant et si bien que ses enfants obtinrent du Parlement son interdiction. L'affaire remonta au Roi Louis XI qui, avec l'objectif de s'emparer de la Vicomté de Thouars, en profita pour mettre Louis dans une situation intenable vis à vis de sa fille ainée Françoise. Celle ci était devenue veuve et refusait de se remarier. En 1461 Louis d'Amboise fit don de tous ses biens au Roi Louis XI, les filles de Louis d'Amboise tentèrent de s'opposer à ce qui était une véritable spoliation.
Marie de Rieux mourut en 1466 et Louis se remaria avec Nicole (Colette) de Chambes, fille de Jean II de Chambes Seigneur de Montsoreau. Louis d'Amboise mourut le 28 février 1468 au château de Thouars, il fut enterré dans l'église Saint Laon. Louis XI fit immédiatement prendre les terres de Thouars, Berrie, Mauléon, Talmond, Olonne, Ré et Marans.
Françoise d'Amboise se fit Religieuse Carmélite en mars 1468 et elle céda tous ses droits à son neveu Louis de la Trémoille fils de sa sœur Marguerite.
42 Perrenelle d'Amboise, épousa, le 13 juin 1412 Hardouin VIII, baron de Maillé , auquel elle apporta en mariage la baronnie de Roche-Corbon, la vicomté des ponts de Tours et la terre des Montils. Son fils, Hardouin IX de Maillé, vendit cette dernière à Louis XI. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
43 Hardouin VIII né en 1383, baron de Maillé et seigneur de La Clarté (etc.), épouse le 13/06/1412 : Perrenelle dame de Rochecorbon et dame de Benais fille d'Ingerger II seigneur de Rochecorbon [Ingerger II seigneur de Rochecorbon et seigneur de Marans et seigneur de Montils et seigneur de La Ferrière et seigneur de Fontenay-Labatu, mort en 1410. Épouse Jeanne fille de Pierre seigneur de La Suse, morte en 1421. 4 enfants : Louis seigneur d'Amboise, Jacqueline (épouse le 17/07/1424 Jean seigneur de Jonvelle), Perrenelle dame de Rochecorbon et dame de Benais (épouse le 13/06/1412: Hardouin VIII baron de Maillé), Isabelle (épouse Jean d'Ancenis seigneur de Martigné)]
44 Louis XI ayant renoncé au séjour de la capitale dont la trop grande population lui portait ombrage, s'occupa de se choisir une demeure convenable à ses projets. Il Pouvait l'établir dans les châteaux de Tours, d'Amboise , de Loches ou de Chinon ; mais il aima mieux s'en former une nouvelle à la porte de la capitale de la Touraine. En conséquence il acheta de Hardouin de Maillé, son chambellan, par contrat du 15 février 1463, la terre des Montils-les-Tours, moyennant la somme de 5 500 écus d'or avec l'union des trois hommages liges pour les seigneuries de Maillé, de Roche-Corbon, et de la vicomté de Tours, mouvantes du roi, à cause de son château de Tours. Il changea le nom des Montils en celui du Plessis, et y fit bâtir le château connu dans l'histoire sous cette dénomination. Ce palais n'avait rien de remarquable ni dans ses distributions ni dans son architecture, et n'eut quelque célébrité qu'à raison seulement du prince qui l'habitait. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
45 Noblesse de Motreff : Le fils de Raoul de Montfort et de Jeanne, héritière de Kergorlay ou Guergorlay, épouse en 1405 Anne de Laval et meurt en 1415. Sa fille, Jeanne de Laval se marie en 1427 à Guy de Chauvigny, seigneur de Châteauroux et vicomte de Brosse, et meurt en 1449. Guy de Chauvigny, fils de Jeanne de Laval cède Guergorlay et Laz en partage à sa sœur Antoinette, épouse, depuis 1458, d'Hardouin de Maillé, seigneur de Rochecorbon.
46 Hardouin IX baron de Maillé et seigneur de Rochecorbon et seigneur de La Haye et seigneur de de Montils-les-Tours et seigneur de Bauçay. Épouse le 26/11/1458: Antoinette vicomtesse de Brosse fille de Guy de Chauvigny vicomte de Brosse, morte le 20/02/1473. 6 enfants de ce premier mariage : Jacques baron de Maillé, François baron de Maillé (etc.) et vicomte de Tours, mort en 05/1501, (épouse Marguerite fille de Louis II seigneur de Guémené), Hardouin X seigneur de Fontenay-Labatu, Françoise née en 1464, dame de La Châtre et co dame de Châteauroux. Claude née en 1465. (épouse: Jean IV seigneur de Rieux, mort en 1518), Louis né en 1470.
47 Il dépendait de la baronnie de Roche-Corbon trois Châtellenies et vingt-deux fiefs, au nombre de ceux-ci était le château de Saint-George, dans la commune de ce nom, distante de Roche-Corbon d'une demi-lieue. Il était situé sur le penchant du coteau qui domine et termine la vallée qui le partage; à quelques toises de distance de la Loire. Ce château ne joue aucun rôle dans notre histoire, et il n'en existe plus de traces depuis longtemps, si ce n'est un escalier de cent vingt-deux marches et cinq paliers, taillé dans le roc, espèce de chemin couvert, conduisant sur le sommet du coteau, et dont l'issue déguisée avec soin, d'ailleurs très facile à défendre, permettait la sortie et la rentrée des troupes; ainsi que l'introduction sans danger des approvisionnements du château. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
48 CHÂTENAY (Forêt de). Forêt de l'Indre-et-Loire.
Cette forêt, dénommée Nemus de Castaneto (1060, charte de Marmoutier), Forêt du Chapitre (1789), ou bois de Châtenay, s'étendait sur les communes de Cerelles, Monnaie. Parçay, St-Symphorien, Sainte-Radegonde et Rochecorbon. Elle appartenait aux abbayes de St-Julien et de Marmoutier, et au chapitre métropolitain de Tours. En 1789, la part de ce dernier était d'une étendue de 362 arpents.
49 Wikipedia : Dans son Journal d'un film, Jean Cocteau mentionne que le tournage de son chef-d'œuvre, La Belle et la Bête, a démarré à Rochecorbon le dimanche 26 août 1945. Le film a été tourné dans un moulin (moulin de Touvoie des XVe et XVIe siècles), le long d'un petit affluent de la Loire, la Bédoire. Dans cette propriété se situe une fontaine appelée « fontaine de Jouvence ».
50 En 886 le lieu était appelé Vodanum cum Monticellis. Vaudanières et Monteaux étaient, d’après l’atlas cadastral, placés très près l’un de l’autre. En 1218 le lieu est appelé Vodano oppido, indiquant que là fut l’ancienne résidence des premiers seigneurs de Rochecorbon.
51 Monticellis villa. Originellement hameau situé à 1100m de Rochecorbon et proche de Vaudanières
52 Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. 1888 (T.15)
« Sceau inédit de la justice de Rochecorbon. Bien que ce sceau n’appartienne pas au Périgord, nous croyons néanmoins devoir le publier dans le seul but de la signaler à l’attention des archéologues de la Touraine, pour lesquels il ne peut manquer d’offrir un certain intérêt. Comme on pourra en juger par la légende, ce doit être le sceau-matrice de la justice de Rochecorbon, un des vieux châteaux du département d’Indre-et-Loire, aujourd’hui démoli, mais qui jouissait, au XIIIème ou XIVème siècle, d’une grande réputation. Au reste, en voici la description :
Sceau-matrice orbiculaire, en cuivre jaune, de 46 mm sur 44.
Légende : S. CVRIE RVPIVM CORBONIS
(+ Sigillum Curie Rupium Corbonis)
Dessin : Écu antique, de … au cerf élancé de … (les émaux ne sont pas indiqués)
Rochecorbon, dont il est question ici, est maintenant le chef-lieu d’une commune dépendant du canton de Vouvray, arrondissement de Tours. Placée non loin de cette dernière ville, et tout près de la célèbre abbaye de Marmoutiers, cette commune n’a conservé de son manoir féodal qu’une tourelle du XVème siècle, de forme carrée, très élancée, couronnée par des mâchicoulis et appelée la Lanterne de Rochecorbon. Il serait curieux et même intéressant de retracer l’histoire de l’ancienne justice de Rochecorbon ; nous laissons ce soin aux membres de la Société archéologique de Touraine, qui nous sauront peut-être gré d’avoir signalé un monument précieux pour leur province. Elie Carvès
Note : ce sceau a dû être laissé dans le pays par un officier du nom de Rochecorbon qui commandait des troupes en garnison à Sarlat. Nous croyons avoir appris ce renseignement en analysant les pièces judiciaires rapportées au greffe du tribunal de cette ville. »
53 Alleutier : personne qui possède une terre sur laquelle le seigneur n'a pas de droits (un franc-alleu).
54 Aubain : personne du peuple aux temps féodaux
55 Antoine de La Barre, évêque de Tours de 1527 à 1547. Le 16 février 1533, il consacra l’église de Vosnes, aujourd'hui Rochecorbon, qui, du coteau où elle était auparavant placée à côté du château, avait été transférée clans le vallon où on la voit encore à présent. Histoire de la Touraine – JL Chalmel – Tours 1841
56 Nom donné, au Moyen Âge, à une taxe levée par la papauté à l'occasion d'une nouvelle collation d'un bénéfice mineur et dont le montant correspondait théoriquement aux revenus d'une année de ce bénéfice, ou « annates ». Les Annates du diocèse de Tours (1421-1521) - abbé E.-R. Vaucelle – Paris 1908
57 Joseph François Guillaume Bruslon, prêtre de Vouvray, fut déporté après sa condamnation de fauteur de trouble à l'assemblée communale de Rochecorbon. Sa réclamation fut rejetée le 6 frimaire an VII.
58 Ministère de la Culture et de la Communication - direction de l'Architecture et du Patrimoine. Chapelle troglodyte à Rochecorbon (37)
Catégorie : Chapelle lieu-dit : Bellevue
époque de construction : 14e siècle propriété d'une personne privée
date protection MH : 1972/05/16 : inscrit MH
Chapelle troglodyte (cad. AT 505) : inscription par arrêté du 16 mai 1972
type d'étude : Recensement immeubles MH N° notice : PA00098041
59 Le mot Dube est encore en usage en Touraine. Dans le langage populaire, il signifie une élévation en général, et il est employé dans plusieurs sens. Il désigne tantôt l'appendice que certains oiseaux ont sur la tête : crête, huppe, etc. On dit la dube d'une alouette , d'un coq qui à une crête bien redressée et rouge, on dit qu'il est bien dubé. Il désigne ensuite la coiffure des femmes et plus particulièrement ces grands et hauts bonnets qui se portaient autrefois dans nos régions : on dit la dube d'une paysanne, une femme bien dubée. Enfin, et c'est le point qui nous intéresse, il désigne un monticule de terre, motte, butte, soit naturel, soit artificiel, ou encore un motif architectural en forme de dôme ou de pyramide qui se trouvait sur certains monuments. Le mot Dube a formé les dérivés, Dubinerie et Dubinière. On trouve des lieux-dits la Dubinerie à Epeigné-les-Bois, à Semblançay (cadastre, section G, n°" 189 à 203 et 215 à 227); Dubinière à Rochecorbon et Lubie.
Extrait de Sur les mots « Dange » et « Dube », dans Bulletin de la Société préhistorique française, Année 1911, Volume 8, Numéro 2 p. 136 – 140, par le Dr Louis Dubreuil-Chambardel
60 Kiosque du château de Sens. François Étienne Leturgeon, fils de François Leturgeon, tailleur de pierre (Compagnon ?), est né le 30 mars 1830 à Vouvray (37). Il est décédé à Rochecorbon (37) en 1904. En 1868, il est adjudicataire des travaux de construction du Théâtre Municipal de Tours, avec Hamard (La Tendresse de Bourgueil, CPTDP). Leturgeon est l'auteur d'une maquette de stéréotomie, représentant un kiosque, qui fut réalisée grandeur nature au château de Sens à Rochecorbon (toujours visible). La maquette est présentée au Musée du Compagnonnage à Tours.
Leturgeon semble s'être établi à Paris à la fin du XIXe siècle, où il était conseiller Prudhomme, chevalier de la Légion d'honneur, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie de Paris.
Il a signé le Rôle des Compagnons Passants tailleurs de pierre d'Avignon en 1853 (n° 879). Il signe celui de Paris en 1854.
Livre des Passages de la Sainte-Baume : « Léturgeon né à Vouvray (Dépt d'Indre-et-Loire) en 18[30] reçu compagnon sous le nom de La Fidélité de Vouvray à l'Ascension 1851 à Bordeaux et passé à Saint Maximin le 10 octobre 1853, se dirigeant sur l'Italie. »
Délégué du Tour de France en 1862 lors de l'affaire de Marseille (doc. Museon Arlaten MA n° 54), où il représente le siège de Paris. À cette occasion, il est photographié en compagnie des autres délégués (26 décembre 1862).
61 Extrait de La Loire historique et pittoresque, tome 4. 1856. « Le château de Saint-Georges, situé dans une paroisse du même nom, à une petite distance de Rochecorbon. C'était, à ce qu'on présume, un manoir d 'une certaine importance, et peut-être la demeure principale des hauts barons du lieu. Il n'en reste plus de traces autres qu'un escalier de cent vingt-deux marches et cinq paliers, communiquant de la base du coteau à son sommet. Ce monument, qui, par une issue cachée facile à défendre, aboutissait dans la cour carrée du château, est assurément l'ouvrage d'une habile conception, secondée par une grande fortune : les Romains n'eussent pas fait mieux. L'escalier est partie taillé dans le roc vif, partie exécutée en maçonnerie »
62 Ministère de la Culture et de la Communication - direction de l'Architecture et du Patrimoine.
« Église Saint-Georges-sur-Loire, actuellement chapelle Saint-Georges à Rochecorbon (37) Catégorie : Chapelle
lieu-dit : Saint-Georges-sur-Loire éléments protégés MH : nef ; chœur
époque de construction : 11e siècle ; 12e siècle ; 13e siècle historique : Cet édifice est l'ancienne église paroissiale de la commune de Saint-Georges, réunie à Rochecorbon en 1808, partiellement troglodyte. La nef est du 11e siècle, et le chœur carré est des 11e-12e siècles. A différentes époques, les murs intérieurs ont été badigeonnés à la chaux, recouvrant et conservant les peintures murales existantes : certaines (sur le mur nord de la nef) datent du 12e siècle (Lavement des pieds) ou du début du 13e siècle (La Cène). Les peintures du chœur sont moins bien conservées.
décor : peinture ; vitrail propriété de la commune
date protection MH : 1948/11/29 : inscrit MH ; 1996/08/09 : classé MH
Église, à l' exception des parties classées : inscription par arrêté du 29 novembre 1948 - Mur nord de la nef et berceau du chœur ornés de scènes peintes (cad. AX 10) : classement par arrêté du 9 août 1996
observations : Objets mobiliers protégés : vitrail de l'abside classé OM 04 11 1971.
type d'étude : recensement immeubles MH N° notice : PA00098045
63 Bulletin historique et littéraire - Société de l'histoire du protestantisme français. 1866. « René Garnier, prieur des carmes de Tours, fut également poursuivi en 1548 pour avoir prêché des propos contre la foi chrétienne … Puis ce furent Jean de l’Espine et Gerbault, carmes d’après les uns, augustins d’après les autres, qui adoptèrent les idées nouvelles … Gerbault au contraire fut un lutteur. Il réunit les protestants dans les caves de Rochecorbon et de Saint-Georges aussi bien qu’aux abords de la tour Feu Hugon, et même il prêcha l'Évangile dans les rues. »
64 Concernant la réfection de la lanterne, on lira également avec intérêt les débats retranscrits dans les Mémoires de la Société archéologique de Touraine.
Séance du 31 juillet 1844 : « Par suite d'une communication faite par M. Abraham au sujet du monument connu sous le nom de Lanterne de Rochecorbon, la Société charge ce membre de vouloir bien s'occuper des moyens d'obtenir la conservation de ce monument. »
séance du 27 novembre 1844 : « M. le président donne connaissance à la Société des démarches qui ont été faites pour l'acquisition de la Lanterne de Rochecorbon, acquisition complètement impossible en raison des prétentions du propriétaire, M. Vaugony, qui ne demande pas moins de soixante mille francs ! »
Séance du 30 juillet 1851 : « M. le Président entre dans quelques explications au sujet des démarches faites par M. le préfet pour obtenir la conservation de la Lanterne de Rochecorbon. La Société prie son président de vouloir bien remercier M. le préfet du zèle qu'il montre pour conserver ce monument qu'il importerait de placer au nombre des monuments historiques. »
Séance du 28 novembre 1851 : « M. le Président nomme une commission composée de MM. Meffre, Guérin, Jacquemin fils, Guyot et Bourassé, pour s'occuper des mesures à prendre relativement à la Lanterne de Rochecorbon. »
Séance du 28 janvier 1852 : « M. le président entretient la Société des travaux à faire pour la consolidation de la Lanterne de Rochecorbon. Il fait connaître les difficultés que représente ce travail dont le prix, d'après les estimations de M. Descottes, ingénieur des mines, s'élèverait à environ douze mille francs. »
séance du 28 avril 1852 : « M. le président entre dans quelques explications sur les démarches qu'a faites M. le préfet pour la conservation de la Lanterne de Rochecorbon. Il résulte des explications de M. le président que cette construction ne paraît pas pouvoir être conservée, son état de dégradation ne permettant pas une restauration aussi complète qu'on pourrait le désirer dans l'intérêt de la sécurité des habitations du voisinage. »
65 « Vouvray ! Arrêtons-nous à ce nom qui a eu l'honneur d'être chanté par des tourangeaux de génie : Rabelais et Balzac. Son vin est gai, spirituel, pétillant ; qu'il soit naturel ou champagnisé, il exalte le cerveau, il y fait germer la belle humeur gauloise. On boit ferme dans ce délicieux jardin qu'est la Touraine ; on dirait d'une immense guinguette. Les jours de fête, les assemblées, y sont si nombreux, si bien desservis qu'on se demande en quel temps les vignerons peuvent cultiver leurs vignes. Bah ! La nature est si complaisante, le ciel si doux, la terre si prodigue que tout pousse comme par enchantement.
Tous heureux, tous à l'aise, ces vignerons, grands ou petits. Pas un qui ne soit heureux de vous conduire dans sa cave, creusée en plein roc, et de vous y offrir un verre d'un 1870, 1874, 1893, 1895 ou 1900, vins qu'on ne trouve plus guère à acheter. C'est à croire que le bon vigneron tourangeau, quand l'année est exceptionnelle, garde la plus grande partie de la récolte pour lui et ses amis. II ne cache pas l'adoration qu'il a pour son cru, et sa compagne, la jolie tourangelle, sait tenir sa place à table. Ce couplet l'avoue :
Qu'une épouse crie ou murmure
Quand le mari vide un flacon
Ce n'est pas ainsi, je vous jure,
Que ça se passe à la maison.
Ma femme n'est pas si rebelle
Aux doux attraits de mon caveau
Et boit, pour se mettre au niveau,
En véritable tourangelle.
O mon Vouvray !
Nectar doré,
Je te boirai
Jusqu'à ma fin je croi!...
Sans que ma femme
Jamais réclame
Car la chère âme
En boit autant que moi !
Le Vouvray, c'est un velours à l'estomac, un vin de taffetas, a dit Rabelais.
En poursuivant notre route, nous trouvons Rochecorbon dont le vin se vend aisément pour du Vouvray. Là encore les touristes doivent s'arrêter dans les hospitalières caves si pittoresquement creusées en plein roc et goûter les crus des grandes années. Et il n'en manque pas de touristes, d'artistes principalement, qui viennent visiter les grottes curieuses et la Lanterne, dernier vestige d'un château fort d'autrefois. ». Le vin et la chanson – Octave Pradels – Paris 1913
66 L'élevage du vers à soie connu son essor en Touraine du XVIe au XVIIIe siècle. Il faut dire que les demeures troglodytiques offrent un atout majeur : il règne dans les caves souterraines une température constante (entre 12 et 14°c) tout au long de l'année, une aubaine pour le Bombyx du mûrier qui redoute par-dessus tout les variations de températures ! Mais à la fin du XIXe siècle, la crise économique, puis la maladie des vers à soie ont eu raison des élevages de Touraine : l'industrie de la soie est alors tombée en désuétude. Aujourd'hui, les randonneurs peuvent découvrir, au détour d'un petit sentier, les vestiges de ce qui était jadis, une magnanerie souterraine.
Les « coconniers » : l'ensemble de petites alvéoles taillées dans le roc abritait les vers pour « la montée en bruyère ». Les verrières, femmes s'occupant de l'élevage des vers à soie, plaçaient dans ces loges un balai de bruyère où les « magnans » faisaient leurs cocons.
En 1629 il y avait à Tours 120 métiers à tisser la soie.
67 Une Ordonnance du Roi du 21 mai 1817 établit dans la commune de Roche-Corbon, arrondissement de Tours, une foire annuelle qui aura lieu le 6 septembre.
68 Extrait de Statistique commerciale du département d'Indre et Loire et des cinq départements limitrophes. Vers 1810. « Commune de Rochecorbon, canton de Vouvray.
Deschamps, maire ; Richard, secrétaire ; Cannuet, percepteur.
Curé. Guérineau
Chirurgien. Deschamps.
Notaires. Meusnier, Laurence.
Mds. De vins en gros et en détail. Alaire (veuve Guesdier) et Cie ; Marchandeau, négociant ; Bouchardeau, commissionnaire et pour les merrains ;Froger, C.re pour les vins ; Grados, idem ; Hérault, idem.
Md de bois. Roux-Perié.
Md de sel en gros. Buré.
Tonneliers. Brédif, Hardi (Joseph) père, Hardi fils, Renard, Boisseau (Jacques), Hardi (Michel), Hardi (Jean), Boisseau (François), Brault, Cherreau, Douzillé, Davau, Lasneau, Renard.
Marchands de bœufs. Aubert, marchand de vaches ; Roy fils, Chauveau, Gibert-Desfray, marchands de porcs.
Marchand merc